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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Les forces de progrès largement en tête après le 1er tour
23 mars 2004

Devancé de sept points par la gauche, le gouvernement Raffarin et ses soutiens ont subi dimanche un sérieux revers au premier tour, également marqué par une nouvelle progression du Front national et une baisse de l’abstention. La gauche recueille 41% des voix, la droite 34%, le FN 14,70% et l’extrême-gauche 4,94%. Le PS pourrait ravir par exemple à la droite Poitou-Charentes puisque Ségolène Royal obtient 46,29%, le score le plus élevé d’une liste de gauche en France métropolitaine, contre la candidate de Jean-Pierre Raffarin. L’opposition au gouvernement est également bien placée en Bretagne, en Rhône-Alpes, seule région détenue par l’UDF, mais aussi en Picardie, en Languedoc-Roussillon, en Bourgogne, en Haute-Normandie et en Auvergne.
Les candidats UDF arrivent, dans toutes les régions où ils faisaient cavalier seul, derrière leurs concurrents UMP. C’est le cas notamment du président du parti centriste, François Bayrou, distancé d’environ trois points par le ministre délégué à l’Enseignement scolaire Xavier Darcos en Aquitaine et d’André Santini (16,12) devancé par Jean-François Copé. L’extrême gauche ne semblait en mesure de se maintenir au second tour dans aucune région, toutes les listes LO-LCR se situant en dessous de la barre des 10% requis, y compris dans le Nord-Pas-de-Calais.
Grâce à son score, le Front national est en mesure d’imposer des triangulaires dans 17 régions sur 22, une situation qui pourrait favoriser la gauche. Le parti de Jean-Marie Le Pen enregistre ses meilleurs scores en Île-de-France, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Picardie ou Alsace.
Si les fusions ou les désistements entre listes s’opèrent à gauche et à droite, on devrait également assister dimanche prochain en métropole, Corse mise à part, à quatre duels. Deux d’entre eux interviendront nécessairement, en Auvergne et en Limousin, où seules deux listes ont franchi les 10%, mais deux autres sont à prévoir, en cas de fusion ou de désistement entre UMP et UDF dans les Pays-de-la-Loire et en Bretagne.
Quelques extraits lus dans la presse
“Le Figaro” : "Le vote-sanction est là"
"On avait annoncé le vote sanction. Il est là. Sévère pour la majorité et pour le gouvernement. Inquiétant pour le second tour, même si la semaine qui s’ouvre, entre alliances, mobilisations et réponses que donneront les responsables politiques au message du premier tour, va être cruciale.
L’abstention reculant, le thème du désintérêt croissant des Français pour la chose politique s’essouffle. (...) Tout, d’ailleurs, ne s’est-il pas combiné pour faire de ce scrutin l’occasion d’un traditionnel vote sanction ? (...)
Mais, parce que le Front national est présent dans de nombreuses régions, la situation s’annonce, dans le court terme, délicate pour les partis de gouvernement. Provence-Alpes-Côte d’Azur, bien sûr, mais aussi Poitou-Charentes, le fief du premier ministre, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine et même Picardie : le Front national, presque partout, bouscule la donne. Car c’est la principale donnée de ce scrutin. Le Front national consolide ses positions et, grâce au mode de scrutin, s’installe".
“Libération” : "Sanction à la fois nationale et régionale"
"Les électeurs se sont mobilisés pour sanctionner le gouvernement et l’UMP, une sanction à la fois nationale et régionale. Et cette sanction est portée par la gauche socialo-plurielle et non par le vote en faveur des extrêmes. (...) Fin de partie, donc, pour Jean-Pierre Raffarin. Il aura tout perdu, y compris ce qui lui était le plus cher, à savoir ce fief du Poitou-Charentes, où Chirac est venu le chercher en 2002 pour diriger le gouvernement, cette région qui lui avait permis de repeindre Matignon aux couleurs de la pseudo-France d’en bas. (...) Le laborieux château de cartes de l’UMP vacille. Le pari du parti unique de la droite, qui devait remodeler la géographie politique française et étouffer les dissidences, est perdu. Si nulle part l’UDF ne devance l’UMP, les scores réalisés par les dissidents de la bande à Bayrou manifestent à droite le goût de la diversité. L’UMP n’est pas cette machine magique à gonfler les voiles électorales de la droite par tous les temps. L’UMP prend l’eau. (...)
Enfin, à force de ne pas faire de campagne nationale en faveur de sa politique, l’équipe Raffarin, qui avait pourtant engagé 19 ministres dans la bataille, tous mal partis, donne l’impression d’avoir un bilan à hue et à dia, en générant les mécontents autant que les sujets de mécontentement".
“La Tribune” : "Un vote sanction des électeurs"
"La poussée de la gauche à plus de 40% traduit un vote sanction des électeurs. Le vote contestataire d’extrême droite, à plus de 17%, a marqué plusieurs régions.
