Plainte contre la mairie de Saint-André

Soupçon de détournement de fonds publics

23 mai 2006

L’association Momon Papa Léla a porté plainte contre la mairie de Saint-André. Patrick Savatier, porte-parole de l’association, a été entendu le 16 mai dernier dans le cadre d’une procédure d’enquête préliminaire. le sénateur-maire de Saint-André s’illustre par son mutisme.

"Je ne me présente pas aux élections municipales prochaines, mais il faut du changement. Si ça intéresse des gens, qu’ils se présentent", déclare d’emblée Patrick Savatier. Et celui-ci de poursuivre : "nous voulons simplement démontrer publiquement qu’il faut cesser d’avoir peur, et faire respecter les lois de la république". D’après Patrick Savatier, Jean-Paul Virapoullé ainsi que son fils Jean-Marie, conseiller général et président de la CIREST, seraient soupçonnés d’utiliser des fonds publics pour assurer leur propagande politique. "Nous considérons que ces revues et journaux sont fabriqués par des fonds publics, qu’il n’y a pas a priori de décisions du Conseil municipal quant à l’attribution et à la dépense de ces fonds, et qu’il s’agit plus ou moins d’une propagande, et non d’un magazine d’information (...) On considère qu’il s’agit d’argent public utilisé à des fins personnelles et dans le cadre d’une campagne électorale permanente", déclarait Patrick Savatier aux militaires qui l’interrogeaient. Les revues mises en cause ? "Le Saint-André" né en juillet 2005, "Le P’tit Saint-André" pour les écoliers saint-andréens et la revue sportive "Lastik" qui paraissent tous les 2 ce mois-ci, sont distribuées à 18.000 exemplaires. Pour l’heure, Jean-Paul Virapoullé n’a pas souhaité répondre à nos questions, alors que les membres de l’association Momon Papa Léla souhaitent une enquête pour établir quelles sont les critères d’attribution de marché. "On peut se poser des questions sur les sources de financements de ces magazines, sur le budget consenti à cette publication, voire qui profite de la publication, car nous ne voyons pas qui les édite", indiquait par ailleurs Patrick Savatier.

La loi du silence !

Ladite plainte de l’association Momon Papa Léla est accompagnée par ailleurs d’une lettre anonyme, qui fait état de supposées malversations au sein de la majorité municipale. Avec toutes les précautions que l’on peut prendre quand il s’agit d’une lettre anonyme, l’association Momon Papa Léla met donc ce lourd dossier entre les mains de la justice, afin que la lumière soit faite. D’autant que l’association Momon Papa Léla n’a pas manqué de préciser lors du dépôt de sa plainte les curieuses propositions de Jean-Paul Virapoullé. Notre journal vous en informait, il y a quelques mois de cela. Il semble que le sénateur-maire de Saint-André entretient des relations pour le moins curieuses avec le tissu associatif de la ville. D’ailleurs, la convention cadre qu’il aurait proposé à l’association à but non lucratif donne à penser que le maire chercherait à acheter le silence de ceux qui se battent pour de meilleures conditions de vie à Saint-André. "À Saint-André, on tient les gens par des promesses de logements, des promesses d’emplois. Les gens ont peur de ce genre de choses-là", s’insurge Patrick Savatier. Espérons que la justice fera toute la lumière sur ces différents sujets. Affaires à suivre donc.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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