Saint-André : l’opposition dénonce les dérives

Clientélisme et opacité plombent les finances

16 juin 2006

Gestion financière, subventions aux associations para-municipales, bilan de la CIREST : autant de points sur lesquels l’opposition dénonce les méthodes de la majorité municipale qui entretient l’opacité et plonge les finances de la commune dans le gouffre.

"La situation financière de la commune reste inquiétante et apparemment la majorité n’arrive pas à suivre les recommandations de la chambre régionale des comptes" : la gestion de Jean-Paul Virapoullé fait plonger les finances de Saint-André. C’est ce que constate l’opposition, chiffres à l’appui.
Hier après-midi, lors du Conseil municipal de Saint-André, plusieurs affaires étaient à l’ordre du jour, notamment le compte administratif de la commune. Hier matin, l’opposition représentée par Joé Bédier et Éric Fruteau rencontrait les journalistes pour exprimer son point de vue sur ce dossier, mais aussi sur la vie associative à Saint-André et sur le fonctionnement de la CIREST.
Les conseillers d’opposition regrettent que des questions passent à la trappe. Ils citent en particulier le retard pris par la rénovation du barrage de Rivière du Mât destiné aux irriguants, le manque de trottoirs et le problème de l’endiguement des ravines.

Les charges dérapent

Sur la question du budget, au-delà du "fort taux de non-réalisation (56%)", l’opposition met le doigt sur la hausse des charges. Celles a caractère général montent de plus de 20%, les dépenses de carburant flambent de 144.000 euros par rapport à 2004.
L’opposition déplore "que les dépenses pour fêtes et cérémonies progresse de 17% par rapport à ce qui était prévu au budget".
Par contre, côté investissement, on est loin du compte, affirment Joé Bédier et Éric Fruteau. Ils relèvent qu’"en 2005 on avait prévu de faire pour 18,2 millions d’euros d’équipement brut, nous en sommes à 7,5 millions. En investissement réel c’est la même chose : prévu 37,3 millions, réalisation 25 millions".
L’endettement reste très inquiétant, malgré des taux d’imposition parmi les plus élevés de l’île, affirment les conseillers de l’opposition. Quant à la politique de l’emploi, elle n’est que le reflet de pratiques clientélistes de la majorité qui multiplie les promesses d’embauches pour se faire réélire. "Allons marcher la tête haute", appelle l’opposition qui entend mettre l’État devant ses responsabilités sur cette question essentielle. Il faut "proposer un plan global pour l’emploi durable et la non précarité", affirment-ils.
La vie associative est un autre point qui pose problème à Saint-André. "Cinq associations para-municipales disposent de 35% (soit près de 700.000 euros) du budget consacré à la vie associative", précisent Joé Bédier et Éric Fruteau, "or il existe plus de 150 associations de Saint-André potentiellement éligibles aux subventions communales". D’où des interrogations sur les critères d’attribution.

Qui fait quoi avec qui ?

L’opposition donne un coup de projecteur sur plusieurs associations. Ainsi 300.000 euros sont attribués en 2004 et en 2006 au Comité des fêtes, mais la transparence n’est pas au rendez-vous : aucune assemblée générale depuis 2002, comptabilité approximative. Situation analogue à l’OMAG qui perçoit chaque année entre 400.000 et 500.000 euros de subvention : "comment sont fixés ses membres ? Est-elle constituée de personnel communal ? Quelle transparence dans la gestion ?".
Dernier point abordé hier : la CIREST, communauté d’agglomération à laquelle adhère la ville de Saint-André. Un rapport de la Chambre régionale des comptes remet en cause son fonctionnement, mais les élus de l’opposition n’ont encore pas vu la couleur de ce document. "Nous estimons que nous devons tout connaître sur la situation financière de cette collectivité", affirment Joé Bédier et Éric Fruteau, "cela passe par une information en séance du Conseil municipal et non par des encarts dans la presse". Ils demandent également que le mode de représentation dans le Conseil communautaire soit revu : "aucun membre de l’opposition n’y siège. Comment faire jouer la démocratie et comment veiller à la transparence ?", expliquent-ils, rappelant que sans transparence, il n’est pas de démocratie possible.

Manuel Marchal


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