Municipales : Liste “Saint-André Unie, Rassemblée, Libérée’

Saint-André : La voie « de la démocratie, de la justice et du développement »

25 février 2008

Eric Fruteau et ses 42 colistiers ont présenté leur liste samedi aux habitants de Saint-André réunis dans la salle Amourdom, à Ravine Creuse. Les opposants au maire UMP (tendance vakoa) n’ont jamais senti la victoire aussi proche. Ils appellent l’ensemble de Saint-andréens à se rassembler pour oser le changement et « refaire de Saint-André la première ville de l’Est ».

La liste “Saint-André unie, rassemblée, libérée” n’est pas la liste d’un parti, bien qu’elle soit conduite par Eric Fruteau, membre du PCR, mais d’un rassemblement municipal. Il faudrait presque dire une “insurrection” municipale, mais mûrie, réfléchie et dotée d’un programme construit collectivement. La réunion de samedi avait pour objet de présenter, devant environ 150 personnes, les candidats et leur programme.

Eric Fruteau a constitué une équipe qu’il présente comme « soudée, compétente et dynamique, intègre aussi ». Pour la plupart, ce sont des quadragénaires venus de différents secteurs d’activité - animateurs culturels, pédagogues, employés des administrations d’Etat ou des collectivités, beaucoup ont un lien avec la formation et l’emploi, ou le milieu associatif ; l’un est agriculteur à Dioré ; d’autres viennent des secteurs d’activité économique, de l’entreprise et de ses services ; le groupe le plus important est constitué d’une dizaine de personnes liées à l’Education. La liste compte aussi 7 retraités.

Changer le CCAS

Quelques-uns parmi eux ont pris la parole, soulignant un trait de leur engagement par rapport au programme collectif. Ghislaine Taïlamée, actuellement sans profession, a été conseillère municipale de 1995 à 2001 et, ayant mesuré l’impossibilité d’agir avec l’équipe en place dans le secteur social, qui lui tient le plus à cœur, elle a rejoint Eric Fruteau en s’engageant « à changer complètement le visage du CCAS », à le sortir du clientélisme et des distributions d’argent en période électorale, comme elles sont pratiquées en ce moment.

Elle a développé les aspects du programme relatif au développement humain, et en particulier à la solidarité, qui doit prévaloir partout - a-t-elle dit.

Non à la dilapidation du foncier

Patrice Pounoussamy a fait voir l’importance du soutien aux quelque 300 agriculteurs qui, à Saint-André, valorisent et entretiennent environ 2.000 hectares. Contre « la dilapidation du foncier » par l’actuelle municipalité, il a exprimé l’espoir de voir la nouvelle équipe soutenir l’agriculture par 4 mesures principales : la sauvegarde du périmètre irrigué, la bonne gestion (avec le Conseil général) du barrage d’irrigation, l’exploitation des terres en friche et l’élaboration, avec l’ensemble de la profession, d’une Charte de développement agricole.

Les enfants au centre du système éducatif

Viviane Soune-Seyne est directrice d’école et a axé son intervention sur la nécessité d’une « éducation partagée ». « Actuellement, les enfants ne sont pas prioritaires et les demandes faites à la mairie dans l’intérêt des enfants ne sont jamais prises en considération. Les cantines ne fonctionnent pas bien, elles sont trop petites et les enfants doivent attendre plusieurs services pour avoir des repas... pas bons », a-t-elle dit.

Dans l’équipe qu’elle a rejointe, et où les enseignants constituent près du quart, elle s’est engagée à « développer des relations de confiance avec tous. Nous travaillons pour les enfants qui sont les citoyens de demain ». Le programme en matière d’éducation prend en compte, notamment, le besoin de construction d’école et le soutien aux élèves en difficulté.

Pour un Office de l’environnement

Prosper Ponama a relevé, dans la partie du programme sur l’aménagement du territoire, les besoins en matière d’environnement, qui sont très importants à Saint-André. L’équipe prévoit la création d’un Office municipal de l’environnement qui aura pour fonction d’assurer « une gestion raisonnée de l’eau », une gestion optimale des déchets (en intercommunalité et sans incinérateur) et de mener à bien le projet d’endiguement de la Rivière du Mât. D’une façon générale, l’approche de la défense de l’environnement va consister en une « politique volontariste de correction des dérives », nombreuses en ce domaine.

Bannir les passe-droit, la violence et l’injustice

Cendrine Peignon, enseignante et syndicaliste a évoqué le retour à la démocratie et à un fonctionnement légal de la collectivité. L’équipe nouvelle aura beaucoup à faire pour instaurer un fonctionnement d’où seront bannis les « passe-droit, la violence et l’injustice », qui signent depuis 37 ans le “système Virapoullé”.

Ce rétablissement démocratique doit commencer par une gestion saine du personnel communal, enfin reconnu dans ses droits et ses qualifications. Fini (bientôt) le règne des employés communaux taillables et corvéables, à la merci des petits chefs qui s’imposent par la terreur. Ce sera le retour du droit, des conventions collectives, des commissions paritaires, des formations pour un travail « dans la sérénité » et pour un service public de qualité... et la transparence partout - a dit la syndicaliste, dont le mandat à la FSU-SNuep prend fin début mars.