La droite sort battue de ce premier tour, largement même si on en croit les estimations d’hier au soir. Ce qui (...) détonne, c’est la vigueur de la sanction. (...) D’abord parce que l’écart des chiffres est important. De l’ordre de 40% pour la gauche contre 34% pour la droite : la photo est nette. Ensuite, parce que le score de l’extrême droite reste particulièrement élevé, alors que celui de l’extrême gauche est contenu. Ce n’est donc pas la gauche qui a été plébiscitée, mais bien la droite sanctionnée. Enfin, dernier symbole, et de poids : la quasi-certitude de la victoire au second tour de Ségolène Royal sur les terres de Jean-Pierre Raffarin sonne le tocsin pour le Premier ministre. Certains, même, croient déjà entendre le glas".
“L’Est républicain” : "Le résultat est là, cinglant"
"Jean-Pierre Raffarin et son gouvernement font figure de principales victimes du premier tour des régionales. On pourra toujours dire que les Français se sont tournés vers la gauche plus par dépit que par affection, en tout cas le résultat est là, cinglant pour la droite qui, d’ores et déjà, peut faire une croix sur plusieurs régions, à commencer par le Poitou-Charentes, fief du Premier ministre dont le basculement prévisible en faveur du PS, est un camouflet personnel pour M. Raffarin".
“Ouest France” : "Un vote sanction envers le gouvernement"
"Jean-Paul Delevoye, Renaud Muselier, Hervé Gaymard et, par procuration, Jean-Pierre Raffarin sortent très affaiblis par les résultats du premier tour. Jean-François Copé et Xavier Darcos tirent leur épingle du jeu. Mais, globalement, ce premier tour manifeste un vote sanction envers le gouvernement après deux ans de pouvoir. Il n’a pu empêcher une nouvelle augmentation des voix de l’extrême droite.
“Charente libre” : "Poitou-Charentes, le symbole d’une résistance à la politique gouvernementale"
"La mobilisation des électeurs relève sans doute d’un sursaut démocratique salutaire, mais elle répond surtout chez les électeurs de gauche, sonnés après la déroute de Jospin, à une volonté de sanctionner la politique nationale menée depuis deux ans par le gouvernement.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le score réalisé par Ségolène Royal en Poitou-Charentes, le fief de Jean-Pierre Raffarin pendant quatorze ans.
Face à l’héritière de Jean-Pierre Raffarin, une présidente qui est pourtant bien loin d’avoir démérité, Ségolène Royal a réussi le meilleur score d’un candidat de gauche en métropole en atteignant 46%.
Poitou-Charentes, devenu le symbole d’une résistance à la politique gouvernementale, a donné une véritable claque au gouvernement.
Les ministres candidats en mauvaise posture
19 ministres du gouvernement Raffarin se sont lancés dans la bataille des régionales et cantonales des 21 et 28 mars. Pour les régionales, nous allons nous intéresser aux membres du gouvernement qui conduisent une liste. Ils ont été aux premières loges pour subir de plein fouet le vote-sanction.
Dans les régions actuellement à droite, deux ministres sont têtes de listes. Ils connaissent des fortunes diverses : François Fillon (Pays de la Loire, 2ème 32,33% derrière la liste d’union conduite par Jacques Auxiette, 37,20%). Gilles de Robien (Picardie) est arrivé en tête avec 32% des suffrages. Il est talonné par la liste socialiste qui totalise 27% des voix, suivie par le PCF avec 11%, à noter le score très élevé du Front national (23%). Le deuxième tour ne sera pas de tout repos pour le ministre du Transport car on peut supposer que la gauche fera l’union tandis que le Front national se maintiendra, dans ce cas, la Région pourrait être perdue pour le gouvernement.
D’autres ministres sont têtes de liste dans des Régions dirigées par l’opposition au gouvernement. Dans le Nord-Pas de Calais, la liste conduite par Jean-Paul Delevoye est créditée de 17%. Très loin derrière celle du président socialiste sortant, Daniel Percheron (30%), le ministre est même devancé par le Front national (18%). Dans cette région, le PCF dépasse les 10%, les Verts atteignent 6%, et LO-LCR dépasse les 5%. Un deuxième tour très difficile en perspective pour le ministre de la Fonction publique.
En Aquitaine, le ministre délégué à l’Enseignement scolaire, Xavier Darcos, plafonne à 18%, il devance de justesse le président de l’UDF François Bayrou (16%), mais est largement distancé par la liste d’union de la gauche conduite par Alain Rousset (38,5%).
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’est le feu dans la maison UMP. Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Renaud Muselier, arrive en deuxième position avec 26%, très loin derrière la liste conduite par le président sortant Michel Vauzelle (35%). Un deuxième tour très chaud pour ce membre du gouvernement car l’extrême droite obtient 23%, et se maintiendra probablement pour le scrutin de dimanche prochain. Seul Jean-François Copé a peut-être une chance de remplir sa mission en Île-de-France. Avec près de 25% des suffrages, il pourra logiquement compter sur l’UDF (16,12%) pour que les soutiens de Raffarin puissent ravir la présidence de la Région à Jean-Paul Huchon (32%). Mais ce dernier aura sûrement l’appui de la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet (7,20%). Quant à celles et ceux qui ont voté pour la liste d’Arlette Laguiller (4%), ils n’apporteront sûrement pas leur voix à l’UMP-UDF.
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