Elections

La population panonnaise veut des réponses

Élections cantonales 2008 à Bras-Panon

Témoignages.re / 14 mars 2008

Daniel Gonthier peut bien enjoliver son bilan de conseiller général et de maire de Bras-Panon. Candidat de l’UMP, il sait bien comme tout le monde, que la politique départementale est collée sur les erreurs de la politique gouvernementale, qu’il défend pourtant à corps... perdu.

Les élections n’étaient pas encore venues que le maire et conseiller général de Bras-Panon Daniel Gonthier levait un bilan écrit sur le tard, pour faire croire à la population panonnaise que le travail a été accompli, pour certains domaines dans des proportions inespérées. Mais celui-ci de reconnaître aussi qu’en matière de logement social et de petite enfance, il faudrait faire plus. C’est sûr que beaucoup de jeunes Panonnaises et Panonnais s’installent à Saint-André et Saint-Benoît, faute de trouver un logement à bas prix, mais décent. « Moin, moin la rodé, pardsï rodé in lojman desï Bras-Panon, moin la pa trouvé. Léna, soman lé tro shèr po moin. Mi toush à pèn le SMIC, alé konprann, soman mi travay granmatin ziska tar souvan. Koman ou vë mi pèy, siss-san, sèt-san ëro po in kaz. Mi ariv pa avèk. Apré moin la ï la shanss trouv in ti kat pièss sï Saint-André. Là, i prétan noré lojman desï Bras-Panon. I komanss batir vréman. Na voir kisa i sar gagné », déclare Laurent (27 ans), manutentionnaire. Sa compagne travaille dans une grande surface de l’Est. A deux petits salaires, il faut surtout compter, à chaque fin du mois, et « ne pas faire la fine bouche quand on nous propose un logement, même s’il est petit », explique-t-elle. Bras-Panon compte près de 10.000 habitants, et de nombreux défis sont à relever, dont le chômage, un point que n’a pas cessé de relever Jean-Hugues Ratenon, aujourd’hui candidat des forces du progrès. Rappelons-nous des nombreuses batailles menées en faveur de l’emploi par le militant associatif, qui est devenu une figure de la lutte contre le chômage à travers l’île.

Lutte contre le chômage

En 2003, relevait notre journal, le chômage de Bras-Panon enregistrait trois points d’augmentation. Petits contrats, c’est le quotidien de bon nombre de Panonnais. Et quand le gouvernement décidait d’annuler des contrats, ou de diminuer le budget dédié à ces postes “précaires”, qui était au devant des troupes pour dire Non à la casse sociale ? Qui disait NON à la précarité ? Le conseiller général sortant, Daniel Gonthier, a plutôt avalisé les préconisations gouvernementales, et son plan d’incohésion sociale, celui qui n’a pas donné de résultats probants en faveur de l’emploi. En 2006, le taux de chômage est toujours à des hauteurs élevées, et cette année on peut dire que ce taux dépasse les 40%. Pourtant, Bras-Panon ne manque pas d’atouts, avec son visage rural, tourné vers l’agriculture et les avantages touristiques de la Nature en présence sur son territoire. Au fait, en parlant d’agriculture, où se place Daniel Gonthier dans les négociations agricoles ? Est-il au moins auprès des petits et moyens planteurs ? D’une vision panonnaise, insère-t-il la population panonnaise en son entier dans la vie économique de la ville ? Dans la logique du développement de la commune, comment envisage-t-il le désenclavement social de Bras-Panon ? Autre atout sa jeunesse, malheureusement désoeuvrée, à l’exception de ceux pris en main par le réseau associatif panonnais. « Si ankor navé zanploi vèr kom navé lontan, nout vil-jardin kom zot i di sora kom in gayar jardin kréol, okïpé partou, prop. Bann jën noré travay po fé. Toultan i di aou i fo done marmay le gou travay, mé soman bann zozo là i fèrm la port. I di aou Konsèy Jénéral i èd anou, lé po son jënèss, soman mi voi pa moin ! », s’insurge Claude, 56 ans. « Banna i di marmay i vë pa travay, mé kosa banna-là-i-travay-soidizan-po-nou-dan-la-méri i fé po done travay ? Dévlop in pë komïne là, é fé ansanm nou. Sé komsa nora in Cohésion Sociale, kom zot i di zot mèm », poursuit-il.

Et les prix alors ?

« Moin di nana in nafèr i fo lï réponn kom tout bann konséyé jénéral, sat la pa done la min po Lobsèrvatoir-dé-pri. Oté, sé sa banna i doi dir anou : koman zot i kont èd la popïlasion viv kan la vi lé shèr komsa. I pèy anou ti grin, mé i fo pèy gro gazon. Ou konpran sa, ou ! Kan ou gingn mil ëro, ou pë pa pèy dë-mil », déclare un électeur mécontent de la cherté de la vie. C’est un thème qui fait débat aujourd’hui, à La Réunion, comme dans l’Hexagone. Les Français se passionnent pour leur pouvoir d’achat, et Nicolas Sarkozy ne tient toujours pas sa promesse de s’occuper du niveau de vie des citoyens de France. Que les candidats aux élections municipales et cantonales s’expriment sur le sujet ! Qu’ils apportent des pistes réalisables pour donner satisfaction aux nombreux consommateurs à l’agonie ! Les prix flambent, les salaires stagnent. L’élu sortant ne doit-il pas expliquer ? Il excuse les choix arbitraires du gouvernement Fillon-Sarkozy, aux petits soins avec les nantis, et le dos tourné aux Français d’en bas, la rue qui ne gouverne pas ?

Bbj