Pour un Office municipal des sports

Patrice Boyer, enseignant, est aussi très impliqué dans le milieu associatif, avec la Fédération des œuvres laïques. Il a relevé dans le projet bâti par l’équipe les éléments de politique sportive et culturelle - un domaine particulièrement bafoué et ignoré par « 37 ans de monarchie et d’incompétence », parce que c’est un domaine « porteur de valeurs qui unissent, rassemblent, donnent de la force et de la fierté ». Pas étonnant qu’il ait été « complètement négligé par quelqu’un dont le seul projet est de diviser pour mieux régner ». Là encore, beaucoup de changements en perspective, dans le but de redonner à Saint-André « sa fierté et sa dignité ».

Oui au tram-train

Robert Nativel est candidat dans le 3ème canton de Saint-André, avec M-Joëlle Patiram pour suppléante. Ils sont tous deux présents sur la liste, pour un soutien à la nouvelle politique municipale. Robert Nativel s’engage en particulier à soutenir les projets d’aménagement du territoire, d’environnement, l’animation du centre-ville, le transport et les déplacements.

« Oui au tram-train », disent-ils tous avec Eric Fruteau, qui a donné dans son intervention un écho particulier à cet engagement, la première des 6 priorités de la mandature.

Michèle Canaguy, enseignante, a développé l’importance de la vie associative et de la vie des quartiers, dans une démocratie rafraîchie. La création d’une Maison des Associations devrait à la fois soutenir l’activité des associations de la ville, leur permettre de mutualiser leurs moyens et œuvrer au renforcement du tissu associatif par la création d’emplois.

« Sous le signe du retour à la démocratie »

Toutes ces interventions ont fait apparaître le dynamisme de l’équipe : ceux et celles qui accompagnent Eric Fruteau le font parce qu’ils aiment leur ville et qu’ils ne supportent plus de la voir dans cet état de délabrement.

Présenté à son tour par Joe Bédier, qui avait introduit la réunion en la plaçant « sous le signe du retour à la démocratie », Eric Fruteau a axé son intervention sur les priorités du mandat, les qualités de son équipe et ce qu’il en attendait, au service d’une population qui sera de 60.000 habitants d’ici 15-20 ans. Le candidat a donc insisté sur l’enjeu « pas seulement local » des prochaines élections. Appelant les électeurs à « donner un signal fort à tous ceux qui défendent une vision libérale inadaptée à la situation réunionnaise », il a désigné le maire sortant comme « le premier des sarkozystes ».

L’équipe, sous sa conduite, s’engage à travailler pour l’intérêt général des Saint-andréens, sur une base de « beaucoup d’écoute », qui a déjà permis de dégager les priorités soumises au jugement des électeurs. « Ecouter, entendre, entreprendre » est la méthode retenue pour l’action de cette nouvelle équipe.

Plus que jamais, cette équipe croit en ses chances. « Ça sent la fin de règne », entend-on dire partout à Saint-André. Le maire sortant a commis cette fois-ci de lourdes erreurs, induites par son propre système de gouvernance dont certains éléments entrent en contradiction les uns avec les autres. C’est ce qui se passe quand une politique n’est régie par aucun principe, guidée par aucune vision globale. Les Saint-andréens sont nombreux à espérer que, cette fois, ce sera vraiment la fin... La fin de la gestion privée, familiale et népotique, de la démagogie et des insultes inhérentes à une gestion coloniale et brouillonne. Enfin, la démocratie...

P. David


Quatre priorités pour « sortir Saint-André de son isolement »

1/ L’Aménagement du territoire veut refaire de Saint-André la première ville de l’Est, moderniser les déplacements urbains, rétablir le droit au logement pour tous et relever le défi de l’Environnement ;

2/ Le développement économique, comme 2ème priorité, passe par la dynamisation du tissu économique. Active depuis l’an dernier, la Zone franche urbaine reste « peu attractive », constate Eric Fruteau, et plus d’un tiers de la population active est au chômage. Une partie du programme concerne le soutien aux entreprises (création d’un annuaire), la démocratisation de la Maison de l’Emploi et l’amélioration de l’accès aux structures d’insertion. La suite parle du soutien à l’agriculture et de la filière touristique, dont les atouts peuvent être beaucoup mieux valorisés.

3/ L’épanouissement humain recherché passe par une vraie politique de solidarité, la mise en œuvre d’une « éducation partagée » - qui suppose plus de justice dans la politique scolaire et plus d’attention aux enfants -, l’intégration des jeunes par le sport et la culture et la restauration de la sécurité par une politique de prévention et, entre autres, par la modernisation des moyens de la Police municipale et de ceux des pompiers.

4/ Pour le rétablissement de la démocratie locale, les candidats prévoient des Conseils de quartiers et la création d’un « Conseil des sages », le rétablissement du droit dans le fonctionnement municipal (notamment pour la gestion du personnel et l’organisation des services) et une politique associative donnant plus de vie dans les quartiers.

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