France : Bérézina pour la droite

21 régions sur 22 sont à gauche !

30 mars 2004

La gauche en France recueille 50,37% des voix à l’occasion du second tour des élections régionales. Et elle va gérer 21 des 22 régions métropolitaines. La droite ne conserve que l’Alsace. Douze régions ont basculé avant-hier. C’est une véritable bérézina pour l’UMP en général, pour le gouvernement Raffarin et le président Chirac en particulier.

La population française a infligé dimanche, lors du second tour des élections régionales, une cuisante défaite à la droite. Une véritable bérézina. Le second tour a été marqué par une participation supérieure de trois points à celle du premier tour, elle-même en hausse par rapport à 1998.
À l’issue du premier tour dimanche 21 mars, la gauche semblait en mesure de faire basculer une demi-douzaine de régions. Mais au terme du second tour des régionales, la gauche non seulement conserve sans difficulté les huit régions qu’elle dirigeait depuis 1998, mais en plus, elle a fait basculer 12 régions qui étaient jusque-là présidées par la droite.

Tous les ministres battus...

Selon les résultats définitifs du deuxième tour, la gauche recueille 50,37% des voix. Elle va ainsi gérer 21 des 22 régions métropolitaines. La droite ne conserve que l’Alsace.
Tous les ministres partis à la conquête d’une région ont été battus : François Fillon est sévèrement battu, Jean-François Copé connaît un échec cinglant. Tout comme Xavier Darcos, Renaud Muselier, Gilles de Robien (UDF) et quelques autres.

... mais l’UMP veut continuer ses réformes

Les responsables de la majorité UMP qui se sont succédé dimanche soir sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio, ont reconnu un "échec grave". Néanmoins, unanimement, ils ont exclu de renoncer aux réformes engagées depuis 2002. "Les réformes doivent se poursuivre, tout simplement parce qu’elles sont nécessaires" déclarait Jean-Pierre Raffarin.
Même son de cloche chez Alain Juppé qui a estimé qu’abandonner les réformes serait condamner la France "à l’immobilisme et à la régression". Le président de l’UMP a même appelé à un "nouvel élan" dans la politique gouvernementale. Le pompon revient au ministre des affaires sociales : "C’est une sorte de 21 avril à l’envers", a estimé François Fillon.


