La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Le message de la société civile :
18 mars 2004

Les personnalités de la société civile présentes sur la liste de l’Alliance, Catherine Gaud, Maya Césari, Raymond Mollard, Alain Séraphine, Emmanuel Lemagnen, Radjah Véloupoulé (et même s’il n’était pas présent, Sylvestre Lamolly) ont expliqué les raisons profondes qui les ont amenés à être sur la liste, les réalisations qui les ont marqués dans tout ce qui a été fait dans cette précédente mandature, le projet ambitieux auquel ils souscrivent pleinement, comptant bien participer à sa mise en place. Ils jettent un regard parfois étonné, parfois surpris ou scandalisé sur cette campagne et le niveau des débats. Ce qu’ils ont lu, entendu, les confirme, s’il le fallait, dans leur choix d’être présents sur cette liste de l’Alliance : son projet s’inscrit dans le respect des opinions et des idéaux de chacun, pour le développement de La Réunion, tant demain que dans les années à venir.
- « Nous avons été appelés pour ce que nous sommes et ce que nous faisons, chacun dans notre domaine particulier, pour nos engagements, dans le domaine professionnel ou les combats militants », déclare Catherine Gaud. Elle est aujourd’hui avec l’Alliance « pour une cause » et non pas pour une raison politique. Cette indépendance, cette liberté de penser, de proposer, elle la gardera jusqu’au bout. Tout en conservant l’esprit d’équipe, l’esprit d’impartialité. « La liste, c’est une équipe », même si elle a à sa tête « une personne aussi charismatique que Paul Vergès ».
- Radjah Véloupoulé avait, lui, rencontré Paul Vergès à plusieurs reprises. Notamment « lors des colloques et séminaires organisés par le Conseil régional sur la problématique identitaire à La Réunion ». Il l’avait aussi rencontré au sujet de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise. « Ce “et” est une notion quelque peu oubliée, volontairement ou non, par les détracteurs du projet », regrettait-il. Un projet qui lui tient à cœur.
Pour de nombreuses raisons, comme celle-là : cette Maison permettra de « souder un contrat social pour relever les défis présents et avenir ». Autre raison : la finalité de cette Maison « qui permettra de mettre à égalité toutes les cultures » et ne plus voir une culture en dominer une autre, qui permettra « une fraternité entre tous les Réunionnais », quelle que soit leur mouvance politique ou leur idéologie.
- Emmanuel Lemagnen pose son rôle comme étant celui « d’observateur, de fédérateur » qui « apporte un crédit ». Il explique que le monde associatif est incontournable aujourd’hui. Un seul exemple : l’appel à candidature lancé par une collectivité pour la prise en charge de personnes en grande difficulté est destiné... au mouvement associatif. « On assiste donc là à une délégation de compétences » d’une collectivité vers ce mouvement associatif.
- L’expérience d’Alain Séraphine dans le champ politique remonte à 20 ans. Il avait déjà été appelé... et par Paul Vergès, pour être sur la liste lors d’élections municipales au Port. Il explique qu’il a toujours pu défendre ses idées, mener des discussions avec les élus du PCR, y compris pendant les conseils municipaux, en faisant valoir ses opinions. Lesquelles ont été prises en compte. Et de souligner que cette ouverture se fait « au delà du cadre régional », les élus et « tous les autres acteurs de la vie publique ont leur mot à dire ».
- Raymond Mollard parle de cette rencontre entre deux sphères : celle du politique et celle du “civil”, la première étant « l’agrégation d’intérêts » l’autre « l’articulation d’intérêts ». Paul Vergès a donc permis la rencontre entre les deux, créant une synergie. Le tout permettant « l’amélioration de l’expression démocratique à La Réunion ». Et de souligner que Paul Vergès, en invitant sur la liste qu’il conduit des personnalités de la société civile a « pris un grand risque ».
- Maya Césari, estimant aussi que le risque qu’avait pris Paul Vergès en “ouvrant” sa liste à la société civile était grand, souligne l’importance qu’ont les forces vives d’un pays dans son développement. Lesquelles sont très inquiètes pour l’avenir, au vu de la politique menée par Raffarin. Et de conclure : « le développement de La Réunion, ce n’est pas une question d’opposition droite/gauche. Ma présence sur la liste de l’Alliance témoigne réellement de la volonté de dépasser les clivages ».
