Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
13 juillet 2007

Dans son dernier numéro, “Le Portois” consacre un dossier très intéressant à la « citoyenneté des jeunes » et à leur participation à la vie de la cité. Plusieurs éducateurs sociaux et responsables du monde associatif s’expriment à ce sujet, comme Karl Véfour et Jean-François Guignard, Manuelle Dib, chef de projet à Village Titan, ou encore Jimmy Elcaman, agent de médiation, et Michel Vaudin, éducateur sportif. Voici quelques extraits de l’intervention de Bernard Bier, qui travaille à l’Unité Recherche Études Formation de l’INJEP.
« Difficile d’accompagner des enfants, des adolescents, des jeunes adultes sur les voies de la participation, de la reconnaissance, de la construction de soi, si les bénévoles et les professionnels qui en ont la charge, si les organisations ou institutions qui les accueillent ou qui les rencontrent ne sont pas eux-mêmes dans des logiques de participation, de reconnaissance. D’où la nécessité d’un travail sur les structures d’accueil dans leur capacité à se transformer, à être aussi instituantes qu’instituées.
Sensibiliser des élus
Aujourd’hui, l’offre d’un équipement et d’activités est nettement insuffisante, surtout si l’on veut “toucher” les publics les moins “captifs” que sont les adolescents. L’animateur doit certes s’appuyer sur des techniques, mais aussi développer des capacités d’écoute et de réponses adaptées, aider à la mise en place des espaces de délibération, de construction commune de normes, être dans la médiation et la gestion de conflit, favoriser l’intergénérationnalité tout en respectant les groupes de pairs.
Ainsi l’exercice du métier d’animateur, éducateur... nécessite une formation accrue et des temps et espaces d’analyse des pratiques. Peut-on dire que les formations aujourd’hui reçues sont suffisantes pour remplir ces missions ?
Il devient urgent de penser la manière de sensibiliser des élus qui, au-delà leur bonne volonté, sont le plus souvent fort démunis sur les questions de jeunesse.
Donner sens
La participation des jeunes est un sujet qui ne va pas de soi. Préoccupation nouvelle, elle se réfère à des valeurs, appelle le débat et nécessite des acteurs, s’ils veulent être opérationnels, une réelle réflexion en amont.
La question est moins celle de la participation des jeunes que celle de la capacité des institutions et des professionnels à créer, sous des formes diversifiées et adaptées à la diversité des publics, les conditions d’une bonne inscription dans la cité : reconnaissance d’un droit de cité, d’une place, d’une reconnaissance, qui sont les conditions de la participation.
Il va de soi que cela ne peut faire appel qu’à la capacité des acteurs, au local, à s’approprier des dispositifs généraux de politique publique et à leur donner sens, bref à produire de l’intelligence collective ».
Nos peines
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