Au fil des régions

Rapide tour d’horizon des 22 régions de France

o Alsace : Adrien Zeller seul survivant de droite
Avec 43,56% des suffrages exprimés en sa faveur, contre 34,44% pour la gauche et 22% à l’extrême droite, Adrien Zeller fait figure de "survivant"
o Aquitaine : la gauche reconduite.
Le président socialiste sortant Alain Rousset, a obtenu 54,85% des suffrages devant liste d’union UMP-UDF de Xavier Darcos (33,46%) et le Front national (11,69%).
o L’Auvergne dit au revoir à Giscard d’Estaing
Valéry Giscard d’Estaing est détrôné par Pierre-Joël Bonté (PS). Une première depuis 1986. L’ancien président n’a pu obtenir son quatrième mandat et a été devancé de 5 points.
o Bourgogne : Soisson sévèrement sanctionné
Jean-Pierre Soisson avait été élu deux fois à la présidence de la Région grâce aux voix du FN. La liste de rassemblement emmenée par un ancien ministre de Jospin, François Patriat, l’emporte avec 52,49 % des voix.
o Bretagne : De Rohan battu à plates coutures
Le socialiste Jean-Yves Le Drian va remplacer Josselin de Rohan à la présidence du conseil régional, la liste PS-PCF qu’il conduisait a obtenu 58,66% des voix, contre 41,44% à la liste UMP-UDF de Josselin de Rohan.
o Centre : la région à gauche
Michel Sapin qui menait une liste PS/PCF/PRG/MRC/Verts prend cette région avec 49,15% devant la liste de Serge Vinçon (UMP/UDF) qui obtient 34,39% et la liste du FN (16,46%).
o Champagne Ardennes passe à gauche
Le scrutin était serré mais c’est le candidat de gauche, Jean-Paul Bachy, qui devrait prendre la présidence de la région, auparavant à droite. Le FN enregistre un score de plus de 18%.
o Corse : la gauche en tête
La gauche a obtenu 50% des voix et enlève 24 sièges sur 51, 6 élus de plus que lors du précédent scrutin. La droite recueille 33% des suffrages et 19 sièges. La liste nationaliste Simeoni-Talamoni obtient 17% des voix et 9 sièges.
o Franche Comté : à gauche, toutes
Pour la première fois, la Franche-Comté est passée hier à gauche avec plus de 47% des voix pour la liste conduite par Raymond Forni (PS), contre 36% à la liste UMP/DVD de Jean-François Humbert.
o L’Ile-de-France sanctionne Jean-François Copé
Elle avait été annoncée comme pouvant être la seule région de gauche susceptible de changer de bord. Jean-Paul Huchon (PS) conserve son fauteuil (49,15% des suffrages). La liste UMP du porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a obtenu 40,74%. La liste de Marine Le Pen (Front national) a recueilli 10,11%.
o Languedoc Roussillon : l’UMP virée après 18 ans au pouvoir
La liste de gauche conduite par Georges Frêche obtient 51,17% des voix, celle du sortant Jacques Blanc, 33,11%, et le FN 15,72%.
o Limousin : le meilleur score pour la gauche
La gauche unie en Limousin a réalisé le meilleur score de France avec 62,02%, obtenant 31 sièges contre 12 pour la droite (37,98%).
o Lorraine : la gauche vire l’UMP Gérard Longuet
La liste d’union de la gauche conduite par le sénateur socialiste Jean-Pierre Masseret a obtenu 48,51%, devançant l’UMP Gérard Longuet, à la tête d’une liste d’union de la droite (34,20%), le FN obtenant lui, 17,29%.
o Midi Pyrénées reste à gauche
La liste de gauche menée par Martin Malvy conserve la région en recueillant 57,51% des voix, contre 30,43% à la liste de droite de Jacques Godfrain.
o Nord Pas de Calais : Jean-Paul Delevoye sévèrement défait
51,84% pour la gauche, 28,43% pour la droite : Jean-Paul Delevoye n’aura réussi à s’emparer de la présidence du conseil régional du Nord - Pas-de-Calais, détenue par les socialistes depuis 1986.
o Basse Normandie : René Garrec battu
La Basse-Normandie est passée à gauche : 46% pour Philippe Duron, 40% pour René Garrec le président sortant.
o Haute Normandie : maintien à gauche
Le président sortant du Conseil régional, Alain Le Vern (PS) conserve son siège, avec 52,69% battant ainsi la liste d’Antoine Rufenacht (UMP) qui obtient 32,72%.
o Pays de Loire : François Fillon sévèrement battu
Dans ce bastion irréductible de la droite, François Fillon (liste UDF-UMP-MPF) a été battu de près de 5 points par le maire de La Roche-sur-Yon (Vendée), Jacques Auxiette (PS) qui conduisait une liste de gauche (52,35%)
o Picardie : la gauche sort De Robien
La liste de la gauche unie PS-PC-Verts du socialiste Claude Gewerc a recueilli 45,39% des suffrages, environ dix points de plus que la liste UDF-UMP du ministre des Transports Gilles de Robien (35,94%).
o Poitou Charentes : le fief de Raffarin a basculé
En Poitou-Charentes, fief de Jean-Pierre Raffarin, Élisabeth Morin (UMP) est battue à plates coutures par la socialiste Ségolène Royal.
o PACA : Vauzelle shoote le ministre Muselier
La liste du président sortant socialiste Michel Vauzelle a obtenu 45,18% des suffrages contre 33,84% pour le secrétaire d’État aux Affaires étrangères l’UMP Renaud Muselier et 21,01% pour la liste du Front national.
o Rhône Alpes : l’UDF perd sa seule région
La gauche prive l’UDF de sa seule région : Rhône-Alpes. Jean-Jack Queyranne devance Anne-Marie Comparini de près de huit points : 46,5% des suffrages contre 38,23%. Le FN, avec 15,28% des voix, enregistre un score inférieur à celui du premier tour.


