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Célébration du 50e anniversaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine
27 mai 2013, par

Un seul chef d’État européen était invité au 50e anniversaire de la création de l’OUA, devenue Union africaine après l’application de la Déclaration de Syrte. Aux côtés des chefs d’État des pays africains, d’autres délégations de pays anciennement colonisés par les Européens étaient présentes, c’était notamment le cas du Brésil, représenté par sa présidente Dilma Roussef, et de la Chine, avec son vice-premier ministre Wang Yang. Une nouvelle illustration d’un monde qui bouge, avec une croissance très rapide des échanges entre le continent africain, l’Inde, le Brésil, la Chine et la Russie. Ce qui se passe aux portes de La Réunion fait réfléchir.
Samedi et dimanche, responsables syndicaux et politiques, ONG et médias venus de tout le continent africain étaient réunis à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne pour célébrer le Jubilé de l’Unité africaine. L’OUA a été créée en 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie, au plus fort de la guerre froide et de la domination coloniale. Elle s’est transformée en Union africaine après l’adoption de la Déclaration de Syrte, en Libye, en 1999
À la création de l’OUA, un des principaux objectifs de cette organisation était l’émancipation politique du continent et 50 ans plus tard, si pratiquement tous les pays d’Afrique sont indépendants, il est bien difficile pour beaucoup d’être définitivement libérés de l’influence souvent dominante d’intérêts étrangers. Aujourd’hui, les dirigeants du continent tentent de coordonner leurs politiques pour arriver vers un marché unique de plus d’un milliard d’habitants, partenaire de la Chine, de l’Inde et du Brésil, et cela aux portes de La Réunion.
Depuis la création de l’OUA, les anciennes puissances coloniales d’Europe ont reculé. De nouveaux acteurs se sont implantés, et travaillent à renforcer les liens avec les peuples du continent.
Rappelons que quand Xi Jinping, président de la Chine, a fait son premier voyage officiel, il ne s’est pas rendu vers l’Europe ou les États-Unis, mais en Afrique. L’Inde se positionne, tout comme le Japon, le Canada et les États-Unis. Ceci montre qu’un changement s’opère, vers une nouvelle ère. La page d’un monde dirigé par la vieille Europe est définitivement en train de se tourner.
C’est ce que rappellent les statistiques. Elles disent que les pays émergents non-africains du groupe des BRIC (donc le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie) sont devenus ensemble les premiers partenaires commerciaux de l’Afrique et les plus gros investisseurs.
Le commerce entre les BRIC et l’Afrique dépassera les 500 milliards de dollars par an d’ici 2015, c’est-à-dire dans 2 ans, selon une estimation de la Standard Bank.
Aux portes de La Réunion, le monde est en train de changer d’époque et d’échelle. Qui peut aujourd’hui croire que dans notre île la situation ne bougera pas ? Les 50 ans de l’Unité africaine ne sont-ils pas l’occasion de rappeler que La Réunion ne pourra pas se sauver toute seule, mais grâce à un partenariat "gagnant-gagnant" avec les pays voisins et les puissances émergentes ?
Une fois de plus se pose encore la question de la décision. Car qui est mieux placé que des Réunionnais pour élaborer une stratégie tenant compte de ces changements, et pour la mettre en œuvre ?
Manuel Marchal
Nos peines
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