Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Trois points de suspension...
7 décembre 2006

Après les nouvelles boissons sucrées et alcoolisées, voici les cigarettes rose et marron, parfumées à la vanille et au chocolat, pour “amarrer” une nouvelle génération de jeunes clients.
Quand le pouvoir économique prévaut sur la santé publique, c’est indécent, ignoble et immoral.
A quelque mois de l’application stricte de la loi Evin, la chose trouve une actualité douteuse. Pourtant, la France a une longue histoire d’interdictions, avec un fil rouge : ta liberté s’arrête là où commence celle des autres. Empêcher un tiers de nuire à son prochain est une base solidement compréhensible. Empêcher légalement quelqu’un de se nuire à lui-même est déjà une autre démarche.
Ainsi, il y a quelques décennies, l’obligation de mettre sa ceinture ou de porter un casque participait de ce principe révolutionnaire : la loi vous protège de vous-même, et vous prive par conséquent de votre liberté de prendre des risques pour vous-même.
Alors, et pour le tabac ?
Eh bien c’est différent.
N’importe qui, et quel que soit son âge, a le droit de préparer son futur cancer, mais ne peut polluer son voisin avec sa fumée.
Ce bon sens législatif est battu en brèche par la lâcheté des parlementaires qui ne veulent pas se mettre à dos le puissant syndicat des cafetiers-restaurateurs et par le recul du gouvernement qui préfère attendre courageusement la fin des élections.
D’ici là, on aura quelques milliers de fumeurs (actifs ou passifs) en phase terminale et autant de nouveaux comportements addictifs.
Aucun argument n’est recevable pour tolérer cette couardise institutionnelle, surtout pas celui qui consisterait à écouter les propriétaires de restaurants ou de boîtes de nuit disant qu’ils perdront du chiffre d’affaires.
On en serait à imaginer des manifestants venir sur les marches de la Région brandir des banderoles « VOS CANCERS SONT NOS EMPLOIS », réclamer une subvention compensatoire en expliquant que c’est avec le revenu du tabac qu’on soigne les malades.
Entre l’industrie et la santé publique, entre le business et la morale, le Politique doit occuper légitimement et fermement toute sa place pour obtenir que la santé de nos enfants prime l’action boursière des riches tabatiers.
Quant à moi, je retournerai dans certains bons restaurants parce qu’on n’y fume plus, et j’irai peut-être à nouveau en boîtes de nuit si on n’y respire plus cette puanteur mortelle.
Emmanuel Lemagnen
Nos peines
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