- Catherine Gaud a rencontré Paul Vergès à plusieurs reprises, avant d’accepter d’être dans l’Alliance. Elle a épluché le bilan, non seulement en termes de chiffres et de principes, « mais en toute impartialité », en son âme et conscience. « Personne n’aurait pu faire mieux que l’équipe sortante. Cela ne veut pas dire que tout a été parfait. Mais réellement et objectivement, quand on regarde le bilan sans esprit partisan, on peut dire que beaucoup a été fait » : dans l’aide aux communes, dans le domaine de la coopération régionale, de la culture, de l’économie, de l’emploi...
- Emmanuel Lemagnen s’interroge sur un fait : le bilan de Paul Vergès a été reconnu par tous. Mais avant les élections. Depuis le début de la campagne, il en va autrement « ce n’est pas sérieux ». Il donne quelques chiffres : 3 milliards de francs investis pour les communes. Un taux de chômage qui a baissé de 6 points. Le boulevard Sud qui avance. Un investissement de plus de 6 milliards de francs pour la formation. Alors que le champ d’action de la Région est en aval de la formation initiale, domaine de compétence de l’État. Un solde net de création de 5.000 entreprises. « Il n’y a pas un conseil régional en France qui peut se prévaloir d’un tel résultat ». Et il sait de quoi il parle, puisque, que ce soit dans le domaine professionnel ou de l’engagement bénévole, Emmanuel Lemagnen accompagne les créateurs d’entreprises dans un « parcours du combattant » très difficile, et que l’on doit améliorer mais en lui gardant le côté « parcours initiatique » nécessaire pour que les chefs d’entreprises s’aguerrissent aux difficultés qu’ils rencontreront dans l’avenir. Et de conclure : « je n’ai jamais vu un bilan aussi positif que celui-là ».
- Alain Séraphine souligne cette « mise en perspective des projets de développement », même si tous ne sont pas à mettre uniquement sur le compte du conseil régional, lequel, avec Paul Vergès « a su travaillé avec les autres collectivités locales ». Et de par sa trajectoire personnelle, il est très sensible à la formation, puisqu’elle « permet de redonner espoir et construire un projet de vie ». Cette formation, qui lui tient à cœur, il a pu la développer à travers l’ILOI (centre de l’image de l’océan Indien, avec le dessin animé et tout ce qui touche aux nouvelles technologies), à travers la mise en place de la FAC (formation des autodidactes et des cadres), à travers l’école des Beaux Arts, à travers l’école des arts et métiers...
- Raymond Mollard évoque un exemple : Paul Vergès a été le premier à dire qu’il s’opposait au transfert des TOS. Et, contrairement à d’autres « qui ont manifesté leur sympathie » mais qui, pour les parlementaires, ont « voté la loi » autorisant le transfert des TOS. Même remarque pour ce qui concerne les journaliers communaux. Ou le combat contre la précarité et la précarisation de l’emploi.
- Maya Césari rappelle l’investissement de la Région dans le domaine universitaire et de la recherche. Deux champs qui ne sont pourtant pas de compétence régionale. Elle prend l’exemple du CIRAD. « La Région a multiplié par deux les sommes investies dans le domaine de la recherche et à l’Université ». Elle apprécie particulièrement cette option prise par l’équipe sortante de « tirer par le haut, d’élever le niveau » de formation, de vouloir faire de La Réunion un pôle d’excellence.
- Catherine Gaud et les autres personnalités de la société civile estiment que le programme pour lequel ils se sont engagés « tient compte des besoins du présent, des besoins immédiats des Réunionnais. C’est un programme ambitieux pour l’avenir », pour les 15/20 ans qui viennent.
- Radjah Véloupoulé regrette : « il n’y a pas eu de discussion sur la vision que chacun a de l’avenir de La Réunion. Cette prise en compte des perspectives, elle existe. Chez Paul Vergès et la liste qu’il conduit ».
- Emmanuel Lemagnen est incisif : « Le bilan est devenu le projet des autres ». Il poursuit : « Certains font un procès d’intention à Paul Vergès, en lui reprochant de voir trop loin. Or la vocation d’un conseil régional, c’est bien de prévoir l’avenir. Paul Vergès ne fait donc que son travail lorsqu’il se projette dans l’avenir ». Et de souligner que certains ont eu une prise de conscience tardive puisqu’ils ont réajuster leur programme « à la dernière minute ».
