Nullité d’un mariage ?
Nullité d’un jugement, certainement.
Nullité du regard posé sur les femmes, hélas !

2 juin 2008

J’ai honte !
J’ai honte en tant qu’homme et me sens insulté en tant qu’homme. Insulté par toutes ces pubs qui, pour me vanter une bagnole, des godasses, une perceuse, une tondeuse, n’importe quoi estiment qu’il faut s’adresser non pas à mon raisonnement mais à mon bas-ventre. « Foutons des femmes à poil, coco et la bagnole se vendra mieux car les mecs c’est des bêtes en rut ! une gonzesse à poil y’a qu’ça qui les attire et fera vendre notre camelote ! »
J’ai honte parce que les hommes en général ne protestent pas contre cette insulte faite tant aux femmes qu’aux hommes. J’ai honte parce que les grands bonimenteurs autoproclamés « sentinelles avancées de la démocratie » se murent dans un fracassant silence quand la pub à publier véhicule une image humiliant les femmes. Qui donc se prostitue dans ces circonstances ?
J’ai honte quand un juge, bien installé dans ces (ses ?) images de femme-marchandise, estime qu’en l’absence d’hymen - opercule de garantie de première utilisation - il y a tromperie sur la marchandise. J’ai honte parce qu’en agissant ainsi le juge et l’époux réduisent la femme à un petit bout de membrane. Si la membrane est, femme admirable il y a. Si la membrane n’est pas, la femme disparaît. « Non, Jeff, ne pleure pas parce qu’une demie vierge, une trois quart putain, t’a relaissé tomber », chante Brel tentant de consoler son compagnon de beuverie effondré sur un trottoir. Mais là, nous n’étions pas dans la rue, nous étions dans un tribunal devenu marché aux esclaves où une négrillonne se vendait plus cher si le vendeur pouvait garantir au client qu’il pourrait jouir du privilège de déflorer une jeune vierge.
Et voilà que la Garde des Sceaux vient justifier cette monstruosité. Le juge aurait voulu protéger la jeune-femme ! Mais de quoi donc ? Des menaces de mort auraient-elles été proférées à son encontre ? Et la société serait impuissante face à cela ?
En fait, tant le juge que Madame Dati ont manqué à tous leurs devoirs.
Par son jugement, le juge a figé les protagonistes dans un rôle, le pire qui soit pour l’une et l’autre. Jusqu’à la fin de sa vie, l’une sera persuadée d’avoir agi comme une « fieffée salope ». Jusqu’à la fin de ses jours, le butor devra tenir le rôle de la victime outragée.
Par son attitude, la Garde des Sceaux vient de dire - même si telle n’était pas son intention - à ceux qui brûlent, ébouillantent, scarifient au cutter, la fille, la sœur ou l’épouse soupçonnée, que leur attitude, même si la loi en condamne « l’expression excessive », est compréhensible.
Toutes les filles doivent se le tenir pour dit désormais : faites des études, ayez un métier, soyez s’il le faut la meilleure en tous les domaines scientifiques, littéraires, plastiques, etc, si vous n’arrivez pas vierge au mariage, tout ce que vous pourrez apporter à l’humanité ne sera rien sans ce petit bout de chair à forcer lors de la nuit de noces.
À vomir !

Jean Saint-Marc


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Messages

  • "Que dit l’époux, lorsqu’il met en oeuvre une action en justice par volonté de faire constater que la jeune épousée n’est pas vierge, et en obtenir l’annulation du mariage ? Il dit : "Je ne suis pas prêt à respecter cette femme dans son intégrité, puisque je la réclame pour moi seul, c’est que je conçois qu’elle m’appartient, que je me refuse à être uni à une personne dans le respect de ce qu’elle soit Autre, avec sa part de vie et de mystère, que rien ne doit m’échapper de cet être qui ainsi est vouée à se soumettre au dictat de ma prédominance... et dont j’exige qu’elle me soit transparente, et à moi seul. Je suis son juge... "
    et il en réfère au Juge pour valider qu’il est bien dominant. Parce qu’on est en République démocratique. Il n’a pas le pouvoir ni de la répudier ni de la lapider de son propre chef... déjà donc, le destin de cette femme lui échappe en propre...
    Que répond le Juge ? une paradoxe apparent : "Effectivement, ça a mal démarré, et par un mensonge d’une jeune femme face à une exigence de soumission à la domination d’autrui, mari, familles, et bien, cette citoyenne de la République Française, la République a devoir de la protéger..." et donc rétablir cette femme dans ses droits de personne à être responsable de son corps, de sa parole : le mensonge pour soumission à un dictat doit être reconnu afin d’affirmer le menteur dans ses droits de personne, face à un accusateur qui voulait jouir de se l’approprier."
    Et rétablir le menteur dans ses droits et ses devoir de personne, par la loi, énoncés par les juges, c’est sonner le tocsin du dictat de ces hommes et de ces familles qui exigent leur soumission : Non ! jeune femme, tu n’as pas le droit de te mépriser et de te ravaler à moins que rien, en te soumettant toi et ton corps, ton corps et toi, à la toute puissance d’autrui, en t’exposant par un mensonge de toi-même à n’être rien, rien pour l’avenir, rien que la chose de ton mari. La loi ne le permet pas ; que toute jeune femme se le tienne pour dit." et même par amour...surtout par amour...
    Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’il faille continuer d’aider certaines de ces jeunes femmes, après le jugement... comme on le fait après que d’autres aient vécu des abus, au sein de la famille notamment... et n’est-ce pas là où madame Badinter et autre lamentateur devrait se lever, et soutenir la voix de la loi ? C’est là où ces jeunes femmes les attendent, sur l’abus, le mensonge à soi-même, la tromperie de soi-même, la soumission à autrui...
    pas sur la "soumission" à la loi réaffirmée par les juges. Ni sur le thème de l’humiliation de la jeune femme... de voir son mariage annulé... car les faits sont ceux-ci : pour cause de violence sur soi à avoir à mentir ainsi pour engager sa vie... sa vie entière, Mme Badinter, vous n’y êtes pas...
    Que ce soit le mari qui soit en situation de porter plainte, ne change rien au fait que ce soit les femmes qui aient besoin que la loi leur rappelle qu’elles ne peuvent disposer de leur vérité pour en faire un semblant exposé au coup de pieds du mari, leur rappelle qu’elles ne sont pas l’honneur ou le déshonneur de la famille de l’époux. Que le drame n’est pas plus dans l’annulation de leur mariage, qu’il tienne dans la valeur de l’honneur de la famille et de son représentant viril en la personne du fils-époux. Quel destin voudra-t-elle pour ses filles ET ses fils, cette jeune femme là, à les engendrer dans cette famille-là ?

    Voir en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...


Témoignages - 82e année


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