Elections

« Dépasser nos différences pour défendre les intérêts de La Réunion »

Conseil général : rassemblement le plus large pour répondre aux attentes de la population

Manuel Marchal / 25 mars 2008

« Que la responsabilité politique soit au rendez-vous de la nouvelle équipe », c’est en ces termes que Nassimah Dindar a conclu son discours d’introduction à l’élection de la présidence du Conseil général. Le déroulement de la séance a confirmé cette intention, avec une nouvelle équipe adhérant à un projet qui transcende les clivages politiques. C’est une attitude qui permet à la population de voir mener au Conseil général une politique qui correspond au résultat des votes des 9 et 16 mars derniers. Deux jours après l’appel de Paul Vergès à bâtir et à défendre une plate-forme reprenant les engagements des candidats élus, le Conseil général a vécu un tournant politique majeur, sous le signe du rassemblement autour de l’intérêt général.

A La Réunion, les dernières élections ont abouti à un bouleversement de la carte politique. Des changements historiques ont été ainsi enregistrés, notamment à Saint-Paul et à Saint-André. Globalement, la population réunionnaise s’est exprimée pour faire part de ses craintes et de ses espoirs en donnant une lourde responsabilité aux nouveaux élus : être les porte-parole de ce message.

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La nouvelle Direction du Conseil général est celle de l’adhésion à un projet de développement pour La Réunion capable de traduire l’expression populaire sortie des urnes et de rassembler bien au-delà des étiquettes politiques. (photo MM)

Ce bouleversement s’est aussi concrétisé depuis dimanche au Conseil général. Les partisans de l’affrontement bloc contre bloc et du sectarisme partisan ont vu leur stratégie lamentablement échouer jeudi dernier au Conseil général : l’élection de la présidence avait été reportée à dimanche faute de quorum. Cet échec s’est encore amplifié ce 23 mars, une semaine après le deuxième tour des Municipales et des Cantonales.

Nul doute que la mise en place d’une nouvelle manière de faire de la politique au Conseil général donne de nouveaux atouts à La Réunion. Elle reflète le résultat des dernières élections, où plus une très large part de la population s’est exprimée pour une autre politique.

C’est donc une nouvelle Direction du Conseil général qui est plébiscitée par près de 65% des membres de l’assemblée : celle de l’adhésion à un projet de développement pour La Réunion capable de traduire l’expression populaire sortie des urnes et de rassembler bien au-delà des étiquettes politiques. Un tel score ouvre la voie à une stabilité sur laquelle les élus pourront s’appuyer pour mener à bien les projets qu’attend la population.

A l’heure où La Réunion est confrontée à d’importants défis, « l’heure est au rassemblement », souligne Nassimah Dindar, présidente réélue. Ce rassemblement favorise le renforcement du partenariat institutionnel entre les communes, les Communautés d’agglomérations, le Conseil général et la Région, poursuit-elle. Car la mission des élus réunionnais est de porter auprès de l’Etat et de l’Europe les préoccupations de la population réunionnaise, et ainsi de défendre l’intérêt général.

« Front uni devant l’Etat et l’Union européenne »

C’est que Nassimah Dindar appelle le « dépassement de nos différences pour défendre les intérêts de La Réunion ». Car il s’agira de présenter « un front uni devant l’Etat et l’Union européenne ». « C’est en nous rassemblant, en partageant la même vision que nous obtiendrons des avancées concrètes », souligne-t-elle, tout en insistant sur le fait que « l’expression de la parole de chaque conseiller général vaudra tout autant qu’un autre ». « Pour relever les défis, des femmes et des hommes ont envie de travailler en portant haut et fort le drapeau de La Réunion », conclut-elle, mettant en avant un acte de courage politique que toute la population réunionnaise a pu vivre en direct.

La volonté politique d’amplifier le partenariat institutionnel et de respecter l’expression populaire trouve une concrétisation au Conseil général. La priorité est accordée à un projet qui répond aux attentes de la population. Comme l’ont montré les résultats des dernières élections, c’est bel et bien une page qui se tourne et c’est une nouvelle étape de la bataille du développement qui commence, 62 ans après l’abolition du statut colonial à La Réunion.

