Elections

Les vaincus se sabordent !

Témoignages.re / 26 mars 2008

Après leur défaite aux élections des 9 et 16 mars, et la traduction de cette défaite au Conseil Général avec la réélection de Nassimah Dindar à la présidence du Département, les ex-membres de l’UMP Réunion choisissent la politique de la terre brûlée : à deux jours de l’arrivée d’Yves Jego, ils démissionnent collectivement de l’UMP et s’engagent vers un boycott de la visite ministérielle.

La logique d’affrontement bloc contre bloc, mise en œuvre par une certaine droite à La Réunion depuis l’époque de Michel Debré, vient d’atteindre ses limites ultimes : elle s’est dissoute dans la volonté majoritaire des Réunionnais de travailler sur des projets communs en dépassant les clivages idéologiques et de partis.
La conséquence en est l’acte collectif d’Hara-Kiri auquel s’est livré hier « tout le bureau de l’UMP Réunion », selon Vincent Payet, délégué départemental de l’UMP-jeunes et délégué national, lui aussi démissionnaire.

Le président, René-Paul Victoria et le Secrétaire départemental Jean-Luc Poudroux, les députés, maires et conseillers généraux UMP - à l’exception de Nassimah Dindar, Gino Ponin-Ballom et Ibrahim Dindar -, ainsi que les délégués nationaux et locaux ont fait part hier de leur décision de démissionner de l’UMP-Réunion, « torpillée par l’UMP-Paris », ajoute Vincent Payet. Lors de la conférence de presse donnée au Saint-Denis - et à laquelle “Témoignages” n’a pas été invité (voir ci-après) -, on notait aussi la présence des divers droite (DVD) Stéphane Fouassin et Jean-Louis Lagourgue, respectivement conseiller général de Salazie et Sainte-Marie.
Les élus envisageraient également de boycotter la visite ministérielle d’Yves Jégo, mais ce point ne semblait pas tranché hier.

« J’ai pris congé de l’UMP. Personnellement, je suis écœuré, les jeunes de l’UMP sont tous écœurés. Cela fait deux ans que nous sommes sur le terrain pour expliquer aux gens que la politique, ce sont des idées à mettre en avant et là, nous ne voyons que des combinaisons pour sauver des postes », déclare Vincent Payet, délégué national.
Sous son apparente ingénuité, le discours du jeune délégué passe sous silence les tractations de ces mêmes élus UMP avec Jean-Louis Lagourgue, en début de semaine dernière... autour de la distribution des vice-présidences !

L’essentiel reste que, après le verdict des urnes et la défaite de ceux qui sont allés aux élections sur une ligne d’affrontement droite/gauche, plutôt que sur la recherche de projets réunionnais à faire avancer ensemble, ces vaincus n’expliquent pas leur défaite et refusent d’en tirer les leçons : ce qui s’est passé au Conseil Général n’est que la conséquence du verdict des urnes.

Ils préfèrent en rejeter la responsabilité sur d’autres - sur Paris en l’occurrence, ce qui est un comble pour des élus de tradition “loyaliste”.
Ce faisant, ils aggravent leur cas : quelle sera la crédibilité politique de la nouvelle formation dont les démissionnaires annoncent la création, si ses fondateurs se dérobent à ce point à leurs propres responsabilités ?

P. David


Relents de sectarisme

“Témoignages” n’était pas invité à la conférence de presse tenue par les vaincus des dernières élections. Cela ne nous a pas empêché de faire notre travail. Mais ce sectarisme n’est plus de saison. Il est en retard d’une guerre - la Guerre froide en l’occurrence - et nous renvoie à des attitudes du passé : quand les Perreau-Pradier, Michel Debré et consorts traitaient notre journal en pestiféré. Il serait temps d’admettre que tout ceci est révolu...

P. D.