Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Réflexions de Marie-Pierre Hoarau
12 décembre 2006

Depuis le début de l’année, les médias ont décidé de sortir Ségolène Royal de l’ombre, une mi-ombre, dirons-nous, puisqu’elle n’en est pas à ses premières fonctions politiques mais c’était comme si, tout d’un coup, les Français, la découvraient. Les médias et probablement son compagnon décident de la mettre sous les feux de la rampe et du même coup, sous les critiques les plus acerbes. Les photographes eux, sont comblés : son sourire toujours éclatant éclaire leurs clichés. J’espère que ce sourire éclaire aussi les esprits. De l’autre côté, nous avons le “petit Nicolas*”, teigneux, aboyeur, qui lui s’est imposé aux médias avec ses propos fracassants.
Dans l’état actuel des évènements et pour moi, entre Ségo et Sarko, il n’y a photo !
2006 s’est écoulée, ponctuée par les péripéties de ces deux personnalités qui, jour après jour, se rapprochent un peu plus de l’Élysée. Ségolène et Sarkozy doivent d’abord convaincre parmi les leurs avant de pouvoir convaincre les Français et nous avons pu constater que la chose ne fut pas aisée pour la dame. Chacun pensait que les ténors socialistes n’en feraient qu’une bouchée. « L’Europe, elle n’y connaît rien ? Et la politique étrangère ? Et l’économie ?... » Qu’à cela ne tienne, les militants ont choisi Ségolène et les derniers sondages la créditent de + de 30% d’intention de vote au premier tour de l’élection présidentielle.
Le tour des femmes a peut-être sonné en France comme un peu partout dans le monde. L’idée qu’une femme française puisse briguer aux plus hautes investitures est une idée qui fait son chemin et qui semble arriver à maturité. Les femmes veulent-elles vraiment pénétrer le monde politique, sanctuaire, jusqu’alors réservé aux initiés, c’est à dire aux hommes ? Et si les femmes devenaient indispensables aussi en politique ? (Elles le sont déjà à la maison, au bureau, n’est-ce pas messieurs ?)
On peut penser que la femme étant différente dans sa complémentarité avec l’homme, sa manière de faire de la politique est forcément différente et sa manière de diriger un pays le sera aussi. Et si c’était cela que les Français recherchaient : un chef d’État proche de leurs préoccupations, un chef d’État accessible. On le dit, une femme est plus à l’écoute, plus empathique, plus altruiste. Et si les Français avaient besoin d’un peu de sollicitude dans ce quotidien habité par le mal-être du chômage, le mal-logement, les difficultés d’intégration... Et si Ségolène incarnait ces possibles dans ce monde tumultueux où l’avenir est source d’angoisse pour tout le monde. Nicolas Sarkozy parle de rupture tranquille (c’est bien la première fois que je suis d’accord avec “Le petit Nicolas”) et je trouve que ce concept trouve écho dans le fait qu’une femme, puisse être Président de la République. J’ai lu que l’on voyait Ségolène comme une Madone ! Là, je dis attention, je conçois qu’elle peut avoir le sourire d’une Madone mais elle ne fera pas de miracles... Que ce soit Ségolène ou “Mam”, ou Marie- Georges Buffet... il ne faudra pas attendre de “cette” chef d’État plus que ce que nous attendons des hommes politiques, en général. Elles devront être meilleures, elles le savent, mais elles auront droit à l’erreur elles aussi, des erreurs comme source de progrès et non comme motif d’incompétence.
*“Le petit Nicolas”, Sempé et Goscinny
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