Manuel Marchal


« Partenariat amplifié et nouveau entre les collectivités »

Dans son discours d’investiture, la présidente du Conseil général fixe le cap de la nouvelle mandature. « C’est une volonté, au-delà des sensibilités politiques, d’adresser un message fort à la population réunionnaise ». « Nous avons le devoir de prendre en compte le message de la population », poursuit Nassimah Dindar. « La population attend que les élus mettent de côté leurs étiquettes politiques pour se rassembler pour l’intérêt général », ajoute la présidente, soulignant qu’il est possible de « redéfinir un partenariat amplifié et nouveau entre les collectivités ».

La politique des transports est un exemple de ce partenariat. « Tram-train, route du Littoral, route des Tamarins, que le Conseil général s’associe avec les autres collectivités pour avancer dans un même sens avec la Région ». Nassimah Dindar plaide pour « une bonne articulation des réseaux et une harmonisation des tarifs ». Elle appelle au « volontarisme pour le véritable désenclavement aérien ».

« La population nous demande d’aller au-delà des étiquettes politiques », précise-t-elle. « Ensemble, nous présenterons cette plate-forme à la population ». Il s’agit notamment d’« intensifier le recrutement des entreprises réunionnaises », d’étendre le Contrat unique d’insertion (CUI) aux jeunes qui « doivent se voir ouvrir les postes à tous les niveaux de responsabilité ».
Nassimah Dindar appelle à « une nouvelle offensive en matière de logement social ». Au programme également de la mandature, faciliter l’accession à la propriété.
« Nous devons peser de tout notre poids pour défendre la filière canne et anticiper l’OCM-Sucre ».


La mesquinerie d’élus UMP

Deux candidatures dimanche matin pour la présidence du Conseil général : Jean-Louis Lagourgue et Nassimah Dindar. La première reflète celle d’un affrontement bloc contre bloc, c’est-à-dire la ligne d’une minorité de responsables qui ont décidément des difficultés à tirer les enseignements de l’évolution de la société réunionnaise et érigent comme stratégie politique l’importation à La Réunion de schémas partisans venus de France.

La seconde résulte de l’adhésion à un projet qui rassemble bien au-delà des partis. Autour de Nassimah Dindar se rassemblent les élus de l’Alliance, du PS, du MoDem, ainsi que Bachil Valy, Hugues Salvan, Rico Floriant, Ibrahim Dindar et Gino Ponin-Ballom.
Par 30 voix contre 19, Nassimah Dindar est réélue. C’est donc une majorité très confortable, de près de 65% des suffrages.

Vient ensuite l’élection de la Commission permanente. Les instigateurs du coup de force manqué de jeudi dernier refusent le principe d’une seule liste incluant d’emblée toutes les sensibilités et optent pour l’affrontement de deux listes, avec à la clé un vote nominatif pour chaque vice-président. Après l’élection de la Commission permanente à la proportionnelle par 29 voix contre 20, les 20 conseillers généraux soutenant la candidature de Jean-Louis Lagourgue refusent de prendre part au vote qu’ils ont demandé, et quittent la salle après l’élection du 3ème vice-président.


La nouvelle équipe

Présidente : Nassimah Dindar
1er vice-président : Maurice Gironcel
2ème vice-président : Philippe Leconstant
3ème vice-président : Thierry Robert
4ème vice-président : Roland Robert
5ème vice-président : Jean Jacques Vlody
6ème vice-président : Michel Dennemont
7ème vice-président : Alain Zaneguy
8ème vice-président : Emmanuel Hoarau
9ème vice-président : Ibrahim Dindar
10ème vice-président : Eric Fruteau
11ème vice-président : Axel Vienne
12ème vice-président : Bachil Valy
13ème vice-président : Yvon Bello
14ème vice-président : Jean-Claude Fidji


La Commission permanente du Conseil général

La Commission permanente rassemble 30 élus issus de toutes les sensibilités politiques de l’assemblée.

