Longue vie au RSMA !

26 janvier 2007

Depuis 1965, date de création du 4ème Régiment du Service Militaire Adapté à La Réunion (RSMA), plus de 21.000 îliens ont été formés dans cette structure. Deux objectifs ont motivé une telle fondation. Il s’agissait premièrement de proposer aux jeunes en marge du système scolaire une formation professionnelle au cours du service national. Deuxièmement, il fallait aider les DOM à prendre leur élan. C’est ainsi qu’un certain nombre de travaux lourds a été entrepris par le RSMA.

Au fil des décennies, ces deux points ont connu des évolutions. Tout d’abord, avec l’amélioration considérable des conditions de vie, les gros travaux sont reservés au secteur privé du BTP. On laisse au RSMA des ouvrages moins conséquents.
L’école qui a été livrée à Aurère en 2005 constitue un bon exemple. Aucune entreprise privée n’était intéressée par la construction du bâtiment. Le RSMA s’en est chargé, hormis la charpente qui a été externalisée. D’autre part, avec la professionnalisation de l’armée décidée en 1995 par Jacques Chirac, le RSMA a été uniquement proposé aux volontaires.
Actuellement, ce service est ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans qui ont des difficultés sociales et/ou scolaires. Il y a 3 piliers : la formation militaire qui dure 1 mois ; la formation citoyenne qui est régulièrement proposée lors de cours pendant la semaine ; la formation professionnelle qui dure 10 mois et suivie d’une recherche d’emploi pendant 1 mois. En tout et pour tout, le service dure donc une année avec possibilité de prolongation exceptionnelle comme dans le cas du chikungunya. En effet, un certain nombre de volontaires ont servi à la démoustication sur les heures normalement allouées à la formation professionnelle. C’est pourquoi, ils ont eu la possibilité d’avoir des compléments de cours. A cet égard, le capitaine Ménudier et le colonel Loiacono n’ont pas tari d’éloges sur la participation des jeunes du régiment à la lutte contre l’aedes albopictus. D’ailleurs, 25 jeunes ont été ensuite embauchés par la DRASS pour continuer la lutte anti-vectorielle.

Le RSM : une seconde chance

La Réunion compte 3.000 jeunes qui sortent annuellement de l’école sans avoir de diplômes. Sur ce nombre, il y en a plus de 1.300 qui font un dossier pour le RSMA. 600 personnes sont prises et, du fait de l’érosion qui se produit au cours de la formation, il en reste 550. Selon le capitaine Ménudier, on peut expliquer les 10% de personnes qui ne finissent pas le RSMA par 3 raisons. Premièrement, il y a ceux qui viennent, volontaires et se rendent compte que cette formation n’est pas pour eux. Deuxièmement, il cite les personnes qui ont été poussées par leur entourage et qui, elles aussi, constatent qu’elles se sont trompées de porte. Enfin, il y a le cas des gens qui sont recrutés par des entrepreneurs avant même d’avoir fini leur formation.
Actuellement, la composition de l’effectif est encore largement masculine. Cependant, il y a 22% de filles, et cette part a tendance à augmenter. Celles-ci se trouvent principalement dans 2 filières : les garçons et serveuses de restaurant, les agents de prévention et de sécurité. Sur le plan des filières qui ont du succès, le capitaine Ménudier nous cite celles concernant le Bâtiment et les travaux publics. En revanche, le secteur de l’agriculture est moins prisé par les jeunes. Un autre domaine a, lui, directement souffert de la moindre activité touristique : la filière garçons et serveuses de restauration connaît moins de succès.
Au niveau des nombreux atouts du RSMA, on peut citer la préoccupation de la répartition du territoire. Le RSMA est en effet réparti sur 4 centres : Hell-Bourg, Bourg-Murat, Saint-Pierre et dans la capitale. Chaque point a ses spécialités professionnelles. En outre, un effort conséquent est fait sur les ressources humaines. Aux 550 volontaires du RSMA, il faut ajouter un encadrement qui atteint 450 personnes. Il faut ajouter à cela la possibilité d’obtenir le permis B. Selon le capitaine Ménudier, 12% des jeunes ont cette licence en entrant. Plus de 60% l’ont à la sortie. En outre, plusieurs dizaines ont également eu la possibilité de passer le permis Poids Lourd et d’autres celui pour les Transports en commun.
Quant à l’étranger, une quarantaine de volontaires partent chaque année pour une mission courte, soit dans les Terres australes françaises, soit à Madagascar. On peut d’ailleurs signaler que dans la Grande île, un accord de partenariat pour monter une réplique du SMA (Service militaire adapé) est envisagée par le Président Ravalomanana.
Le capitaine Ménudier souligne cependant le fait que la motivation est primordiale. En outre, si les 10% d’illettrés qui arrivent au RSMA accomplissent de grands progrès au cours de leur formation, il n’en demeure pas moins que les efforts au niveau de la maîtrise de la langue française restent un frein à leur employabilité. En ce sens, le centre de formation de Périgueux, qui reçoit les volontaires des différents SMA de l’Outre-mer, souligne que les élèves de l’île sont plus appliqués, plus travailleurs que leurs homologues des autres DOM ou TOM. Mais, ce sont eux aussi qui ont le plus de problème avec la maîtrise de la langue française, ce qui rebute beaucoup d’employeurs potentiels.


