Elections

« Défendre de nouvelles moeurs politiques »

Créer un « Collectif pour réfléchir et agir à l’approfondissement de la démocratie »

Témoignages.re / 15 mars 2008

Eric Soret, candidat dans le 4ème canton de Saint-Denis qui a obtenu 12,61% des suffrages au premier tour, se dit très inquiet quant aux « méthodes inqualifiables et d’un autre âge » employées par certains candidats et dont il a été témoin durant sa campagne.

Fort de l’expérience que lui a apporté cette première candidature, il a décidé de créer dans les prochains jours un « Collectif pour réfléchir et agir à l’approfondissement de la démocratie. » Explications (voir communiqué par ailleurs).

Défendre des idées plus que des «  combines  »

La base de ce collectif reposerait sur trois fondements : la démocratie, la moralisation de la vie politique et le combat contre le néo-libéralisme.

« J’ai vu sur le 4ème canton des candidats acheter des consciences, distiller des promesses, répandre des rumeurs pour abattre l’adversaire mais je n’ai pas vu de débat d’idées, explique Eric Soret. C’est le jeu politique mais moi je n’ai pas envie de faire de la politique comme ça. Si il y a une nouvelle génération d’hommes politiques, elle doit défendre de nouvelles moeurs politiques. C’est indispensable si l’on veut changer le rapport qu’on les gens de la politique. »

Cette expérience de campagne a soufflé à Eric Soret l’idée de ce collectif qui pourrait réfléchir entre autres à la question des élus condamnés, du cumul des mandats, du découpage communal, de l’intercommunalité, de l’organisation administrative à La Réunion afin de favoriser l’implication de l’électorat à la vie de la cité, à la façon de redonner du sens et des valeurs à la politique par des débats d’idées plus que des tractations politiciennes. Ce collectif ne serait pas apolitique mais contre tous les partisans du néo-libéralisme.

Il s’agirait encore de réfléchir au mode du scrutin municipale, à la proportionnalité dès le premier tour afin d’éviter des « tractations » et « combines » entre les listes pour le second tour. « Quelle type de proportionnelle qui n’empêcherait pas les petits candidats et listes ? », questionne Eric Soret. « A partir de 5%, puisque le candidat bénéficie du remboursement de sa campagne, il bénéficie d’une reconnaissance qui devrait s’exprimer par une existence politique au sein du conseil municipal. »

«  Sur cette affaire Dindar, je ne lacherai pas ... »

Le cas justement de la fusion Annette/Ponin-Ballom est le signe d’un profond irrespect pour l’électorat qui est trahi et ne voit pas d’écho concret à son vote, à son expression démocratique.

Eric Soret déplore dans le cas de l’unique candidature d’Ibrahim Dindar dans le 5ème canton, un autre candidat que Philippe Naillet n’ait eu l’opportunité de se présenter. Il y a certes la règle des 10% d’inscrits qu’il faut questionner mais aussi la clôture tardive du dépot de liste qui n’a permis aucune réaction des adversaires. « Le législateur aurait du intervenir pour repousser dans ce cas la clôture des listes de 24 heures et offrir l’opportunité aux autres de s’organiser. Là s’aurait été de la démocratie et non du déni de démocratie. Mais sur cette affaire Dindar, je ne lâcherai pas ça sur le fond », assure Eric Soret.

Tous ces points fondamentaux pourraient être discutés au sein de ce collectif qui serait là pour faire renaître un débat de fond sur la politique. D’ici quelques semaines, on y verra plus clair, le temps de rassembler des partisans au projet, de permettre au candidat de réviser sa plate-forme et de tracer des groupes de réflexion et des groupes d’action. « Il faut rassembler ceux qui veulent remettre au centre des idées et valeurs pour que l’on puisse progresser », affirme Eric Soret qui voit dans cette première candidature et ses 13% de suffrages juste un début en politique.

Face à un « électorat extrêmement désorienté », il veut agir et peut-être qu’un autre élément prometteur de cette nouvelle génération politique qui joue une carte importante pour la démocratie dans l’Est, qui « incarne tout ça, personnellement et dans sa pratique » le rejoindra-t-il, quand il aura, après le boum du second tour, le temps de se pencher sur le projet.

SL


Combattre tous les partisans du libéralisme

Le dimanche 9 mars dans le 4eme canton de St Denis, 558 électeurs de La Source, Bellepierre et Le Brûlé m’ont accordé leur confiance. Je les en remercie.

Ce résultat, pour ma première candidature dans ce canton, est un encouragement à continuer mon action politique. Ce résultat est d’autant plus appréciable parce que j’ai dû affronter seul, sans soutien : le conseiller général sortant, le candidat de l’UMP et le candidat PS.

Contrairement à mes adversaires et en particulier le candidat PS, j’ai mené, avec mon équipe, une campagne sur les idées sans distribution de promesses, sans l’achat de conscience des électeurs et sans colporter des rumeurs. Avec mon équipe, nous avons fait face à cela dans le calme et la dignité. Je reste profondément inquiet de m’apercevoir que cette soit disante nouvelle génération d’élus, utilise encore des méthodes inqualifiables et d’un autre âge. La démocratie est en péril avec ce genre de candidat !

13 % des électeurs du 4e canton ont compris mon message et surtout cette nouvelle façon de faire de la politique. Ils ont aussi adhéré à mes deux arguments de campagne pour une rupture avec la politique libérale :

- Combattre sans concession la politique actuelle du gouvernement ultra libéral

- Appliquer le principe d’un mandat par personne.
Le dimanche 16 mars, les électeurs devront se prononcer. Je suis attaché à la liberté de conscience et de choix de chacun des électeurs. Néanmoins, je leur conseillerai par leur vote de faire barrage aux candidats qui soutiennent la politique ultra libérale de N. Sarkozy, et ce aussi bien à la mairie de Saint-Denis que dans le 4e canton.

Au-delà de ces élections, j’appelle les électeurs de St Denis à la constitution d’un collectif pour réfléchir et agir à l’approfondissement de la démocratie, à la moralisation de la vie politique et à combattre tous les partisans du néolibéralisme.

Eric Soret
Michelle Dargel