Justice

La violence institutionnelle contre les forces du rassemblement est bien une réalité

Témoignages.re / 16 décembre 2008

Hier, Roland Robert devait à nouveau être entendu dans des affaires relevant de choix municipaux ; le rendez-vous a été annulé pour plus de précisions. Cet épisode illustre, une fois de plus, combien certaines personnes se jouent de l’appareil judiciaire, car cela fait près d’un mois que la convocation avait été transmise.

Le maire de La Possession était informé qu’il devait être entendu aujourd’hui. Les autorités en charge du dossier ont estimé nécessaire de se donner un peu plus de temps. Si nous ne pouvons que nous féliciter de cette attitude, plus respectueuse de la dignité humaine, il ne reste pas moins vrai qu’un parfum de scandale politicien met à mal la démocratie à La Réunion.

Jugez-en vous-mêmes

Le PCR se trouve à la tête de 6 municipalités de Rassemblement : La Possession, Le Port, Saint-Paul, Saint-Louis, Sainte-Suzanne et Saint-André. Sur ces 6 maires, 3 sont inquiétés par la justice dont l’issue pourrait conduire à l’annulation de leur responsabilité élective : Sainte-Suzanne, Saint-Paul et Saint-Louis ; 2 maires sont mis en examen dans le cadre de la modernisation des stations d’épuration : Saint-Paul et Saint-André. Enfin, La Possession est régulièrement convoquée à la brigade financière. Au total, tous nos maires sont directement attaqués. Un tel palmarès ne relève pas de privilèges, mais d’une action politicienne mûrement réfléchie. Aucun autre parti n’est à ce point inquiété.

Pourquoi un tel traitement ?

Le PCR a toujours prôné l’union la plus large pour solutionner les problèmes de La Réunion. Les bonnes volontés ne manquent pas dans ce pays. Cependant, certains en haut lieu prônent, au contraire, l’affrontement et la division de la population. Les défis auxquels nous sommes confrontés nécessitent un partenariat et le dialogue institutionnels. Car, désormais, nous agissons dans le cadre de la décentralisation et il n’existe plus de tutelle. Les compétences sont définies par la loi. L’Etat exerce ses prérogatives à travers le Préfet qui intervient "a posteriori", c’est-à-dire après délibération de la Collectivité. S’il n’est pas d’accord avec la décision, il peut déférer devant le Tribunal administratif. Il exerce ainsi le "contrôle de légalité" de la décision.

Or, dans l’affaire de la baisse du prix des carburants, le Préfet a imposé à La Région une solution qui exige une ponction de 2,5 millions d’euros dans les recettes de l’Octroi de mer ; un blocus a même été encouragé. Cela s’est fait en direct, à la télévision. La population a vu le représentant de l’Etat s’attaquer aux intérêts d’une institution de la République au profit d’une organisation patronale. En l’espèce, il a outrepassé ses droits ; il s’est érigé en juge de l’opportunité, alors qu’il n’a aucune légitimité pour le faire. La situation est encore plus éclairante après l’expérience de la Guyane et des Antilles. Là-bas, les Conseils régionaux n’ont versé aucune contribution et c’est l’Etat qui a complété la part des pétroliers.

Cette attitude injustifiée et violente à La Réunion, tranche avec l’appel lancé au "partenariat institutionnel" à plusieurs reprises par le Président de la Région. Il existe bien une ligne d’affrontement contre les forces du Rassemblement à La Réunion.