Sondage

Les Français veulent le départ de Raffarin

Une majorité de Français (54%) souhaite que Jacques Chirac nomme un nouveau Premier ministre, selon un sondage CSA. Sarkozy arrive en tête des Premier ministrable.
Ce sondage a été réalisé le 28 mars après l’annonce des résultats du second tour des élections régionales, auprès d’un échantillon national représentatif de 803 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Il en ressort qu’une majorité de Français (54%) souhaite que Jacques Chirac nomme un nouveau Premier ministre, et 45% d’entre eux voudraient que le gouvernement poursuive ses réformes, selon un sondage CSA pour France-3, Radio-France et “Le Nouvel Observateur”, rendu public dimanche 28 mars.
Seules 19% des personnes interrogées veulent conserver le même gouvernement avec son Premier ministre actuel. Ils sont 13% à souhaiter garder Jean-Pierre Raffarin à son poste, à la tête d’un gouvernement remanié en profondeur. 14%des sondés ne se prononcent pas.
Quant aux réformes, les Français se montrent très partagés avec 45% des personnes interrogées souhaitant que le gouvernement poursuive les réformes annoncées (71% des électeurs de droite), contre 42% qui déclarent le contraire (67% à gauche). Ils sont 13% à ne pas se prononcer.
Si Jean-Pierre Raffarin quittait le gouvernement, c’est Nicolas Sarkozy qui arrive en tête des Premiers ministrables que les Français voudraient voir à la tête du gouvernement (29%), suivi du président de l’UDF François Bayrou (14%) et du président de l’UMP Alain Juppé (13%). Viennent ensuite Dominique de Villepin (9%) et Michèle Alliot-Marie (9%), Jean-Louis Borloo (8%), Philippe Douste-Blazy (7%), François Fillon (6%) et Gilles de Robien (5%).


Revue de presse

“La fin du chiraquisme” pour “Libération”, une “hécatombe” pour “le Figaro”, un résultat “dévastateur” pour “les Échos” et un “K-O” de la droite pour l’Humanité : teintés de triomphalisme ou de dépit, les titres se font grandiloquents lundi pour rendre compte du raz-de-marée rose des élections régionales.

o “Libération” : "Le désastre du 28 mars inaugure la fin du règne de Jacques Chirac"
"On peut rater la campagne du premier tour, aggraver son cas entre les deux et tout perdre ou presque au second. C’est ce que vient de faire Jacques Chirac, le stratège caché de la majorité et l’auteur du naufrage du 28 mars. Son héros du moment, Jean-Pierre Raffarin, avait été sanctionné au premier tour, le voilà rejeté par le second. Pire, la gauche frôle la majorité absolue. Le roi est nu : Jacques Chirac est défait sans excuse, sans circonstances atténuantes, comme un homme dont l’électorat connaît depuis trente ans tous les “tours”. (...) Le désastre du 28 mars inaugure la fin du règne de Jacques Chirac".

o “La Croix” : “Amplification de l’échec”
"Sombres dimanches pour l’exécutif ! Le 21 mars pour Jean-Pierre Raffarin, le 28 mars pour Jacques Chirac (...) L’échec de la majorité ne peut pas être attribué à la faible mobilisation des citoyens(...). L’amplification de cet échec, d’un dimanche à l’autre, est l’élément le plus spectaculaire : comme si l’électorat avait haussé le ton, pour être sûr d’être entendu. Plus haut et plus fort (...). "C’est le 21 avril (2002) à l’envers", a dit François Fillon, en reconnaissant loyalement l’échec. Est-ce si sûr ?".

o “L’Humanité” : "un des plus puissants séismes politiques qu’ai connus la Vème République."
"Le second tour des élections régionales a non seulement confirmé mais démultiplié le verdict du premier tour : la droite est laminée par un des plus puissants séismes politiques qu’ai connus la Vème République. (...) L’événement est d’autant plus saisissant qu’il a eu lieu deux ans à peine après l’élection du président de la République dans les conditions que l’on sait, alors que l’UMP et ses alliés disposaient de tous les leviers politiques : l’Élysée, Matignon, l’Assemblée nationale, le Sénat, et le reste (...). Et maintenant ? La droite est au pied du mur. Le président de la République ne l’est pas moins que les autres : le roi est nu. Il a fait retour à la case départ : autrement dit la case des moins de 20 % au premier tour de l’élection présidentielle de 2002(...). La crise de la droite est là : aucun jeu de chaises musicales ne la résoudra puisqu’elle est le fruit amer d’une politique, sa politique. La droite fait l’autruche : elle sait, sans le dire, qu’elle a été cruellement punie de gouverner au service de la fortune et des privilèges contre les forces vives du peuple français et ses acquis".

