La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
27 février 2008

Quel regard portez-vous sur cette campagne électorale ?
- On constate aujourd’hui que, lorsqu’un pouvoir est en place depuis un certain nombre d’années, les choses ne bougent pas. C’est toujours les mêmes ou la même politique qui est en place. Est-ce que les Réunionnais prennent conscience de ce qu’est le changement ? En attendant, les pauvres restent toujours pauvres ou même pire.
J’ai moi-même été sollicité par différentes listes, mais en tant que président départemental de la FCPE, j’ai hésité puis refusé.
Pourquoi ?
- Il y a beaucoup de personnes qui utilisent le monde associatif pour atteindre le monde politique. Et même si, dans les textes, un militant ou représentant de la FCPE peut s’engager politiquement, j’ai refusé. Les gens pourraient vite faire l’amalgame entre l’association de parents d’élèves et le parti que je pourrais soutenir. Si M. Blard est à gauche ou droite, donc la FCPE est à gauche ou droite. C’est pour cela que je ne me suis pas engagé, mais en même temps, j’ai envie que les choses bougent, que La Réunion avance.
Quels sont les grands enjeux qui devraient animer cette campagne électorale ?
- Je pense que La Réunion est trop dépendante de la France. Toutes les décisions sont prises à Paris, et cela, sans concertation avec les Réunionnais et on nous balance ça à la figure. Ils ne tiennent pas compte de nos spécificités et de nos particularités, d’autant plus que nous sommes isolés, au niveau géographique. En fait, pour chaque décision, il devrait y avoir “des exceptions” adaptées à notre situation particulière.
Parlons aussi de la continuité territoriale, beaucoup de Réunionnais ne voient pas ce que c’est, avec les prix des billets d’avion. Aujourd’hui, de nombreux jeunes peuvent avoir accès à la mobilité, seulement, s’ils ont les moyens financiers, c’est inadmissible.
Et au niveau de l’éducation ?
- Il faut arriver à scolariser les enfants dès 2 ans, au plus tard 3 ans. Certains enseignants disent qu’à 2 ans, c’est trop petit. Combien de mamans voudraient travailler, mais à cause du manque de structures d’accueil de la petite enfance, ne le peuvent pas. Il est donc essentiel que la mairie mette à la disposition des locaux et que l’Éducation nationale forme des enseignants adaptés aux tout-petits. Il doit y avoir un maximum de petites classes.
D’autre part, l’école doit être gratuite pour tous. Je trouve scandaleux le langage de certaines personnes qui disent que les parents sont assistés. Quand il faut payer les 15 euros de la coopérative, 16 euros pour les sorties, les blocs de feuilles de 500 pages, etc... il faut avoir les moyens, et je trouve cela normal d’appliquer un fondement de la République française, école laïque, obligatoire et gratuite pour tous.
Pour éviter une éducation au rabais, il faut trouver davantage de moyens institutionnels pour la gratuité de l’école.
Propos recueillis par SP
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