Violences conjugales : préconisations du CRESGE

Un fléau social encore mal appréhendé

4 décembre 2007

La première évaluation des répercussions économiques des violences dans le couple réalisée par le CRESGE (Centre de recherche et Etudes Politiques Sociales, santé et Habitat) devra être complétée par les avancées futures en matière de production de données statistiques. Mieux organiser le recueil de données, c’est aussi mobiliser acteurs et pouvoirs sur un phénomène de société dont les multiples conséquences sont encore dépréciées.

« Les violences conjugales représentent un phénomène fréquent qui fait peser un poids significatif sur l’économie et le fonctionnement de notre société. Il s’agit également d’un phénomène complexe dans la mesure ou il exerce des conséquences sur des domaines variés tels que la périnatalité, la traumatologie et le fonctionnement social des individus qui en sont victimes. »

Des coûts imparfaits et des conséquences non mesurées

L’étude conduite par Jean-Pierre Marissal et Charly Chevalley, et dont nous avons présenté dans nos éditions antérieures les évaluations chiffrées, fait ressortir la nécessité de mettre en place une mesure pertinente de l’incidence économiques des violences conjugales. Une exigence qui nécessite d’améliorer certains recueils de données voire de pallier des carences en la matière. Nous l’avons dit et le rappelons ici, cette étude a évalué au minima à plus d’un milliard d’euros les conséquences économiques des violences conjugales, soulignant que ce sont les femmes qui supportent l’essentiel du coût. Elle a permis de mettre en évidence la part importante des coûts directs médicaux, essentiellement du fait du recours aux soins de psychiatrie, ainsi que des coûts indirects, essentiellement en lien avec le coût humain des décès évitables et des viols. Mais les répercussions économiques des violences conjugales sont évaluées ici de façon incomplète parce que l’étude s’est concentrée sur les violences à caractère physique ou sexuel à partir des données recueillies dans les enquêtes de victimisation françaises, d’une part, et faute d’information, certaines conséquences n’ont pu être évaluées, d’autre part. Il s’agit des arrêts de travail et des ITT ; de l’activité des hébergements d’urgence et d’insertion autres que les CHRS ; du relogement des familles en situation de rupture ; de la prise en charge des enfants exposés aux violences conjugales et victimes de maltraitance en raison du déficit de données relatives à la prise en charge par les organismes (Conseils Généraux) et les établissements relevant de l’aide sociale à l’enfance et de la protection judiciaire de la jeunesse ; du parcours professionnel des victimes et de celui des auteurs, consécutivement aux incarcérations. De même, le rapport précise que des coûts sont imparfaitement mesurés. Il s’agit des événements traumatiques dans la mesure ou l’étude s’est intéressée à l’hospitalisation dont certains pans comme les soins de suite, de réadaptation, de psychiatrie ne sont pas encore valorisables.

Préconisations instructives

Si l’on passe sur l’analyse assez complexe des méthodologies utilisées et des travaux de références sur lesquels l’étude s’est appuyée pour proposer cette évaluation, le rapport violences conjugales/conséquences économiques a ceci d’intéressant qu’il permet de mesurer l’importance du phénomène. Les préconisations qui s’en dégagent soulignent également son manque de prise en compte par les pouvoirs publics en termes de problème à part entière. Elles sous-tendent globalement qu’il y a nécessité à ce que les différents acteurs travaillant dans le champ des violences conjugales travaillent en partenariat. Car un déficit d’informations et de recensement au delà d’un simple recueil comptable, traduit l’importance de fédérer les énergies autour de ce problème social. Ces préconisations traduisent aussi que les coups n’ont pas pour seuls effets la douleur physique, mais que l’état psychologique de la victime, de ses enfants, les conséquences en termes de perte de qualité de vie doivent être appréhendées. Cette étude soutient donc l’idée d’un travail groupé et global pour lutter contre les violences conjugales, comme le demande au plan national et local, plusieurs acteurs associatifs, de la justice, de la politique. Plutôt que de relayer la problématique à une sous-commission qui dilue les violences, l’impérieuse nécessité d’une loi cadre finira bien par s’imposer à la France, étude de ce type et mobilisation des acteurs aidant.

Stéphanie Longeras


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Messages

  • Les hommes et les femmes sont différents non seulement anatomiquement, mais aussi psychiquement. Leur sensibilité, leur manière de percevoir le monde, leur manière de sentir sont différents. Ces différences sont très bien perçues et acceptées par les femmes. Elles ne le sont pas par les hommes, ce qui fait écrire à certains "les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus". Tant que, dès l’école maternelle, on n’apprendra pas aux enfants à respecter ces différences, les rapports hommes/femmes seront violents. Or, c’est tout le contraire qui se passe. La société capitaliste-marchande fait des différences une source de rivalité, de compétition, de conflits, de concurrence. Il faut changer de société !


Témoignages - 82e année


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