Justice

Plainte à la suite d’une garde-à-vue

Saint-Denis

Manuel Marchal / 26 février 2009

Un jeune Dionysien accuse un policier de l’avoir frappé lors d’une garde-à-vue pour l’obliger à avouer un fait qu’il n’a pas commis. Bilan : un tympan percé et une opération chirurgicale à prévoir. Plainte a été déposée auprès du procureur de la République.

C’est une plainte relative aux conditions d’une garde-à-vue qui a été déposée le 23 février auprès du Procureur de la République. Selon les faits relatés par la victime, un policier est accusé d’avoir usé de la force pour « extorquer des aveux ».
Tout commence le 17 février dernier dans la rue Saint-Jacques à Saint-Denis. En début d’après-midi, un jeune Dionysien est interpellé par une patrouille et conduit à l’hôtel de police rue Malartic. Il est mis en garde-à-vue et apprend qu’il a été désigné coupable d’un vol par un dénonciateur mis en cause dans cette affaire. L’accusé ne reconnaît pas les faits, et c’est alors qu’une audition aurait dérapé dans la soirée. Le jeune homme parle d’invectives et de coups ayant entrainé une « perforation tympanique droite », selon le médecin qui l’a examiné, avec un problème d’audition à la clé. « En l’absence fort probable de fermeture spontanée de cette perforation, une tympanoplastie droite devra être proposée », c’est-à-dire une opération chirurgicale.
Le lendemain lors d’une confrontation, la victime du vol innocente le jeune homme qui voit donc sa garde-à-vue levée.
« Je comprends que les policiers travaillent dans des conditions difficiles, sous la pression sans doute, car ils ont une grande responsabilité », dit le jeune homme, mais l’attitude des fonctionnaires de police a été ce jour là « inexcusable », affirme-t-il. Il craint d’avoir à en supporter des séquelles jusqu’à la fin de sa vie. « Je cherche du travail, j’ai un projet, pourquoi ? », interroge ce jeune. Comme des dizaines de milliers de jeunes Réunionnais, il tente de s’en sortir et d’apporter sa contribution au développement du pays. Et c’est d’autant plus difficile que le pays connaît une crise structurelle, marquée par un chômage de masse et de nombreux problèmes à régler dans l’urgence.
L’affaire est donc aujourd’hui entre les mains de l’institution judiciaire. Gageons que toute la lumière puisse être faite.

M.M.