La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
19 mai 2004

Une étude du Conseil économique et social présentée lors de la séance du 22 avril 2004 par Georges Abadie, au nom de la section des relations extérieures, donne un aperçu de la situation politique et économique en Inde. Nous en publions ci-après quelques extraits.
Après les décisions de mise en œuvre en 1991-92 de la réorientation de son modèle de croissance, le rythme des réformes structurelles de libéralisation de l’économie de l’Inde, d’abord rapide, s’est ralenti par la suite. L’effet en a été que le taux de croissance moyen a été de près de 6% sur les cinq premières années en moyenne et 5,6% en 2001 ; puis seulement 4,3% en 2002 en raison, notamment, des effets de la sécheresse.
Mais un changement de rythme de croissance intervient en 2003. Pour la période avril 2003-mars 2004 (l’année budgétaire et statistique ouvre en Inde le 1er avril) le gouvernement prévoit une croissance de 7% au moins, intégrant une croissance observée au 3ème trimestre 2003 de 8,4%. Ce serait l’effet de l’excellente mousson 2003 (l’agriculture compte pour 25 à 30% dans le PIB total), et des premiers résultats des secteurs économiques en fort développement comme les services technologiques et informatiques. La commission de planification prévoit "un potentiel de croissance moyenne de 8% sur la période 2002-2007". En termes de valeur, le PIB de l’Inde pour 2003 est estimé à 570 milliards de dollars, soit 537 dollars par habitant. Il est établi qu’il faut une croissance du PIB de 8% en Inde pour engager un durable recul de la pauvreté.
L’inflation est estimée à +4,3% en 2002, soit proche de l’inflation moyenne mondiale ; depuis cinq ans elle est assez bien maintenue sous contrôle, les prévisions pour 2003 sont à 4,1% et pour 2004 près de 5%. Rapporté à son poids démographique et à la valeur brute de sa production, si le tournant qu’elle semble amorcer en 2003 se confirmait et se prolongeait, l’Inde pourrait faire figure dans quarante ou cinquante ans de géant économique mondial. C’est cette perspective qu’en décembre 2003 la Banque Goldman Sachs a dessinée en prédisant qu’en 2050 les six plus grandes économies mondiales seraient la Chine, les USA, l’Inde, le Japon, la Russie et le Brésil ; la France aurait été dépassée en 2020 par l’Inde et en 2024 par la Russie. Mais à cet horizon toute extrapolation ne peut être qu’aventurée.
L’Inde organise des consultations électorales au suffrage universel direct ou indirect peu contestées en régularité, ouverture et loyauté, avec reconnaissance d’un multipartisme libre et ouvert (plus de deux cents partis nationaux ou au niveau des États fédérés). Certes, ces consultations doivent surmonter certains handicaps : clientélisme, dérives populistes ou nationalistes, corruption, pressions du groupe social, analphabétisme ; d’une manière limitée néanmoins, et l’État prend grand soin de les circonscrire et d’y remédier.
Il s’inspire du britannique. Un président de la République, exerçant une magistrature morale, de représentation, et de préservation des valeurs nationales, est élu pour cinq ans par un collège de grands électeurs. Un Premier ministre, nommé par le chef de l’État, investi par le Parlement et responsable devant lui, exerce, par son gouvernement, l’essentiel du pouvoir exécutif. Le parlement de l’Inde est bicaméral : une Chambre Basse rassemble 543 députés élus au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans par un scrutin uninominal à un tour. Une Chambre Haute, dont les 250 membres sont élus au suffrage indirect pour cinq ans, ne pouvant renverser le gouvernement, représente les États fédérés et les Territoires de l’Union. Le système judiciaire est indépendant dans ses organes de jugement, et calqué sur le modèle britannique.
Certains observateurs voient les majorités politiques au pouvoir s’orienter vers l’acceptation naturelle de l’alternance, comme le montre le retour du Parti du Congrès après le mandat du BJP. Les États ont des majorités politiques diverses et souvent différentes des majorités fédérales. Les prochaines élections législatives générales auront lieu en avril-mai 2004.
C’est une Fédération composée maintenant de 28 États auxquels il faut ajouter 6 Territoires. Le découpage a résulté d’approches diverses (...), mais surtout principe d’unité linguistique.
La décentralisation réserve aux États fédérés des compétences étendues, une fiscalité multiforme spécifique avec des contributions de l’État fédéral s’efforçant à une certaine péréquation et un système de gouvernement local responsable devant une assemblée élue où s’expriment les options politiques mixées des partis nationaux et des partis locaux qui peuvent parfois devenir çà et là dominants. Il n’y a néanmoins pas d’uniformité entre les États dans les types de compétences ou d’interventions locales et dans les structures administratives ; de même les grandes différences de ressources et de développement entre États fédérés et la résistance des plus riches aux péréquations entraînent des disparités dans les capacités à susciter l’essor économique et social. Mais l’État central fédéral est source d’impulsion, d’homogénéisation et d’unité nationale.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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