Seychelles

Une année de rigueur aux Seychelles

Baisse des salaires, suppressions d’emplois, menaces sur l’aide sociale...

Mathieu Raffini / 5 janvier 2021

Le président Wavel Ramkalawan a annoncé, lors de ses vœux vendredi une série de restrictions budgétaires et de mesures anti-sociales.

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Le nouveau président seychellois confirme l’orientation ultra-capitaliste de son régime.

Les Seychelles subissent une grave crise économique du fait que l’économie du pays est essentiellement basée sur le tourisme.
En effet, le gouvernement précédent, préférant miser sur la santé de ses citoyens plutôt que sur les profits, avait quasiment réduit à néant les arrivées touristiques, ces dernières étant ainsi en baisse de 70% sur l’année.
De lourdes conséquences économiques étaient évidemment à prévoir. Le pays se retrouve ainsi dans une grande récession, avec comme illustration la baisse de valeur de la roupie seychelloise à hauteur de 60% par rapport aux principales devises étrangères.

Mais là où des annonces avaient déjà été faites au cours des mois précédents, avec notamment la fin du 13e mois de salaire pour les travailleuses et travailleurs seychellois dans le privé, conquête obtenue avec l’ancien gouvernement en 2016, ce sont de nouvelles mesures anti-sociales qui ont été annoncées par le président Ramkalawan lors de ses vœux pour la nouvelle année.

Risque de pauvreté

Outre l’annonce de fermetures d’organisations gouvernementales, qui sont typiques des annonces de restrictions budgétaires, de lourdes menaces ont été faites par le président envers l’envers l’ensemble des Seychellois.

Ainsi, l’aide sociale sera réformée, et il est déjà dit que l’ensemble des travailleuses et travailleurs se retrouvant privés d’emploi ne pourront en bénéficier. De plus, de nombreux licenciements sont à prévoir dans la fonction publique. Enfin, de nouvelles taxes et des hausses de tarifs sur l’électricité et les carburants sont à prévoir.
Ces annonces, si elles se concrétisent risquent de mener à la pauvreté, voire à la grande pauvreté de nombreux Seychellois. Cela serait un véritable tournant dans la politique sociale du pays, lorsque l’on sait que les différents gouvernements précédents avaient toujours mis l’accent sur le fait de réduire la fracture sociale entre les différents citoyens et fait ainsi des Seychelles un des pays les moins touchés par la grande pauvreté au monde.

S’il ne s’agit là que d’annonces, qui seront étayées lors du discours de l’Etat de la nation au cours des semaines à venir, nous ne pouvons néanmoins qu’être inquiets pour nos frères et sœurs Seychellois au vu des attaques anti-sociales de la part du gouvernement qui semblent se multiplier depuis l’élection du président Wavel Ramkalawan. La crise COVID ne doit en aucun cas, où que l’on se situe dans le monde, servir de prétexte pour des offensives néolibérales qui sont en tous points hostiles au bien-vivre de la population.

Mathieu Raffini