Elections

Trois-Bassins : De grands projets solidaires et des priorités

Témoignages.re / 22 mars 2008

Le Conseil municipal de Trois-Bassins s’est réuni hier matin pour élire le maire et le bureau municipal. Roland Ramakistin, élu a l’unanimité de la majorité municipale moins 1 absent et les 6 abstentions de l’opposition, a donné dans son discours d’investiture, les grandes lignes d’un mandat placé sous le signe de la solidarité et de la modernité.

Réuni à 9 h le matin du vendredi saint, le Conseil municipal de 29 conseillers était presque complet : 22 membres de la majorité et les 6 conseillers de la liste conduite par l’ancien maire, Pierre Heideger, ont procédé à l’élection du maire. L’unique candidat, Roland Ramakistin, a été élu au scrutin secret par 22 voix et 6 abstentions. Agé de 57 ans, le nouveau maire est un ancien instituteur, à la retraite depuis 2 ans.
Après l’écharpe républicaine, le maire a reçu un collier de fleurs, selon la tradition indienne. Puis, après quelques mots de remerciements, les conseillers ont entamé le vote pour l’élection des 8 adjoints, lorsqu’un burlesque porteur de perruque, surgi de nulle part, a interrompu le processus électif pour coller à l’oreille du maire un téléphone portable, avec sommation de s’exprimer en direct sur une radio privée (voir encadré). La scène n’a duré que quelques secondes, mais elle a laissé sans voix le public massé en nombre dans la salle du Conseil municipal, dans le hall et sur le parvis de la mairie, où des écrans retransmettaient la séance.
Le vote fini, 8 membres de la majorité d’union ont ceint l’écharpe tricolore : Philippe Fontaine (1er adjoint) ; Hubert Villedieu (2e adjoint) ; Christine Lagourde (3e adjoint) ; Fabien Aure (4e adjoint) ; Micheline Jard (5e adjointe) ; Kelly Aure (6e adjointe) ; Jude Virama-Ercama (7e adjoint) et Françoise Rivière (8e adjointe). Parmi les adjoints, le 4e est issu de la liste de Franck Aly, un des candidats avec lesquels l’union s’est faite au second tour.
Devant la mairie, plusieurs banderoles déployées tentaient de panser les plaies d’une campagne électorale marquée de quelques dérapages malheureux : “Halte au racisme ! La réussite n’a pas de couleur ! La Réunion couleur du monde”... Et aussi “Nou lé pa plis, nou lé pa moins, respèkt anou”, discret clin d’œil à Laurent Vergès, qui était, à sa mort, en 1988, le député de la circonscription.
Dans le discours d’investiture qui a suivi, le maire, Roland Ramakistin, a renouvelé ses remerciements aux électeurs, tant ceux qui l’ont porté à la mairie que ceux de l’opposition, avant de tracer les lignes de force de quelques grands projets auxquels son équipe va se dédier pendant les 6 prochaines années. En premier lieu, des projets d’aménagement du territoire : pour le désenclavement et le développement économique de ce bourg des Hauts de l’Ouest ; pour l’aménagement touristique du littoral et la constitution de réserves foncières utiles à l’installation des infrastructures créatrices d’emplois. L’“avenir énergétique” de Trois-Bassins est une autre priorité de cette mandature, avec le projet d’utiliser au mieux l’énergie solaire. Un autre grand projet, que les élus de Trois-Bassins espèrent mener à bien avec le soutien du TCO et de la Région, est l’aménagement d’une zone balnéaire visant à « combler la rupture entre La Saline les bains et Saint-Leu » : elle serait confiée à une SEM d’aménagement et pourrait donner lieu à un Partenariat public/privé (PPP) à la hauteur de l’engagement nécessaire.
La nouvelle municipalité a également des projets pour dynamiser la Zone artisanale, en travaillant avec la Chambre de Métiers et la Région à l’installation d’un futur Centre de formation aux Métiers d’art ; l’agro-tourisme, la politique sportive et une politique du logement conséquente font également partie des priorités de cette mandature pour la ville de Trois-Bassins. Ce programme a reçu les vœux et les encouragements de l’opposition, par la voix de Pierre Heideger.

P. David



Radio Freedom : déni de démocratie, caricature de journalisme

Pour couper court à toute désinformation, disons d’abord que nous n’avons absolument rien contre les travestis, mais il y a des scènes pour les recevoir et des publics appropriés pour les applaudir.
Que faisait ce personnage à perruque qui se fait appeler Leïla au beau milieu du Conseil municipal de Trois-Bassins, vendredi matin ? Perturbant le cours de l’élection du Conseil, au mépris de l’exercice démocratique et du public présent, il était là pour arracher au nouveau maire une improvisation chuchotée dans un combiné téléphonique.
Soudain, un flottement et un vague brouhaha se sont installés. Les gens se sont demandé pourquoi ils n’entendaient plus le maire faire l’appel des votants. Il était “kidnappé” par Freedom dans un de ces “directs” d’opérette dont la radio privée est coutumière. Puis la Leïla est retournée à son néant, les méninges réfugiées dans ses talons aiguilles. Information, degré zéro. Rien à l’antenne sur les thèmes du discours d’investiture. Deux journalistes ont quitté la salle du Conseil municipal, après cette mascarade, pour marquer leur désapprobation.
Y a-t-il encore quelqu’un, à Freedom, pour se souvenir que cette caricature de journalisme, ce déni de démocratie sont une honte pour ceux qui se sont battus en 1991 pour donner vie à ce moyen d’expression ? Freedom a-t-il encore les noms de ceux qui sont morts à Saint-Denis pour qu’il existe ?