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Place de l’opposition dans une démocratie
13 octobre 2012

Le prochain chef de file de l’opposition au Burundi va bénéficier d’un passeport diplomatique, d’un véhicule de fonction, des frais de fonctionnement et des honneurs dus à son rang lors des cérémonies et réceptions officielles aussitôt que le nouveau projet de loi portant statut de l’opposition politique aura été entièrement adopté par le Parlement burundais, puis promulgué par le président de la République.
Le projet de loi est passé, jeudi, comme lettre à la Poste, en recevant l’aval de 102 des 104 députés présents à l’hémicycle de Kigobe, le siège officiel de l’Assemblée nationale du Burundi.
L’étape tout aussi facilement surmontable qui reste est celle du Sénat avant la promulgation de ce projet de loi sans précédent au Burundi où l’opposition était jusque-là considérée, beaucoup plus comme un adversaire gênant qu’en partenaire respectable, selon les analystes politiques à Bujumbura.
Le plus difficile reste néanmoins à faire pour départager la quarantaine de leaders politiques de l’opposition officiellement reconnus au Burundi et garder un seul chef de file incontesté.
Le projet de loi, qui a déjà été adopté par l’Assemblée nationale, dispose que, "en l’absence d’une opposition parlementaire (comme c’est le cas aujourd’hui), le chef de l’opposition sera désigné par consensus politique parmi les présidents des formations politiques non représentées au Parlement".
À défaut de consensus, le chef du parti ayant reçu le plus de suffrages aux dernières élections communales de 2010 porte ce titre, prévoit le projet de loi.
Dans ce cas de figure, l’arbitrage n’est pas non plus facile du moment que le parti qui a eu le plus de voix populaires aux municipales de 2010 est depuis en débandade du fait des divisions internes pour le leadership.
Le leader historique des Forces nationales de libération (FNL, ex-rébellion), Agathon Rwasa, devait étrenner normalement le poste de chef de file de l’opposition en vertu des prescriptions du projet de loi pour être arrivé en seconde position aux municipales, juste après le Conseil national pour la défense de la démocratie/Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, parti au pouvoir).
La contestation des résultants des municipales pour "fraudes massives", suivie du retour dans la clandestinité de M. Rwasa, a ouvert la voie à des rivalités pour la succession et c’est, pour le moment, Emmanuel Miburo, qui répond officiellement des affaires des FNL devant la loi, avec à la clé, la possibilité de s’adjuger le fauteuil de premier chef de file de l’opposition connu au Burundi.
Seulement, l’Alliance démocratique pour le changement (ADC), une coalition de 12 partis politiques qui s’étaient retirée des municipales de 2010 pour protester également contre des "fraudes électorales", a déjà pris position contre le nouveau projet de statut de l’opposition qui aurait été taillé sur mesure pour M. Miburo, réputé "proche" du pouvoir.
Lors des premières élections libres de 1993, l’Unité pour le progrès national (UPRONA, ex-parti unique) n’avait pas eu besoin de légiférer pour loger tous les partis politiques agrées à la même enseigne, en leur donnant chacun un véhicule Jeep tout terrain clé en main et du carburant pour battre campagne, avant de perdre à plate couture face au Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU).
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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