o France Soir : "tout se passe comme si les citoyens avaient dit adieu à une certaine manière de faire de la politique"
"Un séisme peut en cacher un autre. (...). Après la déculottée de Jospin le 21 avril, voici celle de Raffarin. En attendant l’alternance, désormais de plus en plus populaire, des caresses et des coups de pied. Il n’empêche : passer si vite des 82% d’un Chirac triomphant, rempart de la démocratie contre le totalitarisme, à la perte d’une quinzaine de régions en un scrutin, mérite d’être considéré comme autre chose qu’un caprice (...) En fait, tout se passe comme si les citoyens avaient dit adieu à une certaine manière de faire de la politique et exprimé avec force leur nouveau statut de consommateurs : si le syndic des copropriétaires de la maison France ne remplit pas son office, on le vire".

o La Tribune : "Un quasi-grand chelem régional"
"Un quasi-grand chelem régional, un score général à quelques millimètres de la majorité absolue et à plus de douze points devant la droite : c’est une victoire sans appel que la gauche a emportée à l’occasion de ces régionales (...) Car c’est une bien étrange situation que celle qui se met en place dès aujourd’hui, après ce 21 avril à l’envers. On l’a dit, la gauche gagne, mais en bénéficiant d’un vote sanction, sans que se détache un grand projet, et surtout sans qu’elle puisse prendre les clés que devrait lui donner cette victoire... puisque ce ne sont que des élections régionales. La droite a perdu mais, paradoxe des institutions, c’est elle qui restera demain aux commandes (...).".

o Les Échos : "les sanctions"
"En amplifiant - et de quelle manière ! - leur vote du premier tour, les Français ont envoyé au pouvoir un message d’une grande clarté : la sanction. Ou plutôt, les sanctions (...) La gauche, l’extrême droite et une partie de la droite ont su s’en servir pour dénoncer la politique du gouvernement, mais sans pour autant jamais proposer de réelle alternative. Et pour cause : n’étant pas appelée, à l’issue de ce scrutin, à gouverner, l’opposition pouvait se contenter de dénoncer. Le résultat est dévastateur et place la France devant un choix redoutable. La voici en effet dans la situation d’un pays acculé à réformer, avec une opinion publique qui le refuse (...)".

o La République du Centre : "L’Élysée doit réviser ses petits calculs politiciens"
C’est presque l’autre “grand chelem” du week-end qu’a réussi la gauche dimanche. Et c’est en tout cas un carton rouge pour Jacques Chirac, le gouvernement et l’UMP puisque la France des régions a viré quasi uniformément au rose. L’ampleur de la sanction est d’autant moins discutable qu’elle s’assortit d’un taux de participation en hausse de trois points par rapport au premier tour et que la gauche flirte, en voix, avec la majorité absolue. (...) Et si les régionales ont autant passionné, c’est qu’elles n’avaient plus rien de régionales mais qu’elles ont pris, en l’absence d’autre consultation nationale jusqu’en 2005, l’allure d’un vote de substitution à mi-mandat présidentiel. Voilà pourquoi ce vote atteint de plein fouet Jacques Chirac et qu’il impose à l’Élysée de réviser ses petits calculs politiciens (...)".

o La République des Pyrénées : "Jacques Chirac est à un tournant de son mandat"
"Une sanction cinglante pour le gouvernement car même si les équations personnelles de tel ou tel candidat ont pu amplifier la tendance (...) jamais un scrutin intermédiaire dans ce pays n’avait été aussi clair dans son message. Ce qui l’était moins dès hier soir c’est la réponse que le pouvoir en place entend y apporter. Certes tous les leaders de la droite, Jean-Pierre Raffarin compris, ont reconnu leur “échec" avec franchise, sinon une certaine élégance. Mais s’agit-il seulement de mieux "écouter" les Français, de poursuivre les réformes entreprises en les expliquant davantage et surtout est-il imaginable que le même premier ministre conduise encore la politique du pays ? Si le premier tour avait été un mauvais tour pour Jean-Pierre Raffarin, le second est un tour de vérité pour Jacques Chirac. Le président de la République, seul inspirateur de la politique conduite à Matignon, est à un tournant de son mandat (...)".

o La Provence : "Après la sanction, le rejet"
"Après la sanction, le rejet. Sans appel. De quoi donner des insomnies à un Jean-Pierre Raffarin qui hésitait encore hier soir entre le désir inavoué de rendre son tablier et le devoir imposé par l’Élysée d’expédier la feuille de route. Un exercice qui va être de plus en plus difficile à conduire car aujourd’hui, c’est une vraie crise de confiance qui est sortie des urnes. Et peut-être demain une réelle crise politique car en changeant de camp, le pouvoir régional devient de fait pour les trois prochaines années, un véritable contre-pouvoir (...)".

o Midi Libre : "l’UMP sort lessivée des élections régionales"
"La vague rose annoncée dimanche dernier n’a pas connu de ressac. Elle s’est transformée en raz de marée et l’UMP sort lessivée des élections régionales. Nue. Réduite à l’addition minimaliste et imparfaite de ses voix du premier tour et d’une partie de celles de l’UDF (...)".


Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Remaniement ? Dissolution de l’Assemblée ?

Jacques Chirac va devoir tirer rapidement les enseignements de cette Bérézina électorale de la droite. Quelques scenarii envisageables.

Le résultat de ces deux tours des Régionales n’a, théoriquement, aucune incidence sur la conduite des affaires du pays. Du point de vue légal seulement, car il n’en va pas de même sur le plan politique.
Jacques Chirac est visé, sanctionné, vilipendé, conspué. Sentant le coup venir, il avait voulu nous faire croire qu’il avait compris l’urgence de régler question sociale. Il avait, il n’y a pas si longtemps, resservi son slogan de “fracture sociale”, lancé en 1995. Comme se demande la République du Centre : "Saura-t-il enfin un jour, lui aussi, ce qu’il veut pour la France. Et non pour lui" ?.
Jean-Pierre Raffarin, lui, est laminé, discrédité, totalement atomisé. Et à travers le premier ministre, c’est tout le gouvernement qui en prend un sacré coup. Comment Raffarin pourrait-il incarner un nouvel élan ? La presse ironise sur Raffarin, qui, du statut de "homme de mission" est passé à celui de "homme de la démission".

Dissolution de l’Assemblée ?

Pour “Libération”, la logique des institutions de la Vème République "devrait contraindre le chef de l’État à poser la question de confiance aux électeurs, en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale. C’est logique mais peu probable !".
La même position est développée par “La Tribune” pour qui le vote des Français dimanche est un message adressé à Jacques Chirac. Un message qui lui demande "de... dissoudre l’Assemblée". Le journal économique explique : "Certes, et on imagine difficilement un gouvernement a minima, en charge de gérer les affaires courantes, jusqu’aux prochaines présidentielles... Mais alors, s’il faut réformer vraiment, ce dont personne ne doute, y compris la gauche, de quelle marge de manœuvre disposera demain la future équipe ? On l’imagine bien mince".

Remaniement ?

Jacques Chirac se trouve aujourd’hui face à de multiples interrogations : doit-il maintenir Jean-Pierre Raffarin à son poste de premier ministre, quitte à ce qu’il se jette dans l’arène pour tenir son premier ministre à bout de bras ? Ou doit-il changer de premier ministre ? Peut-il le conserver encore quelques semaines ? Jusqu’aux élections européennes du 13 juin, par exemple ? Histoire de ne pas “griller” un autre premier ministre...
Certains verraient bien un premier ministre potentiel en la personne de Nicolas Sarkozy. Certains éditorialistes de la presse française n’hésitent pas alors à poser cette question : si Chirac nommait Sarkozy au poste de premier ministre, d’une part, acceptera-t-il, sachant qu’il est quasiment impossible de passer de Matignon à l’Élysée ? d’autre part, qui prendrait la tête de l’UMP ? Certains autres noms sont avancés (voir encadre “sondage”).
S’il devait y avoir un gouvernement “Raffarin 2”, serait-il crédible ? Pourrait-il faire oublier ce qui a été reproché à “Raffarin 1” ?

Arrêter ou continuer ?

“Les Échos”, ironisant sur ce qu’il reste de la majorité, explique qu’il reste deux solutions à celle-ci : "Soit le virement de bord, l’arrêt ou le ralentissement brutal des réformes, ce qui équivaudrait à un retour en arrière (...) Soit, deuxième hypothèse, le gouvernement et Jacques Chirac, conscients de l’impossibilité de tout retour en arrière, admettent le risque de l’impopularité et saisissent l’occasion des deux ou trois années qui nous séparent du prochain grand rendez-vous électoral national pour confirmer le choix de la réforme, pour l’assumer, l’expliquer et le faire partager. Tous les pays européens ont vécu cette phase difficile. La France ne peut plus y échapper".
Dès lors, dans ce cas de figure, la question du remaniement ministériel n’est qu’un épiphénomène.

Dossier : Dominique Besson


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