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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
École de musique en sursis
17 janvier 2006

Allez comprendre : alors que l’école de musique de Saint-André figure parmi les plus dynamiques de l’île, elle risque fort de disparaître, suite à des antécédents calamiteux, mais également faute de subventions municipales, en deçà des besoins réels.
Depuis l’année 2004, l’équipe dirigeante tirait la sonnette d’alarme. L’école de musique de Saint-André, gérée par l’Association cultures expressions océan Indien (ACEOI), a en effet dû faire face à des problèmes divers, dont entre autres un procès perdu contre un ex-salarié et la perte de subventions. Chaque année, le déficit se creuse de plus en plus, au grand dam des futurs musiciens et de l’équipe enseignante. Aujourd’hui, l’école s’essouffle, malgré la présence de 320 élèves dans ses murs. Pour dire, l’école décline chaque année une centaine de demandes d’inscription. On connaît par ailleurs son potentiel (15 disciplines dont 12 instrumentales) et sa notoriété, notamment à travers son orchestre philharmonique d’accordéon, l’orchestre Polyphonia. Plus cela, elle réalise depuis maintenant 5 ans des interventions d’éveil musical dans les écoles de Saint-André et de Salazie, sensibilisant quelque 2.000 élèves dans les 2 communes. Malgré cela, on craint fort de voir fermer cet outil pédagogique d’ici 3 mois, si personne n’intervient rapidement.
50.000 euros d’aide exceptionnelle
Pourtant, à regarder les caisses de l’association, on note depuis 2001 des difficultés financières, catastrophiques pour le devenir de l’école. À la fin 2004, l’association enregistrait un déficit annuel de 64.320 euros. Et malgré l’intervention de la nouvelle équipe dirigeante, à la gestion depuis mars 2005, qui avait quelque peu réussi à redresser la barre, la situation reste périlleuse. Cela ne s’est fait que grâce à l’esprit de sacrifice des enseignants, qui ont accepté de bloquer les salaires jusqu’à l’amélioration de la situation. L’effectif est par ailleurs passé de 35 enseignants à 17, limitant ainsi les frais de fonctionnement. Les parents d’élèves doivent, eux, supporter une augmentation des cotisations de l’ordre de 10%, soit aujourd’hui des cotisations fixées à 552 euros. Ce n’est malheureusement pas cela qui va aider l’école à continuer de manière pérenne ses activités. Aujourd’hui, elle interpelle les collectivités, et notamment la mairie de Saint-André, afin de bénéficier d’une aide exceptionnelle de 50.000 euros, cela en plus de ses 125.000 euros de subventions annuelles provenant de la municipalité. Jean-Paul Virapoullé a été directement interpellé par le président de l’ACEOI, Marc Papailhou.
À qui la faute ?
Certes la mairie devrait intervenir au plus vite, ce qui n’est sûrement pas le cas. La Direction actuelle pointe du doigt les anciens dirigeants qui se sont laissés tour à tour embourber dans les dossiers. La mairie - faut-il s’étonner - n’a jamais réévalué les besoins de l’association, en termes de charges salariales et des frais de fonctionnement. « Parole, des paroles, que des paroles », dit la chanson. C’est peu dire. Il y en a eu des promesses, mais sont-elles tenues ? À se demander si l’on veut réellement sauver cette école, qui rappelons-le encadre cette année 320 musiciens en herbe. Non, la mairie défend un plus gros dossier, celui d’une école de danse qui nécessite un investissement de 748.500 euros, pour une quarantaine d’élèves seulement inscrits. Faut-il rappeler que dans les disciplines dispensées par l’école de musique de Saint-André figure un atelier de danse qui ne démérite pas !
Yvon Virapin, conseiller général et régional, très proche du dossier, note que cette école est subventionnée par la Région Réunion, et de préciser que « le Conseil régional a joué son rôle, en versant les subventions à cette école, comme elle le fait pour toutes les écoles de La Réunion ». Il observe toutefois que « la mairie de Saint-André vote des subventions qu’elle ne verse pas forcément ». « J’estime que ce n’est pas la seule association qui souffre du manque de considération communale », déclare-t-il.
Bbj
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