Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Trois points de suspension D’Emmanuel Lemagnen
3 mai 2007

Quelques jours avant le premier tour, je l’ai reçue, petit bout de bristol bleu blanc rouge plié en deux.
Première page ; un rappel : « voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ». Bon, ça mange pas de pain.
Deuxième page ; mes civilités, adresse, date de naissance et lieu de vote. En bas, à la rubrique signature du maire, un blanc.
Troisième page ; signature du titulaire.
Quatrième page enfin ; des emplacements pour émarger douze scrutins de suite et deux remarques : les électeurs d’une commune de plus de 5.000 habitants doivent se munir d’un titre d’identité, et la présente carte remplace la précédente.
Sachant que la présentation de la carte d’électeur n’est pas obligatoire pour aller voter, à quoi sert-il d’en avoir une ?
En plus, avant chaque élection, c’est toujours le gros bordel. Certains la reçoivent, d’autre pas, mais elle est à votre disposition (parfois) le jour du vote. Vous pouvez donc la réclamer, allongeant la queue des impatients, donnant un peu de boulot à un assesseur qui vous remettra un papier dont vous n’avez pas forcément besoin.
Je la tiens en main. Peut-être que la seule chose qu’elle me procure, c’est un léger sentiment de fierté citoyenne. Elle prolonge mon ego de quelques millimètres, comme les séminaristes dans un hôtel ou les exposants dans un Salon qui arborent leur badge sensé les mettre un peu au-dessus du client ordinaire.
Dans de grands moments de colère républicaine, certains même la déchireront devant la presse ou la renverront à leur maire, croyant faire montre d’un courage aussi dramatique que définitif, mais ne faisant en réalité qu’uriner dans un instrument à corde.
Déchirer son livret de famille n’a jamais empêché quelqu’un de faire des mômes.
Si la réforme de l’administration persévère dans sa volonté de simplifier certaines procédures, la suppression d’un document peu utile et pas indispensable, mais tiré à des dizaines de millions d’exemplaires, devrait économiser le temps de travail de certains fonctionnaires... et surtout de nombreux arbres.
Emmanuel Lemagnen
Nos peines
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