L’Europe et La Réunion : la fin des illusions
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Vue du Maroc...
29 décembre 2007

Valérie Bègue, Miss France, se retrouve au cœur d’un scandale médiatique après la publication par le magazine “Entrevue” de ses photos qualifiées de « trash ».
Est-ce la trêve des confiseurs qui ralentit visiblement l’actualité ou est-ce l’humeur badine et malicieuse des faiseurs d’opinions qui est à l’œuvre ? Il n’empêche qu’un des sujets majeurs qui domine les titres, considéré par beaucoup comme le dernier grand scandale de l’année qui agonise, tourne autour de la pétillante polémique entretenue par la Présidente du Comité Miss France, Geneviève de Fontenay, à l’encontre de la belle Valérie Bègue, une Réunionnaise de 22 ans qui a superbement ravi le titre de Miss France 2008 lors d’une cérémonie le 8 décembre dernier.
Et alors que Valérie Bègue s’apprêtait à vivre son “ordinaire vie” de Miss France, emblème de l’élégance, de la beauté et du chic français, la voilà qui se trouve au cœur d’une tornade médiatique à cause de la publication opportune par le magazine “Entrevue” de photos qualifiées de « trash » : une la montrant allongée en maillot sous forme d’une croix dans une piscine, l’autre la cadrant, visage serré, en train de lécher langoureusement un liquide blanc, et l’autre, le buste mouillé par la pluie donnant aux bouts des seins une solidité provocatrice.
Il n’en fallait pas plus pour que l’ire de Geneviève de Fontenay se déchaîne avec des mots durs et tranchants contre Valérie Bègue : « C’est absolument inadmissible. Elle doit démissionner immédiatement sinon on la fera partir. Ce n’est en rien l’image de Miss France, image qu’elle salit. Depuis toujours, je lutte pour que cette élection soit digne de la France (...). Je ne veux plus la voir. Je ne veux pas me balader toute l’année avec une fille comme ça. Je ne peux accepter cela. C’est un “tsunami”. Je suis affligée et terriblement déçue. Il faut rester intransigeant car cette fois, le dérapage est très grave, consternant ».
Geneviève de Fontenay est une femme atypique. Avec ses chapeaux qui magnifient volontairement le ridicule, son maquillage de statue de cire sans vie, elle a longtemps joué sur les plateaux de Télévisions le rôle de mère fouettarde revenue sur le tard de ses dévergondages d’un autre âge. Son coup de colère contre Valérie Bègue a permis l’ouverture d’un débat inédit sur la morale et l’esthétique. Devant l’effroi moralisant de Geneviève de Fontenay, nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur la pudeur des postures échancrées des différentes Miss en train de livrer leurs atouts à l’appréciation du public et des téléspectateurs. Madame de Fontenay fait valoir le côté provocateur de la position en croix christique de Valérie Bègue. Or, il se trouve que parmi les nombreux soutiens qui ont volé à son secours, se trouve l’évêque de La Réunion, Mgr Gilbert Aubry : « Valérie est une victime qui a besoin de soutien. Je n’ai pas à lui pardonner, elle ne m’a pas offensé (...). Nous refusons d’être utilisés comme caution pour obtenir la destitution de Miss France (...). Le défilé des Miss en petite tenue avec des ailes d’ange utilise le même clavier de langage avec la perversion d’un symbole religieux ».
Autre soutien de taille à Valérie Bègue est l’Association internationale des concours de beauté pour les pays francophones (AICBPF) dont « Les dirigeants apportent leur soutien à Valérie Bègue et suggèrent à Geneviève de Fontenay de ne pas attendre (...) pour démissionner ».
L’affaire de Miss France 2008 a pris des proportions sans commune mesure avec l’enjeu en question.
La presse populaire française organise des sondages pour savoir si Valérie Bègue doit se soumettre à l’injonction de Madame de Fontenay et rendre la couronne ou bien passer outre et résister à ce raidissement moral d’une époque à la recherche d’un nouveau puritanisme.
La polémique sur la question a pris des dimensions dramatiques, comme le dit si bien l’éditorialiste du journal “L’Eclair”, Philippe Reinhard : « Avec une Miss France comme ambassadrice, les Réunionnais espéraient redorer le blason d’un département sinistré pour cause d’épidémie de chikungunya. Nos compatriotes de l’Océan Indien pensaient revaloriser l’image touristique de leur île grâce à la jolie Valérie Bègue. Madame de Fontenay ne l’entend pas de cette oreille. C’est dommage : pour une fois que l’élection de Miss France servait à quelque chose ! ».
En attendant l’issue de ce bras de fer entre Geneviève de Fontenay et Valérie Bègue prévu après les fêtes, personne n’est capable de dire si la calèche réunionnaise va se transformer en citrouille. Une chose est sûre, par cette polémique, le charme est définitivement rompu.
Mustapha Tossa, “Aujourd’hui Le Maroc”
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