Yvon Bello, Michel Dennemont, Ibrahim Dindar, Nassimah Dindar, Patrick Erudel, Jean-Claude Fidji, Rico Floriant, Stéphane Fouassin, Maurice Gironcel, Daniel Gonthier, Cyrille Hamilcaro, Emmanuel Hoarau, Maurice Hoarau, Serge Hoarau, Jean-Claude Lacouture, Jean Louis Lagourgue, Jean-Yves Langenier, Philippe Leconstant, Bruno Mamindy-Pajany, Cyrille Melchior, Gino Ponin-Ballom, Philippe Potin, Guito Ramoune, Hermann Rifosta, Roland Robert, André-Paul Técher, Bachil Valy, Axel Vienne, Jean Jacques Vlody, Alain Zaneguy.


Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général

Nouveaux élus, nouvelles pratiques politiques

Dans son allocution de clôture, la présidente du Conseil général a souligné une nouvelle manière de faire de la politique, où la direction politique de l’assemblée est ouverte à toutes les sensibilités.
« A nous d’être efficaces, transparents. Nous mettre au travail tout de suite, c’est ce que la population attend de nous. Pour relever les défis, des femmes et des hommes ont envie de travailler en portant haut et fort le drapeau de La Réunion.
La population est témoin d’un acte de courage politique qui va bien au-delà de l’appartenance de chacun à un parti. On augure de nouvelles pratiques politiques, la population a mis en place de nouveaux élus. Il n’y a pas pour moi d’opposition. Cette majorité reste ouverte, même à ceux qui ont quitté la salle ».


Maurice Gironcel, 1er Vice-président

Une priorité : le projet réunionnais

Il est malheureux que l’opposition veuille continuer l’affrontement bloc contre bloc. Les problèmes de La Réunion ne méritent pas que l’on se bloque sur des questions de préséance. Nous réaffirmons notre politique d’ouverture. Ce qui nous importe le plus, c’est de défendre un projet.


Jean-Jacques Vlody, 5ème vice-président

Ne pas exclure les deux-tiers des Réunionnais

La préoccupation des élus socialistes est que l’attente de la population se retrouve dans le Conseil général. Il est inconcevable que les deux-tiers de la population ne se retrouvent pas dans la majorité de gestion du Conseil général. Nous avons travaillé à un projet de développement solidaire avec des élus centre-droit et avons proposé à Mme Dindar de piloter ce groupe. La population souffre de la politique libérale du gouvernement UMP. Nous pouvons mettre en place au Conseil général une politique de développement local mettant en avant le social. Nous sommes une majorité qui veut clairement une politique de solidarité.


Michel Dennemont, 6ème Vice-président

Nous pouvons travailler ensemble

Depuis 4 ans, nous avons montré que nous pouvions travailler ensemble. Certains de l’ont pas compris. La décision de faire voter vice-présidence par vice-présidence est un enfantillage. Le partenariat institutionnel sort renforcé.


Paul Vergès, Président de la Région

Répondre à la volonté de la population

Dimanche, Paul Vergès a fait parvenir un message à Nassimah Dindar à la suite de sa réélection à la présidence du Conseil général.

« Vous avez été réélue [dimanche] matin à la présidence de l’Assemblée départementale. Au nom du Conseil régional, et en mon nom personnel, je vous prie de recevoir mes sincères félicitations et mes encouragements pour cette nouvelle mandature. Votre élection acquise à la faveur d’une large majorité, intégrant diverses sensibilités politiques, répond à la volonté de la population.
Je me réjouis que vous ayez souligné l’importance du partenariat entre les collectivités, et vous pouvez être assurée de ce même état d’esprit au Conseil régional, afin que nos efforts conjugués puissent permettre à La Réunion rassemblée de relever les défis de la cohésion sociale et du développement durable de notre île. (...) ».