Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Grand angle d’Yvon Virapin
11 avril 2007

Mercredi dernier, je terminais mon propos sur les préconisations du Député Brard sur les “bonus” des retraites outre-mer en disant que le rapport est instructif sur le constat, et sa conclusion, discutable sur le fond. Instructif, il l’est, en effet, tant sur les bénéficiaires des indemnités temporaires de retraite que sur le nombre et les montants de ces compensations, avec des indications claires qui montrent la diversité des situations des retraités de la fonction publique outre-mer. Ainsi, la lecture des différents cas laisse apparaître des disparités énormes, parfois même un fossé, entre les pensions des retraités modestes et les pensions de certaines catégories de retraités qualifiées de « profiteurs » par le rapporteur de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale.
S’agissant du nombre de bénéficiaires, il s’établissait à 30.565 pour l’année 2005. Cependant, le nombre d’indemnités temporaires versées était de 32.172. Pourquoi cette différence ? Tout simplement parce qu’« environ 5% des personnes concernées perçoivent plus d’une pension. C’est par exemple le cas d’un retraité qui perçoit également une pension militaire d’invalidité », nous dit le rapport. Ainsi, sur un échantillon de 30.074 indemnités temporaires versées en 2005, le nombre de retraités avec 2 pensions était de 1.393 dont 1.086 à La Réunion, et le nombre de retraités avec 3 pensions ou plus était de 64 dont 54 dans notre île.
Il ressort du rapport de M. Brard que les plus grands bénéficiaires de ces indemnités temporaires sont les officiers généraux et les hauts fonctionnaires en retraite. Pour ce qui concerne les officiers généraux qui « sont maintenus à la disposition du Ministre de la Défense », ils perçoivent « une solde de réserve » calculée dans les mêmes conditions que la pension militaire de retraite. Ce qui veut dire qu’ils perçoivent une solde et une pension, toutes les deux majorées des bonus outre-mer. Pour l’année 2005, le montant total des indemnités temporaires versées aux 31 officiers généraux, dont 4 ont déclaré leur résidence à La Réunion et 27 dans les territoires du Pacifique, était de 965.535 euros, soit un montant moyen de 31.146 euros. Quant aux 14 hauts fonctionnaires en retraite (4 à La Réunion et 10 dans les territoires du Pacifique), pour l’année 2005, ils ont perçu 506.982 euros d’indemnités soit 36.213 euros en moyenne. Ces montants sont disproportionnés et illégitimes. En Polynésie française, la pension annuelle moyenne d’un haut fonctionnaire est de 95.531 euros, en Nouvelle-Calédonie de 101.486 euros et à La Réunion de 84.240 euros, soit 7.020 euros par mois. Ce sont là des retraites plus que confortables.
En même temps, le rapporteur a été frappé par le nombre important de retraités bénéficiaires de revenus modestes, d’un niveau parfois inférieur au SMIC malgré l’application de l’indemnité temporaire. Ils sont en effet nombreux à percevoir des pensions de 900 euros mensuels, majoration comprise. Leur situation financière est difficile, et si l’on supprimait le bonus de retraite, elle deviendrait catastrophique.
On ne peut pas parler des retraités civils et militaires des territoires ultramarins sans penser à tous les autres retraités du secteur privé qu’ils côtoient quotidiennement, et qui sont beaucoup plus nombreux. En particulier, ceux qui relèvent du régime général et ceux qui sont au “minimum vieillesse”. Ceux-ci perçoivent des pensions de misère, comprises le plus souvent entre 400 et 650 euros par mois. Evidemment, ils subissent plus que les autres les conséquences de la “vie chère”.
En tout état de cause, il est urgent de sortir ces retraités de la misère. Pour cela, il est nécessaire de revaloriser les petites pensions à hauteur du SMIC au moins. L’Etat a les moyens de payer des grosses pensions, pourquoi n’aiderait-il pas les petits retraités à disposer d’une pension convenable ?
Nos peines
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