Justice

Un nouveau manuel de droit selon le vice-procureur Lisons tous le “Code” Larousse !

Maurice Gironcel

Témoignages.re / 11 juin 2010

Lorsqu’on est vice-procureur, on se trouve investi d’une charge très grave, celle de représenter la société et de requérir en son nom.
Cela exige de la personne investie d’une telle responsabilité qu’elle fasse preuve de rigueur et ne se laisse pas aller à des propos dépourvus de la moindre base légale. Résumons-nous : le vice-procureur ne requiert pas accoudé au zinc du café du coin.

Aujourd’hui, nous cédons la place à des personnes qui ont assisté à l’audience correctionnelle du 4 juin. Le réquisitoire du vice-procureur étant prononcé au nom du peuple, il n’est pas inutile que celles et ceux ayant été présents puissent faire connaître leur opinion. On objectera que, s’ils étaient présents, sans doute était-ce pour témoigner de leur soutien à Maurice Gironcel et Martial Turpin. Sans doute, mais est-ce pour autant que leur opinion ne pourrait être entendue ?

Juste un mot, avant de leur céder la parole : le vice-procureur, avons-nous écrit précédemment, a donné une bien triste image du rôle du Ministère public. Mépris, suffisance, analphabétisme culturel, réflexes bureaucratiques conduisant à nier la réalité, désinvolture, tels sont les reproches que nous avons articulés à l’encontre du vice-procureur.
Pour cette édition comme pour celle de samedi, nous avons choisi de donner la parole au vice-procureur lui-même, car ce fonctionnaire a tenu à apporter les touches finales à notre démonstration.
Ce sera court.
Le vice-procureur accusant Maurice Gironcel du délit de clientélisme, Maître Boniface lui demanda de donner la définition — juridique s’entend — de ce nouveau délit.
Réponse du vice-procureur : « je vais vous en donner la définition qui se trouver dans le dictionnaire Larousse ».
Confondant ! Et pour que nul ne puisse penser que nous jouons sur les mots, nous avons consulté le site gouvernemental "Légifrance" et demandé au Code de procédure pénale comme au Code pénal de nous donner la définition du délit de "clientélisme". Comme vous le constaterez par vous même, ce délit n’existe nulle part.
Conclusion, quand le vice-procureur ne dispose d’aucun délit pour accabler Maurice Gironcel et Martial Turpin, il délaisse ses outils de travail légaux : le Code de procédure pénal et le Code pénal et se saisit du dictionnaire Larousse s’adjoignant ainsi un nouvel outil juridico-littéraire : le Code Larousse !

Code pénal : Article 111-3

Nul ne peut être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi, ou pour une contravention dont les éléments ne sont pas définis par le règlement.

(À suivre)

Jean Saint-Marc


Réactions

• Nadia, mère de famille, au chômage
« Mwin lé pa dakor ditou ek le tribunal ; akoz zot i akuz M. Gironcel ek M.Turpin, pa zot la fé tou sa. Akoz sèt la fé, lété pa la, pourtan la zistis té koné zot nom. Mwin lété telman en kolèr, mwin la sorti de la sal parsk sino mwin té i jure le procureur, sa i fé pa sa ».

Camille, retraitée
« Je suis fort étonnée du réquisitoire du procureur. Je pensais jusqu’à ce jour que la justice se fondait sur des faits, or j’ai assisté à une affabulation : caisse noire… stratégie de mafiosio… Je pense que le procureur a une imagination débordante peu compatible avec la justice.
Le réquisitoire démontrait à lui seul la volonté de casser un homme politique et prouvait l’acharnement qu’on lui fait subir depuis plusieurs années. La Justice ne sort pas grandie de cette audience. Écœurant ! ».

Joëlle, mère de famille, agent commercial
« Je suis étonnée de constater que des élus et administratifs qui aident les populations laissées pour compte par les divers systèmes sociaux puissent être poursuivies parce qu’ils ont aidé ces personnes. Faut-il les laisser mourir ? Dans ce cas, les 24 maires de l’île doivent être poursuivis parce qu’ils sont, je pense, tous confrontés aux mêmes situations, compte tenu de la situation sociale actuelle. Si c’est cela qu’on appelle la justice, je me pose des questions ».

Solange, grand-mère, retraitée
« Mi kompran pu ryin, mwin la touzour konu Maurice Gironcel èk Martial Turpin depuis le tan défunt Langenier zot té i travay touzour pou les pli povr. Zordi i akuz a azot ; sa sé in kou monté par de moun té i vé la place, akoz la zistis i rod pa se band moun la ? Zot i vé pa in Kominiss i rest Sinte Sizanne, mé zot i vé, zot i vé pa, nout tout nou sra touzour derryer nout maire ».

Johan, responsable d’association
« Je pense que les faits reprochés à Maurice Gironcel ne sont pas fondés. En tant que maire, il donne des subventions et ce sont les associations qui sont responsables de leur gestion. Quant aux faits reprochés à M. Turpin, je ne les comprends pas, ils ont été faits au profit de la population, il n’y a pas eu de détournement ; alors pourquoi ce procès ? ».

Jean-Yves, agent d’entretien
« Pour mwin ce procès lé nul. Band z’ élus y mèt zot larzan pou ède band pov é i akiz a zot ! Lé bizar ke su 24 maires, lo flès la zistis n’a pou cible ke Sainte-Suzanne, lé drol hin ! ».

Emmanuel, agent environnement
« Mwin mi trouv procès la sévér. Martial la zamé gyin refuz in afèr in moun lé dan la misèr, é Maurice, parey. La envoy in malade en Frans, marmay zoué ballon, sa sé di sosial ; akoz i en vé se dé moun la alor ke set la gyiné lé pa konvoké ; bann la la pa enrissi a zot, mi kompran pa la zistis ».

Jean-Luc, chauffeur
« J’ai eu le sentiment que la justice veut enfoncer Maurice Gironcel, il n’y avait pas encore de quoi faire un procès ; c’est un vrai acharnement judiciaire à l’encontre de Maurice Gironcel ».

Pierre, cadre administratif
« Pour moi, c’est un acharnement permanent contre un homme politique, en l’occurrence Maurice Gironcel. Quelle que soit l’issue de ce procès, c’est la population qui aura le dernier mot. Fidèle à l’esprit de Lucet Langenier elle validera à nouveau Maurice Gironcel ».