Les questions du temps présent
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Racisme : Comité de soutien à Patrick Marouvin
5 juin 2004

Victime de violence policière le mois dernier, dans la nuit du 9 au 10 mai, Patrick Marouvin (Français d’origine réunionnaise, 34 ans, steward) est toujours privé de l’usage de ses jambes. Le Réunionnais est encore dans un état physique et moral préoccupant, suite aux coups qu’il a reçus à la sortie d’un métro parisien.
Marc Kichenapanaïdou et le docteur Max Rallon ont été sollicités par la victime, pour que soit constitué un comité de soutien. Aujourd’hui, ne pouvant travailler, et dépourvu de Sécurité sociale (la compagnie aérienne qui l’embauche est anglaise), il se retrouve sans un sou. Le comité de soutien pour Patrick Marouvin cherche donc à le soutenir, moralement et financièrement, dans cette dramatique histoire (1).
Marc Kichenapanaïdou, président du GRAHTER (Groupe de recherche sur l’archéologie et l’Histoire de la terre réunionnaise), se préoccupe de ce racisme persistant qui affecte tout individu affichant une "différence". Noir, musulman, handicapé, et alors ? Père de famille, il s’indigne de cette violence faite avant tout à des hommes, égaux en droit.
Le problème est qu’il s’agit, dans le cas de Patrick Marouvin, d’agents d’une institution servant à préserver l’ordre et la paix. La Police nationale, comme la Gendarmerie nationale, a un rôle à jouer dans notre société et nous ne pouvons nous en abstenir. "Ce serait l’anarchie", déclare le président du GRAHTER.
Toutefois, si nous nous devons de respecter "La Lwa", elle doit elle aussi s’y plier, en faisant preuve de respect envers tout individu, quelle que soit sa couleur, sa religion. D’ailleurs, il relevait "qu’aucun travail n’a été fait jusqu’à présent pour lutter contre le racisme, dans les services mêmes de l’État". Ce racisme existe.
Entouré par des citoyens de la société civile, du Swami Advayananda, d’Issop Banian et quelques politiques, dont le maire de Saint-Paul, Marc Kichenapanaïdou a constitué le Comité de l’Outre-mer contre le racisme, soutenu par Mgr Gilbert Aubry et la Ligue des droits de l’Homme, qui adressera ultérieurement un communiqué à la presse. Tous s’accordent à dire : de tels actes racistes sont inadmissibles, de surcroît par des policiers, toujours en fonction après les faits.
Deux avocats, les maîtres Sandrash Kichenin et Saïd Larifou, vont assister bénévolement ce comité de lutte contre la racisme et devraient être en contact avec l’avocat de Patrick Marouvin. "Nous sommes obligés de nous défendre. Nous ne demandons pas plus que d’être Français. Mais alors, nous devons être reconnus comme tels", poursuit Marc Kichenapanaïdou.
Quant à savoir pourquoi sectoriser l’action contre le racisme à l’Outre-mer, Alain Bénard répond qu’il se sent "plus responsable si c’est un Réunionnais". En effet, on vante les vertus de la mobilité, mais "nous devons garantir un certain nombre de sécurité", ajoute le maire de Saint-Paul. "Le problème est devant nous. Et il faut prendre la mesure du problème".
Il est vrai que bon nombre de jeunes sont attirés par la mobilité pour étudier, travailler et vivre à l’étranger. Mais il importe que leur nationalité "française et européenne" soit évidente aux yeux de tous... même sous le voile de la différence.
Marc Kichenapanaïdou déplore que la classe politique ne réagisse pas à ce fait divers dramatique. Peut-être est-ce mieux ? Ainsi, la société civile réunionnaise prend ses responsabilités, dans la lutte contre le racisme qui touche leurs enfants. Mais une lettre sera adressée aux cinq députés et trois sénateurs réunionnais. Une motion doit être soumise au Conseil général, lors de la prochaine séance plénière. Et, il semble logique que les politiques suivent le pas dans les jours à venir.
Joseph Marouvin, père de la victime, n’a pas pu s’exprimer, encore trop bouleversé par ce qui est arrivé à son fils. Il transmet ses remerciements à ceux qui soutiennent et continueront à soutenir son fils dans ces tribulations.
(1) Pour les dons, vous pouvez contacter Marc Kichenapanaïdou au 0262 29 97 07.
Bbj
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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