Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
L’héritage des gaspillages de l’époque « Didier Robert président de Région » encore loin d’être réglé
4 décembre 2025, par

Hier, une perquisition a frappé le siège d’une société d’économie mixte lancée sous l’impulsion de Didier Robert, NEXA devenue Réunion développement depuis que les Réunionnais ont voté pour faire déguerpir Didier Robert de sa place à la Région. Une intervention déclenchée par le Parquet national financier de Paris, suite au signalement accablant transmis par la Chambre régionale des comptes. Au cœur des préoccupations : la gestion d’une structure alimentée massivement par l’argent des contribuables, par les fonds régionaux distribués du temps où Didier Robert présidait la collectivité.
Depuis des années, la CRC mettait en garde contre des dysfonctionnements profonds. Son rapport dévoile une gouvernance verrouillée, incapable de remplir les missions attendues d’un outil censé servir le développement économique du territoire. Les magistrats financiers parlent ainsi de « nombreuses irrégularités » perturbant le fonctionnement normal du conseil d’administration depuis la naissance de Nexa en 2014. Des réunions quasi inexistantes, un CA réduit à avaliser des décisions déjà prises ailleurs, des choix stratégiques jamais débattus. Une caricature de démocratie interne.
Plus troublant encore : plusieurs voyages de dirigeants à Paris et à Londres payé avec l’argent de la société financée par la Région auraient été effectués sans aucune validation préalable du conseil d’administration. Une gestion au doigt mouillé, loin des exigences de transparence que commande l’utilisation intégrale de fonds publics.
La Chambre régionale des comptes va encore plus loin en soulignant l’« absence de procédures de contrôle interne », le « non-respect des normes », le désengagement flagrant des administrateurs, et même les insuffisances du commissaire aux comptes. Comment une entreprise financée par la puissance publique a-t-elle pu continuer à fonctionner dans un tel brouillard, alors même qu’elle accumulait les difficultés financières ?
Et maintenant, une question s’impose, brûlante, incontournable : qui va rembourser l’argent public évaporé ? Les contribuables, une fois de plus ? La Région, contrainte de boucher les trous laissés par une gouvernance défaillante ? Ou bien ceux qui avaient entre les mains la responsabilité de préserver ces fonds, d’en garantir l’usage rigoureux, et qui ont laissé dérives et irrégularités se multiplier ? La justice devra établir les responsabilités, mais le débat public, lui, ne peut pas attendre.
Cette descente du PNF n’arrive donc pas par hasard : elle représente la conséquence logique d’années de gestion opaque, d’un système où l’intérêt général semble avoir été relégué derrière des circuits décisionnels verrouillés. Pour la population, pour les travailleurs, pour les contribuables, une seule exigence s’impose : que les responsables rendent des comptes, et que l’argent public ne disparaisse plus.
La transparence n’est pas une option. C’est un droit. Et cette affaire rappelle, une fois de plus, que la vigilance citoyenne reste notre première arme contre la corruption.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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