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L’affaire des tee-shirts ’Carry poulet’
3 juin 2011, par

Après les propos stigmatisant une partie de citoyens de la République, après la polémique sur les radars, le ministre de l’Intérieur vient une nouvelle fois de montrer l’étendue de son talent. En portant plainte contre un vendeur de tee-shirts, il donne à ce dernier une publicité inespérée tout en reconnaissant officiellement que les fonctionnaires de police peuvent aussi avoir le même nom qu’un animal de basse-cour. Dire que ce ministre était le secrétaire général de l’Élysée, soit le plus proche collaborateur du président de la République.
Mercredi, un vendeur de tee-shirts était assigné en référé par le Ministère de l’Intérieur au sujet d’un dessin jugé insultant pour le ministère de tutelle de la Police nationale. Cela fait pourtant bien longtemps que les tee-shirts "Carry poulet" sont vendus, et ils n’ont pas jusqu’à présent suscité la polémique. Manifestement, si cette assignation est venue là, il ne fait guère de doute que c’est l’actuel ministre de l’Intérieur qui a pris la responsabilité d’une telle action.
Ce dernier est l’ancien secrétaire général de l’Élysée. Il était donc jusqu’au dernier remaniement un très proche conseiller du président de la République. Autrement dit, il ne pouvait que participer à la mise en œuvre de la politique qui est appliquée depuis plus de quatre ans.
Depuis que Claude Guéant est maintenant en première ligne médiatique en tant que ministre, il fait beaucoup parler de lui par ses propos en particulier.
Il a tout d’abord stigmatisé une partie de la population. À la veille du débat sur la "laïcité", il a entre autres déclaré ceci, selon l’AFP : « on estime qu’il y a à peu près 5 ou 6 millions de musulmans en France (…). C’est vrai que l’accroissement du nombre des fidèles de cette religion, un certain nombre de comportements, posent problème ».
Puis il y eut la polémique sur les radars, toujours pas éteinte.
Et mercredi, c’était l’assignation en référé du vendeur du tee-shirt "Carry poulet". En demandant cette procédure, le ministère a encore stigmatisé, en visant cette fois-ci une catégorie de fonctionnaires. En effet, la base de son argumentation, c’est de reconnaître officiellement que les policiers peuvent porter le même nom qu’un animal de basse-cour.
Ensuite, dans son jugement, le magistrat a débouté le Ministère de l’Intérieur, estimant qu’il n’y a pas trouble à l’ordre public. Le ministre de l’Intérieur est donc désavoué. Et la conséquence, c’est que depuis que l’opinion a eu vent de cette procédure, le vendeur de ce tee-shirt a pu bénéficier d’une grande publicité.
Quelles vont être maintenant les conséquences de ce jugement ? Sur la base de l’argument du Ministère de l’Intérieur, certains ne seraient-ils pas tentés de créer un trouble à l’ordre public ? Décidément, ce ministre n’en manque pas une.
M.M.
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