Elections

Tout le monde doit travailler ensemble

Elections : Le message de l’expression populaire

Manuel Marchal / 3 avril 2008

Les 9 et 16 mars, le peuple a voté, il est souverain. Il n’a pas donné la majorité à un seul parti. Le message est donc clair : tout le monde doit travailler ensemble pour trouver des réponses aux préoccupations de la population.

Les dernières élections ont abouti à un résultat clair : le peuple oblige les partis à s’entendre pour gérer La Réunion. Il n’a pas donné une majorité à un seul parti. La composition du Conseil Général découle de l’expression de la volonté populaire. Elle résulte également de l’expérience des citoyens. Ils ont vécu les alternances au Conseil Général, et ils ont constaté qu’elles n’ont pas permis de résoudre les problèmes.
Face à ce résultat, certains ont eu une interprétation réductrice. Ils ont voulu créer une majorité artificielle en excluant les autres. Ces élus allaient à l’encontre de la volonté populaire. Cette stratégie a lamentablement échoué.
La question est donc simple : veut-on oui ou non respecter l’expression démocratique ?
Travailler ensemble, c’est un apprentissage qui repose sur une éducation politique. Lorsque l’on a été éduqué à défendre sa chapelle contre les autres, cet apprentissage est plus difficile.
C’est dans ce contexte qu’intervient dans le débat la lettre de Mgr. Gilbert Aubry. Si cette prise de position est celle d’un citoyen, alors il faut avoir à l’esprit qu’un récent sondage souligne que 86% des Réunionnais soutiennent la démarche de rassemblement qui s’est opérée au Conseil général, contre 6% qui la rejettent. Ce sondage corrobore le résultat des élections.
Dans ce cas, pourquoi parler de mollesse ? L’essentiel est de respecter la volonté populaire. Souvenons-nous qu’il y a plus d’une vingtaine d’années, c’est l’administration soutenue par l’Église qui faisait le résultat des scrutins. Les 9 et 16 mars, malgré des cas de fraude constatés, le peuple a pu obtenir un résultat conforme à ses aspirations.
Si c’est l’homme d’Église qui s’exprime, alors ce point de vue entre en contradiction avec l’œcuménisme et les appels au dialogue qui sont habituellement invoqués. Comment, dans ces conditions, peut-on critiquer des élus qui veulent travailler ensemble ? A moins de considérer que les étiquettes sont immuables.
La finalité, n’est-ce pas pourtant l’unité du peuple réunionnais ?
C’est ce message d’unité que les Réunionnais ont mis en avant lors des élections en obligeant les partis politiques à mettre de côté leurs étiquettes et à travailler ensemble pour relever les défis.

Manuel Marchal