Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Face aux manœuvres du maire de Saint-Paul
13 mars 2008

À quatre jours du second tour des élections municipales, Huguette Bello nous apporte des précisions, notamment concernant les déclarations du maire sortant de Saint-Paul et des alliances opérées ces derniers jours.
Dans un premier temps, Huguette Bello nous fait part de ses rencontres avec de nombreux colistiers des candidats sortants, messieurs Araye, Pavaye ou encore Vingadassamy. La plupart ne sont pas d’accord avec le ralliement de leurs anciennes têtes de liste à Alain Bénard. Ils en ont ras-le-bol de la politique menée par Alain Bénard depuis tant d’années. Et « les alliances doivent se faire autour d’une idée commune et non autour d’intérêts personnels ». Notamment en ce qui concerne Thierry Araye qui a eu un comportement quelque peu douteux ces derniers temps. Elle précise, d’autre part, que ses contacts avec ces colistiers sont très sains et reposent sur un projet commun de changement et de développement à Saint-Paul.
Le déclassement aléatoire : est-ce une façon d’aménager la commune ?
Suite au débat télévisé de la veille, elle souhaite éclaircir un certain nombre de points. En tant que fille et petite fille d’agriculteur, elle n’accepte pas une telle légèreté de la part d’Alain Bénard lorsqu’il aborde le déclassement des terrains agricoles. Cette problématique doit être replacée dans le cadre d’un plan d’aménagement structuré et cohérent de la commune. Pour illustrer son propos, elle cite l’exemple de terrains à La Saline les Hauts que le maire sortant avait déclassés pour un de ses conseillers municipaux. Il lui a accordé un permis de construire, alors qu’il n’y a pas de Plan Local d’Urbanisme (PLU) défini. Il bricole à droite et à gauche sans cohérence territoriale d’aménagement. Elle nous explique que elle aussi souhaite déclasser pour libérer du foncier aux constructions d’habitations, mais que ça ne peut pas se faire n’importe comment. Il est évident qu’il faille « mettre un toit au-dessus de la tête des gens », mais dans le cadre d’une stratégie globale d’aménagement, en concertation avec les acteurs concernés.
Elle déplore donc le comportement du maire sortant qui promet de déclasser pour se faire élire. Est-ce une façon d’aménager la commune ? « On doit obéir à des règles, à des lois ». A l’heure actuelle, Saint-Paul se trouve dans une situation catastrophique car elle ne possède aucun plan d’aménagement urbain. « Aménager une ville, un quartier, c’est préparer l’avenir et améliorer la vie quotidienne des gens ».
Un manque cruel d’infrastructures
Elle revient ensuite sur le refus d’Alain Bénard de construire des logements sociaux et son adhésion à la franchise médicale. Comment un tel candidat peut accepter la politique de casse sociale du gouvernement alors que les Réunionnais souffrent de plus en plus de précarité ? Comment peut-on accepter les décisions prises concernant les TOS dans les établissements scolaires ?
En termes d’infrastructures sportives, scolaires et de petite enfance, il est clair que rien n’a été fait à Saint-Paul pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Et en matière de collèges, même si cela ne relève pas de la commune, elle compte bien redoubler d’efforts pour pousser le Conseil général à prendre les dispositions nécessaires pour le désengorgement des établissements déjà saturés.
Un riche patrimoine laissé à l’abandon
« C’est le maire de la désinvolture vis-à-vis de notre patrimoine laissé à l’abandon ». Depuis son investiture, la Maison Leconte de Liste a été démolie et la Poudrière est dans un état de délabrement scandaleux. Et l’hôtel du Maïdo, superbe infrastructure qui avait été rachetée par la mairie, dépérit au fur et à mesure de l’inertie totale du maire.
« C’est également le maire de toutes les fermetures : camping de l’Hermitage, Grotte des Premiers Français, Bassins de Cormorans ». Saint-Paul recèle un patrimoine naturel incroyable avec son lagon, son étang et ses montagnes. Malheureusement, tout est laissé à l’abandon. Aucun moyen n’a été mobilisé pour valoriser ces sites et leur accès, n’offrant pas de services touristiques de qualité, dignes de ce patrimoine.
Quant à la volonté du maire sortant de vouloir opposer les différents quartiers, les bas des hauts, cela est inadmissible. Il n’hésite pas à véhiculer des rumeurs pour décrédibiliser et diviser les gens. Il faut travailler tous ensemble, main dans la main avec toutes les institutions pour pouvoir avancer. Or, La Réunion est témoin du conflit chronique existant entre le maire sortant et toutes les institutions. En plus, à l’entendre, ce n’est jamais de sa faute. Cette posture peu crédible et inefficace est incompatible avec la mise en œuvre de projets structurants à Saint-Paul.
Rebecca Pleignet
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