Elections

Saint-André : Un entre-deux tours mouvementé

Elections municipales

Témoignages.re / 15 mars 2008

Demain, ce sera aux Saint-Andréens de choisir. Les deux candidats arrivent en bout de course, cette semaine a été mise à profit pour convaincre les abstentionnistes. Pour Eric Fruteau, il s’agit de confirmer la tendance, pour Jean-Paul Virapoullé de l’inverser. Retour sur cette semaine de l’entre-deux tours.

L’évènement de ce premier tour vient de Saint-André. Dimanche, les électeurs auront le choix entre la liste de Jean-Paul Virapoullé et celle d’Eric Fruteau : le choix de la continuité ou de la rupture. Pour convaincre les indécis, chaque équipe s’est démenée cette semaine sur le terrain et dans les médias. Mais que peut-on retenir de l’attitude des candidats ? Certes, l’un est en position de force avec ses 48,39% de voix tandis que l’autre n’a obtenu que 40,30%. Cependant, l’entre-deux tours a agi tel un révélateur des lignes de conduite des candidats. Résumé de cette semaine déterminante.

Les erreurs du maire sortant

Le soir du premier tour, la surprise est grande pour le maire sortant. Sa première réaction consiste à mettre en garde la population. Si les Saint-Andréens veulent élire Eric Fruteau, qu’il le fasse, mais alors ils devront payer les pots cassés au bout des six ans de mandat. Jean-Paul Virapoullé joue sur la peur. Mais il ne peut refuser la réalité des urnes. Il interprète donc les résultats du premier tour comme un “avertissement” et dit avoir compris la population. Mais qu’a-t-il compris véritablement ? L’éviction de son premier adjoint Serge Camatchy et des autres fidèles au profit de son fils Jean-Marie Virapoullé, la mauvaise gestion des employés communaux... Voilà les erreurs, expliquait-il face aux médias. Bref, il n’évoquait que la partie émergée de l’iceberg, dont la première est une erreur stratégique. Il le sait, mais il ne le dit pas : le malaise est beaucoup plus profond au sein de la commune. Il évite tout simplement d’aborder au grand jour les vrais problèmes.

Éviter le débat

Au chapitre des erreurs commises, Jean-Paul Virapoullé reviendra avec subtilité sur ses premières déclarations. Tout est dans la nuance. Serge Camatchy, explique-t-il, a mal compris. Il n’avait pas l’intention de se séparer du premier adjoint de Saint-André mais de lui proposer la fonction de second adjoint... avec toutes les délégations du premier. Pour les employés communaux, il reconnaît une gestion trop rigide, mais il en attribue la responsabilité à la DRH. Il promet de la remplacer.
Après les repentances, le maire sortant prépare la riposte. Eric Fruteau est « un petit dictateur », « arrogant », « qui n’a pas de programme ». Au lieu de commenter les projets de son adversaire, il les rejette en bloc, pire il affirme qu’ils sont inexistants. Rien de plus facile pour refuser le débat. Cette attitude se confirme au rendez-vous télévisé qui l’oppose à Eric Fruteau sur Antenne Réunion. Pour faire plus court, il refuse le débat suivant, prévu vendredi matin sur les ondes de Radio Réunion.

Les précieux abstentionnistes

Pour attirer les abstentionnistes, tous les moyens sont bons. Comme par magie, les routes de Saint-André sont en plein travaux, les emplois verts très actifs. Dans cet entre-deux tours, le maire sortant accepte même la main tendue d’un comité de socialistes en colère. Il le promet, s’il est élu, ils seront associés aux commissions municipales. Ces colistiers d’Emmanuel Sériacaroupin n’ont pas digéré le désistement républicain en faveur d’Eric Fruteau. Jean-Paul Virapoullé tente alors de tirer la couverture à lui. Tous les soutiens sont les bienvenus.
Pas de tractations de ce genre du côté d’Eric Fruteau. Au soir du premier tour, son équipe prend le temps de la réflexion. La décision est prise de ne pas désunir une liste soudée, et qui a réussi à passer le cap du premier tour. L’objectif d’une liste de rassemblement a été atteint. Toute la semaine sera consacrée aux rencontres avec la population, et surtout les abstentionnistes.

EP


Tous les moyens sont bons pour Virapoullé

Le maire de Saint-André brûle ses dernières cartouches. Il a trouvé des "socialistes" pour le soutenir. De compromis en compromissions, contre la promesse de siéger dans des commissions, certains se sont laissés tenter. Où est la politique dans tout ça ?
Et dans les rues de Saint-André a surgi un tract plein de calomnies et d’insultes. Étrangement, comme le souligne plusieurs observateurs, ce papier signé de "camarades de section socialiste de Saint-André", reprend mot pour mot le discours du sénateur-maire Virapoullé. Bizarre-bizarre.
Cerise sur le gâteau, ce tract est distribué non pas par ces "socialistes", mais par des sympathisants de Monsieur Virapoullé. On n’est jamais mieux servi que par ses obligés.
Ce tract sous inspiration virapoullienne est significatif du niveau très bas où sont tombés ces personnages qui s’attaquent à une personne, plutôt qu’à ses idées... Où l’insulte remplace de débat d’idées et de programmes.