Un objectif prioritaire : l’insertion. Un moyen : la formation professionnelle et la citoyenneté

« Le RSMA, c’est à la fois l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE), l’Association de Formation Professionnelle des Adultes à la Réunion (AFPAR) et l’Education nationale », m’indique, dans une formule choc, le colonel Loiacono, qui s’occupe du RSMA à l’Ile de La Réunion. « Mais attention, dîtes-bien que je ne souhaite nullement faire de l’ombre à ces partenaires. Non. Ce que je veux dire, c’est que, quand un jeune entre au RSMA, il a la possibilité d’en sortir avec un diplôme : le Certificat de Formation Générale (CFG). Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Education nationale qui, à la fin de l’année, fait passer des concours à nos jeunes qui ont suivi des cours. 90% obtiennent le CFG. En outre, le jeune accède à une formation professionnelle. En ce sens, nous jouons le rôle d’AFPAR. Nous offrons pas moins de 21 formations. Enfin, la troisième préoccupation du RSMA, c’est l’insertion des jeunes. Ici, nous avons une facette ANPE. En ce domaine, nous avons 77% d’insertion des jeunes 6 mois après leur sortie du RSMA ».
Concrètement, cela signifie que sur 100 jeunes, la moitié trouve du travail dans les 6 mois, un quart réalise un complément de formation et le reste demeure dans une situation de recherche d’emploi.
Le colonel Loiacono salue ensuite l’engagement de la Région Réunion. En effet, lors du Document Unique de Programmation (DOCUP) 2000-2006, sorte de loi de finances européenne, le RSMA avait obtenu 30,4 millions d’euros au titre du Fonds Social Européen (FSE). Au cours des négociations sur le Programme Opérationnel Européen 2007-2013, qui remplace le DOCUP, la Région a exercé tout son poids pour que l’enveloppe allouée au RSMA demeure au même montant. C’est ainsi que, pour les 7 années qui viennent, le programme a reçu 31 millions d’euros de la part du FSE. Avec cet argent, il est possible de financer plus de 95% de la formation professionnelle réalisée au sein du RSMA. Selon le colonel, une telle confiance est le fruit de l’augmentation des résultats d’insertion des jeunes.

M.D.


Interview de Mme Darty

Pourquoi êtes-vous venue au RSMA ?

- Pour moi, c’était la dernière chance. Mon objectif professionnel est de contrôler les bagages à l’aéroport. Avec cette formation, j’ai plus de chances d’y arriver. Et puis, les formations privées pour devenir agent de douane sont chères. Ici, c’est gratuit et en plus, on est payé 300 euros par mois.

Comment s’est passé le premier mois ? Difficile ?

- Non, si on est motivé, il n’y a pas de problème.

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

- On se lève à 5h. On se douche, on prend le petit-déjeuner et puis on effectue les travaux d’entretien. Puis, on fait 1h30 de sport. Après, on enchaîne avec 7 heures de formation professionnelle entre le matin et l’après-midi. De 17h à 22h, on a le droit de sortir. Ce serait bien si, des fois, on avait le temps de rentrer plus tard le dimanche.

Vous effectuez quelle formation ici au RSMA ?

- Je suis les cours pour devenir Agent de Prévention et de Sécurité (APS). La formation est bien, mais je regrette qu’on ne puisse pas passer le CAP d’APS.

Quel est votre projet professionnel futur immédiat ?

- Je compte suivre une formation de douanier à Saint-Pierre.

L’ambiance est-elle bonne ?

- Oui, mais je regrette qu’il n’y ait pas plus de filles. Et puis, ce serait bien que quand quelqu’un est puni, ce soit lui et lui seul qui le soit, non les autres personnes. Il faut être plus strict sur les punitions. Il faut punir le vrai coupable.

Qu’est-ce que vous souhaiteriez comme changement ?

- Je souhaite que le RSMA accueille plus de filles. Il faut que celles-ci viennent dans les milieux professionnels où il y a plus de garçons.


Interview de Grégory Chariter

Pourquoi êtes-vous venu au RSMA ?

- Parce que’à la sortie, c’est plus facile de trouver un travail. Pour la discipline.

Comment s’est déroulé le premier mois ?

- C’était pas si mal. Au début, le niveau était un peu dur. Il faut savoir se plier aux ordres. Physiquement et mentalement, c’est dur. Quand le gradé vous parle, il faut savoir lui répondre. Mais on a fait des séances de famas, qui est un fusil mitrailleur.

Vous effectuez quelle formation ici au RSMA ?

- Je suis dans la menuiserie du bois. C’était mon deuxième vœu. Mon premier, c’était la restauration.

Comment est l’ambiance ?

- Il faut savoir se faire respecter. Après, c’est bon. L’ambiance n’est pas formidable, mais elle est bonne.

Comment jugez-vous le RSMA ?

- J’ai retrouvé l’envie de travailler. J’aimerais continuer dans l’armée. Dans le civil, c’est dur.

Propos recueilis par M.D.


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Messages

  • En ce moment je prépare un bac ES mais le problème c’est que je ne suis pas sure de l’avoir. Je suis trés motivé pour faire la RSMA, mais je n’en sait pas plus. Cela se prépare sur combien d’année et comment faut-il faire pour s’inscrir ?

  • Bonjour, j’ai un BAC PRO Menuiserie Aluminium, je voudrais s’avoir si au RSMA ya le BTS dans le Bâtiment ou dans le travaux public. Merci

  • EST IL OBLIGATOIRE DE DORMIR AU RSMA ?


Témoignages - 82e année


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