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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Vote du budget primitif 2006 : réactions d’Éric Fruteau et Joé Bédier
28 mars 2006

Hier soir, le Conseil municipal de Saint-André votait son budget primitif pour l’année 2006, budget qui ne reflète ni la réalité saint-andréenne, ni tous les besoins de la commune.
Éric Fruteau, conseiller municipal et général de Saint-André, affiche son inquiétude quant à la bonne santé financière de la commune. Pour les élus de l’Alliance, membres de l’opposition, "c’est un simulacre de budget. C’est du bluff sur le budget 2006, et Saint-André frôle le déséquilibre budgétaire", dixit Éric Fruteau. Selon l’élu, le sénateur-maire de Saint-André, Jean-Paul Virapoullé, cherche à masquer la baisse des investissements sur la commune de l’Est. D’ailleurs, son budget primitif 2006 anticipe les résultats du compte administratif qui doivent arriver en juin 2006, ce qui est rare dans les communes de l’île. "D’un point de vue légal, il est dans son droit, mais cela indique que le sénateur-maire de Saint-André n’est pas capable de réaliser les grands projets qu’il s’était fixé", fera remarquer Éric Fruteau. En fait, ce qui n’a pas été réalisé en 2005 sert à bouffir son investissement 2006. "Et c’est comme cela tous les ans", précise l’élu.
55 millions d’euros de dette totale
Depuis 3 ans maintenant, la mairie de Saint-André fonctionne sous perfusion, avec l’incapacité de rembourser ses dettes. "Si la mairie ne fait plus de dépenses, il faudrait un mandat (6 ans) pour rembourser la dette totale qui s’élève à 55 millions d’euros", poursuit Éric Fruteau. Aujourd’hui, la capacité communale d’autofinancement est négative à moins 1,67 millions d’euros d’épargne brute. Et les conséquences sont visibles pour les contribuables saint-andréens qui s’impatientent de voir réaliser des projets indéniablement importants pour la bonne vie de la cité. Éric Fruteau note une baisse de 34% sur l’investissement pour l’eau potable, de 43% pour l’eau usée. La caisse des écoles est amoindrie de 25.000 euros. L’endiguement des ravines - et Dieu sait que la commune en est gracieusement pourvue - est encore à l’ordre du jour. L’aménagement du réseau routier connaît un retard sans précédent, tout comme la construction de crèches sur la commune.
Bref ! "si la mairie avait une situation financière plus stable et anticipée, elle aurait pu prévoir ses équipements", déclare Éric Fruteau. Le contribuable est ainsi appelé à la rescousse, avec des taxes sur le foncier bâti à hauteur de 26,7%, le 2ème taux le plus élevé de l’île. La taxe sur le foncier non bâti est fixée à 23,47%. Et Éric Fruteau de demander : "qui sont les propriétaires terriens sur Saint-André ?", ceux qui profitent de ce présent. Et de continuer : "La mairie ne subsiste que par les subventions", ce qui lui permet de s’équiper. À côté de cela, on ne voit pas l’évolution des conditions de travail des employés communaux, alors que Saint-André accueille près de 50.000 habitants. Il suffirait de visiter le centre technique de Ravine Creuse !
Les gaspillages saint-andréens
Tout en adressant ses condoléances aux familles des victimes de l’éboulis de vendredi sur la route en corniche, Éric Fruteau appelle à plus de décence dans les propos tenus contre Paul Vergès, le président de la Région Réunion. En effet, se demande-t-il, pourquoi ne pas accorder la priorité à cette route ? Aurait-il fallu priver les Saint-andréens de la construction du lycée Saint-André III, de la piscine, ou encore de l’aménagement du parc du Colosse ? Oui, pourquoi financer ces projets, quand la priorité est ailleurs ?
L’élu saint-andréen rappelle que le chemin Fantaisie et celui de la Cressonnière ont aussi fait des morts à cause du mauvais réseau routier. Responsabilité du maire ? Et de reprendre une déclaration de Jean-Paul Virapoullé : "Nous soutiendrons toutes les associations saint-andréennes pour arrêter les gaspillages de l’argent public sur Saint-André", à savoir les 15 millions de francs pour la maison Valliamé, ou encore tout l’argent injecté dans l’opération Centre commercial pour rien, la vente de terrains communaux entre amis, les 1,3 millions de francs du coffre-fort avec la paie des CES, ou enfin les 2 à 3 millions de francs pour les 80 voitures de Saint-André. Il y a encore les 2 dossiers devant le Tribunal administratif de Saint-Denis, opposant d’abord la mairie à la Région Réunion (soit 275.000 euros) et aussi la mairie contre la société Super CATENA (soit 290.000 euros) ! C’est vrai, c’est le contribuable qui trinque.
Bbj
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