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Recours de Tram’tiss
15 mai 2013, par

La question du recours déposé par Tram’tiss a été à l’ordre du jour de la Commission permanente d’hier à la Région. C’est la conséquence d’une décision irresponsable de Didier Robert : l’arrêt du chantier du tram-train.
Hier à la Région, la Commission permanente de la Région avait à l’ordre du jour le recours de Tram’tiss. Le consortium réclame 170 millions d’euros à la Région, car il estime qu’après l’élection de Didier Robert, ce dernier n’a pas respecté le contrat qui engageait la collectivité. Un partenariat public-privé liait en effet la collectivité à Tram’tiss. Le chantier du tram-train était financé, il restait à régler la question d’une compensation ayant les effets de la dotation ferroviaire versée à toutes les régions de France, au titre du transfert de la compétence de la gestion des chemins de fer.
Durant la campagne des régionales, Didier Robert n’avait pas fait mystère de sa volonté de casser le chantier du tram-train.
À l’arrivée de Didier Robert à la présidence de la Région, comme par hasard, ce qui était proche d’aboutir n’était plus possible. Le nouveau président de collectivité s’était aussitôt lancé dans la négociation d’un accord avec l’État remplaçant le Protocole de Matignon signé trois ans plus tôt par Paul Vergès et Dominique de Villepin. Ce que demandait Didier Robert, c’était de retirer tous les crédits du tram-train pour les redéployer essentiellement dans un projet de nouvelle route du littoral à six voies, et accessoirement dans un nouveau réseau de 2.000 bus et dans les aéroports.
Les conséquences de la décision politique de Didier Robert n’ont pas fini d’être mesurées. Il avait décidé de supprimer le tram-train, il l’avait annoncé durant la campagne et l’a confirmé auprès du Premier ministre, comme l’indique la lettre adressée par François Fillon.
Un gros risque pèse sur la Région, car le défaut du complément de financement de l’État repose sur la posture de Didier Robert qui a dit en substance à Paris : "mettez tout sur la route du littoral".
Double peine
Les Réunionnais risquent bien de subir une double peine :
- toujours pas de tram-train
- si la Région est condamnée, les Réunionnais devront payer 170 millions d’euros, le prix d’une décision irresponsable de Didier Robert.
Déjà lourdement entamé par la continuité territoriale, le plan POP et autres distributions de subventions, le budget de la Région va être réduit à peu de chose si la demande d’indemnisation est acceptée. Ce sera la fin de toutes les illusions entretenues à coups de campagnes de publicité depuis plus de trois ans.
Le président de la Région est dans une posture bien délicate. Car comment pourra-t-il faire croire qu’il a plaidé auprès de l’État une rallonge financière pour un projet qu’il a toujours combattu ?
Bien évidemment, les élus de l’Alliance ont refusé d’être complices de la décision. Didier Robert a obtenu le soutien de sa majorité pour que la Région puisse se défendre au tribunal.
M.M.
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