Spécial Journée de la Femme, le 8 mars

“Ni putes, Ni Soumises” : « Une réponse, un devoir de solidarité à tous les êtres humains à qui l’on a un jour manqué de respect »

7 mars 2007

Sophia Laroche, la Présidente de “Ni putes, Ni Soumises” m’indiquait hier mardi que mes questions auraient pour conséquence de dévaloriser son association, donc ses actions. À aucun moment une telle intention ne m’a traversé l’esprit ! Heureusement ! Mes questions, d’autres personnes se les posent. Et quand bien même elles seraient dérangeantes ! Le rôle du journaliste est d’informer et non pas de se faire bien voir par tous par des reportages de complaisance !

Pour moi...
... le nom de “Ni putes, ni soumises” est choquant. Pour vous ?
- "Ni putes, ni soumises" est un mouvement mixte et populaire. Il s’adresse aux femmes, mais aussi aux hommes. Le mouvement est parti de Vitry-sur-Seine où Sohanne, 19 ans, a été brûlée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac.
Le nom "Ni putes ni soumises" est une réponse, un devoir de solidarité à tous les êtres humains à qui l’on a un jour manqué de respect. A tous ceux qui n’ont pas trouvé la force physique ou mentale de dire non aux insultes. Le nom du mouvement ne dévalorise en rien la Femme : il nous amène à nous interroger sur notre statut en tant qu’être vivant.
... les femmes et les hommes sont semblables. Est-ce aussi votre avis ?
- Jeudi 8 mars, nous avons placé la journée de la femme sous le thème de la parité. Nous invitons toutes et tous à se rendre à Saint-André à la Maison de la Famille pour débattre de l’égalité hommes femmes dans notre société.

Le plus souvent au pied du mur face à la violence conjugale

Les femmes n’ont-t-elles pas tendance à dramatiser ce qui leur arrive ? (à propos de la violence conjugale).
- Les statistiques parlent d’elle même.
Il y a encore trop de violence conjugale en France et de surcroît à La Réunion. Ce qui est dramatique c’est que la violence, sous toutes ses formes, reste le plus souvent le seul mode d’expression accessible pour beaucoup. La violence verbale est parfois aussi violente que la violence physique. Il est donc clair que les femmes n’exagèrent en rien la situation en ce qui concerne les harcèlements subis et la violence conjugale.

“Ni putes, Ni Soumises” mène-t-elle des actions pour prévenir ou guérir cette violence ?
- Mieux vaut prévenir que guérir. Malheureusement nous sommes le plus souvent au pied du mur face à la violence conjugale. Nous faisons beaucoup de prévention et d’informations. Mais il est clair que nous intervenons sur tous les fronts. Ni putes ni soumises effectue de multiples actions dans tous les domaines.

Le plus souvent les victimes ne parlent pas...

Vous rencontrez les maris violents ? Que leur dites-vous ?
- Il n’y a pas que des maris violents ; des fois la victime, à force de souffrance, se fait aussi bourreau. Lorsque les personnes sont en crise, c’est aussi et surtout un cri pour demander de l’aide. Nous rencontrons des hommes et des femmes, auteurs présumés de violence, et dans la majorité des cas, on se rend compte qu’il y a un traumatisme en amont, dans un passé proche ou dans la petite enfance. Ni putes ni soumises milite pour le respect de soi-même et d’autrui.

Mais ces actes de maltraitance persistent voire même redoublent. N’avez-vous pas l’impression d’agir pour rien ?
- Et encore, ce n’est qu’une partie de l’iceberg. Le plus souvent les victimes ne parlent pas et éprouvent un sentiment de culpabilité. A "Ni putes ni soumises", notre travail est de libérer au maximum un espace de parole ou chacun pourrait s’exprimer. Car la violence est issue d’un manque de communication. La violence contre soi-même (suicide) ou contre les autres (insultes, racket). Chacun doit se respecter.

Le mot de la fin vous revient : « Plus de respect et plus de tolérance ».

Jean-Fabrice Nativel

Info sur le site : www.niputesnisoumises.com


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Messages

  • En effet la violence Verbale est le plus souvent plus dur que la violence phisique, le rabaissement moral, vient avant tous pour affaiblir la personne, qui na plus d’orientation la personne se renferme sur elle même le manque de confiance en soit, arrive a un stade quelle est inutile, quand par la suite les coups tombes elle est soumise humilié et pense quelle le mérite, elle garde le tout sur elle et n’en parle surtout pas de peur d’avoir tout les tort pour elle.


Témoignages - 82e année


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