Prévention dans l’océan Indien

Urgent : système d’alerte, protection des populations

31 décembre 2004

Des responsables internationaux des catastrophes devraient étudier la création d’un système d’alerte de tsunamis dans l’océan Indien lors d’une rencontre au début du mois de janvier, a indiqué mardi un expert.

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Les discussions auront lieu à Kobé, au Japon. La mise sur pied d’un système, sur le modèle de ceux qui existent pour détecter les raz-de-marée dans l’océan Pacifique, y sera évoquée sous la houlette de la Conférence mondiale des Nations-Unies sur la réduction des désastres, a dit le Dr Laura Kong, directrice du Centre international d’alerte des tsunamis basé à Hawaii.
L’idée de créer un tel centre s’est imposée après les raz-de-marée gigantesques qui ont dévasté dimanche plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est.
"Les choses vont très vite en faveur de la création d’un système d’alerte dans l’océan Indien et je sais qu’il y aura beaucoup de discussions à Kobe, où des délégués vont dire que nous devons agir immédiatement", a dit le Dr Kong. Si un tel dispositif d’alerte coûterait effectivement des dizaines de millions de dollars, il permettrait de sauver des dizaines de milliers de vies humaines.

Priorité à la sécurité des populations

La communauté internationale doit donc aider les pays asiatiques frappés par le tsunami à créer un réseau d’alerte aux raz-de-marée et à repenser l’aménagement du territoire dans les régions côtières dévastées, estiment des experts d’organisations écologistes. Les régions côtières touchées sont "extrêmement peuplées" et font partie des régions les plus pauvres, observe Farah Sofa, de la section indonésienne des Amis de la Terre. Elles ont des infrastructures extrêmement déficientes.
La reconstruction devrait être axée sur la sécurité des populations et non pas sur de nouvelles infrastructures touristiques, juge-t-elle.
La priorité, ce sont les routes, l’électricité, les services publics, l’eau potable et l’assainissement, insiste cette écologiste.
La priorité, explique-t-elle, c’est à la fois de constituer un système d’alerte régional aux raz-de-marée et d’établir un plan d’aménagement du territoire à long terme pour diminuer la vulnérabilité des régions côtières aux catastrophes naturelles.

"La responsabilité des pays du Nord"

Ces deux tâches devront être menées de front, non seulement par les pays concernés mais aussi par la communauté internationale, estime Mme Sofa.
"Nous avons besoin de l’aide des pays industriels, tous les gouvernements doivent coopérer", poursuit-elle. Le tsunami du week-end dernier "est une catastrophe naturelle, mais nous aurons des conséquences similaires" avec la montée du niveau de la mer consécutive au changement climatique, observe-t-elle. "L’assistance et la prévention sont donc aussi de la responsabilité des pays du Nord", qui sont actuellement les principaux émetteurs de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.



De nombreux experts sur la même longueur d’onde

Un seul problème : la lutte contre la pauvreté

Dans tous les pays victimes du raz-de-marée, les régions côtières sont fortement peuplées, observe Athena Ronquillo, qui travaille depuis Manille pour le bureau régional asiatique de Greenpeace à Bangkok. "Les habitations sont si proches du rivage qu’elles ne résistent même pas à un typhon".
Prévention des catastrophes, gestion de crises et aménagement du territoire ne sont que diverses facettes d’un seul et même problème : le développement et la lutte contre la pauvreté, souligne Mme Ronquillo.
Et de relever que le tsunami qui a frappé huit États de l’océan Indien va conférer une nouvelle actualité à une conférence internationale sur les catastrophes naturelles, organisée du 18 au 22 janvier à Kobé à l’occasion du neuvième anniversaire du tremblement de terre qui a dévasté cette ville japonaise (lire ci-dessus).
Il faut aider ces pays à constituer un réseau d’alerte aux séismes et aux raz-de-marée comme celui qui existe déjà dans le Pacifique, note le directeur climat de Greenpeace International, Steve Sawyer. Mais il faut aussi "réglementer le bâti dans les régions côtières" où alternent souvent aujourd’hui "baraquements des villageois locaux et hôtels" pour le tourisme.


Alerte au tsunami

Panique hier sur la côte Sud de l’Inde

La panique s’est emparée hier des habitants des secteurs côtiers du Sud de l’Inde, après la publication d’un nouvel avis d’alerte au tsunami par les autorités, qui ont ordonné l’évacuation de la population.
L’alerte a été lancée après des informations selon lesquelles plusieurs répliques dans la région ont élevé le niveau des eaux, a dit un responsable de la cellule de crise mise en place au ministère de l’Intérieur à New Delhi.
"Nous avons publié une alerte. Il pourrait y avoir une vague dans l’heure qui vient", a dit Veera Shanmuga Mani, le principal administrateur de Nagappattinam, une ville côtière de l’État de Tamil-Nadu qui déplore la plupart des morts dues aux raz-de-marée de dimanche.
Des alertes similaires ont également été lancées pour l’État méridional du Kerala et pour l’archipel d’Andaman et Nicobar.
Un séisme sous-marin d’une magnitude préliminaire de 5,7 sur l’échelle de Richter a été enregistré par l’observatoire de Hong Kong à 5h18 locales (21h18 GMT mercredi) au Nord-Ouest de l’île indonésienne de Sumatra, près de l’épicentre du séisme de dimanche. D’autres répliques ont été ressenties en Thaïlande et en Birmanie (Myanmar).
Deux répliques ont touché les îles au large de la côte orientale de l’Inde, a annoncé le service météorologique indien, jeudi matin. Un séisme modéré d’une magnitude préliminaire de 5,2 sur l’échelle ouverte de Richter, a secoué l’île du Grand-Nicobar à 2h43 locales. Deux heures plus tard, une autre secousse de même intensité se produisait dans l’île du Petit-Nicobar.
La population vivant sur une bande côtière de trois kilomètres de large a reçu l’ordre d’évacuer le secteur.
Des milliers d’habitants de Nagappatinam ont commencé à fuir, tandis que la police interdisait l’accès de la ville aux centaines de véhicules transportant vivres et secours.


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Messages

  • Pourriez vous nous dire à l’adresse e-mail suivante (= [email protected] ) Où peut-on contacter Farah Sofa, car nous avons un TPE a faire sur le sujet qu’elle traite dans cet article, " Est-ce que le tsunami de 2004 aurait fait autant de dégat si les côtes indonésiennes avaient été aménagées différament ? ", merci de nous apporter une réponse au plus vite car nous avons besoin de contacts tels que Farah Sofa .

    Cordialement, Angélique.


Témoignages - 82e année


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