- Raymond Mollard évoque la nécessité d’avoir un plan de rattrapage, tant pour les enseignants que pour le personnel non enseignant. La disparition des aides éducateurs (seulement 546 équivalents emplois pour 2.000 jeunes qui ont vu leur contrat se terminer), celle programmée des MI-SE... Des conséquences de tout cela, personne ne parle. Ou pire « certains avancent masqués et n’osent pas dire clairement ce qu’ils pensent. Attention aux tromperies ». Par exemple sur les retraites. Ou sur toutes les autres réformes à venir.
- Maya Césari estime que de ne pas poursuivre dans la voie des efforts engagés pendant la mandature qui s’achève, « serait une catastrophe » pour La Réunion. Comme seront dramatiques pour la France « mais encore plus pour La Réunion » les « coupes franches » opérées par le gouvernement dans les domaines de l’enseignement, de la recherche.
- Catherine Gaud expliquait que cette prise en compte de l’avenir, « ce n’est pas du clientélisme, ce n’est pas de l’idéalisme. Nous avons un certain idéal. Et cela ne rapporte pas forcément des voix ». Elle soulignait également que parler de culture, d’écologie, de santé, de coopération régionale, cela n’est peut-être pas non plus “clientéliste”, mais c’est indispensable quand on fait de la politique. Au sens noble du terme.
- Raymond Mollard estime que le rôle d’un conseil régional, c’est aussi mener une politique sur le long terme, en incluant tout le monde : le privé comme le public, les salariés et les privés d’emploi, les jeunes comme les vieux...
- Catherine Gaud souligne le « côté effrayant » de ce qu’elle entend : par exemple sur la jeunesse. Si certains disent que, pour eux, c’est un atout, cela sous-entend que pour les autres, cela n’en est pas un. Mais ils ne proposent pas grand choses. « C’est presque angoissant de savoir que l’on peut être trahi par les siens » dit-elle, en évoquant les propos tenus par certains sur la politique régionale menée depuis 20 ans. Pour elle, Pierre Lagourgue et Margie Sudre ne peuvent être traités de la sorte. Elle dénonce « les joutes oratoires » qui ne « rehaussent pas le débat », la « désinformation » persistante menée par certains, notamment au sujet de la maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, « alors qu’il s’agit de rendre sa dignité à l’être réunionnais, celui de la rue, le chômeur ». Ou tout ce qui a été dit - ou sous-entendu - sur le créole. Ou les attaques personnelles dont a été victime Paul Vergès, notamment sur son âge : « son âge, c’est un atout. C’est l’expérience de quelqu’un qui a énormément de charisme, qui a beaucoup vécu, qui a beaucoup de maturité ».
- Radjah Véloupoulé regrette que le fond de cette campagne ait été monopolisé « par la guerre des mots et des petites phrases, par les préjugés ».
- Emmanuel Lemagnen dénonce la formule « rien n’a été fait depuis 20 ans », c’est une « vexation », notamment pour Pierre Lagourgue, qui « a fait de la vraie politique », puisqu’il « a initié le développement de La Réunion » et agi « sur les routes, les lycées, le transport aérien ». Et de souligner que, en tant que fervent partisan de Raymond Barre, il avait trouvé « encourageant » le fait que celui-ci ait porté un regard positif sur la maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.
Être au service de La Réunion et des Réunionnais
L’appel de Catherine Gaud est clair : « certains sont encore indécis à quelques jours du 21 mars. Certains sont dégoûtés de la politique. D’autres disent que la gauche et la droite c’est pareil ».
À ceux-là, elle explique que « la liste de l’Alliance est pluridisciplinaire, avec des compétences mêlées. Ce n’est pas un méli-mélo, un pourcentage entre partis. Le seul but que nous avons, c’est d’aider, c’est d’être au service de La Réunion et des Réunionnais ; Chaque être est unique, il est pour nous infiniment important. Et je lui dis : c’est pour toi que je travaille ». Il faut « faire confiance aux gens de bonne volonté ». Et surtout éviter les erreurs commises dans le passé. Comme un certain 21 avril 2002.
Dominique Besson
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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