Justice

Un héritier Crémazy disposé à aider les familles

Terrains de Saint-François et de la Plaine

Témoignages.re / 24 octobre 2007

Le collectif de Saint-François, représenté par Philippe Robert, affirmait la semaine dernière l’existence d’un héritier direct du propriétaire originel des terrains de Saint-François et de la Plaine-des-Palmistes, François Pascal Crémazy. En juillet dernier, la justice avait donné raison à Emmanuel De Balman, faisant de lui le propriétaire des terrains aujourd’hui occupés par une soixantaine de familles qui disposaient pour la majorité d’actes trentenaires ou qui avaient acheté des terrains.
Aujourd’hui, le collectif apporte des preuves de l’existence de cet héritier. Ce n’est ni un fils d’André Crémazy, ni un cousin très éloigné. François Pascal Crémazy a eu cinq enfants. Pami eux, seul Émile Crémazy avait hérité en 1946 de la totalité des biens, parce que ses frères et soeurs étaient décédés, et ne laissaient, semble-t-il, aucune descendance. André Crémazy héritait donc de son père Émile à sa mort. Et lorsqu’il disparaît à son tour, il lègue tout à sa femme Marguerite Giloux qui épouse en deuxième noce Emmanuel De Balman.
Mais voilà, on se rend compte aujourd’hui que cette succession n’a pas tenu compte d’un fait. Séraphin Crémazy, l’un des fils du propriétaire originel, laissent derrière lui quatre enfants lorsqu’il décède. En 1916, Séraphin Crémazy, administrateur des services civils de l’Indochine, décède sur le paquebot Athos, alors qu’il va rejoindre sa famille. En avril 1915, il avait formulé une requête au tribunal de première instance de Pnom-Penh : « Monsieur le Président, j’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir régulariser par un jugement la naissance et la reconnaissance de mes quatre enfants, nés à Pnom-Penh (Cambodge) de la femme annamite Vo-Thi-Dieu et dont voici les noms ». Un acte de reconnaissance est donc établi pour ses quatre enfants. Mais ces derniers qui ont perdu leur père en 1916, se retrouvent orphelin un an plus tard. Ils deviennent des pupilles de l’État et bénéficient d’un tuteur. Qui était-ce ? Le petit-fils de Séraphin Crémazy n’en sait rien. Toujours est-il qu’à cette époque, Émile Crémazy, le frère de Séraphin et donc l’oncle des enfants vit lui aussi à Pnom-Penh. Il semble improbable qu’il ait ignoré l’existence des quatre enfants. Au moment d’établir la succession en 1946, Séraphin Crémazy est déclaré décédé sans descendance.
Le collectif a pu avoir accès à ces informations en prenant contact avec un certain Monsieur Crémazy, qui auparavant s’était adressé à la rédaction de “Témoignages”. Il y a quelques jours, Monsieur Crémazy contactait Maître Claude Welmant, notaire qui a établi l’attestation immobilière pour De Balman en 2001, afin de signaler l’existence de descendants de la famille Crémazy. Le notaire répond : « ainsi que vous l’indiquez, l’attestation immobilière du 18 avril 2001 a été établie sur la base de documents et pièces fournies par le requérant. A aucun moment il ne nous a été indiqué que Monsieur Louis Séraphin Crémazy laissait des enfants naturels reconnus et il m’était bien évidemment impossible de le deviner ». Pour le collectif, il s’agit une fois de plus d’une faute professionnelle car aucune recherche n’a de toute façon été menée. Monsieur Crémazy n’est pas le seul a avoir été oublié dans cette succession, mais il est disposé à aider du mieux qu’il le peut le collectif.

Edith Poulbassia