Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Anniversaire à Sainte-Suzanne
13 octobre 2005

Elle est née l’année de création de la loi de séparation entre les églises et l’État, a connu les 2 guerres mondiales, a vu la naissance de la départementalisation. Marie-Cécile Desils, née Nalem, est une mémoire vivante de Sainte-Suzanne.
Née le 14 octobre 1905, à la commune Carron, elle sera fécondeuse de vanille, travaillera dans les champs de canne, s’occupera de sa “bitasion”, pour enfin prendre une retraite méritée voilà maintenant 40 ans. Mère de 9 enfants, grand-mère de 10 petits-enfants, arrière-grand-mère de 12 arrière-petits-enfants, celle que l’on appelle affectueusement “Mémé” fêtait mercredi ses 100 ans. Très alerte, toujours autonome, elle vit aujourd’hui chez une de ses belles-filles, Edwige, toujours à la commune Carron, un quartier qui l’a donc vu naître, grandir, vieillir. Présentement, un seul de ses fils est vivant, Roland (73 ans). Il s’étonne bien évidemment de la longévité de sa mère. "Amoin, an gardan la vi lontan, moin noré zamé pansé moman noré viv lontan komsa. Lontan, nou té manz maniok èk la po. Zordi sé la fasilité", explique Roland fièrement.
"Manzé bokou d’brèd..."
Pour Geneviève Desils (32 ans), petite-fille de Marie-Cécile, c’est une mémoire vivante qui est aujourd’hui centenaire. "Elle m’a presque élevée, nous racontait beaucoup d’histoires, était très affectueuse, gentille", confie-t-elle. Marie-Cécile est considérée comme la mémé de tout le quartier de la commune Carron. Souriante, elle aime “kasé la blag”, même aujourd’hui. Et c’est dire que, la voyant, on ne l’imaginerait pas centenaire, tellement le temps semble avoir oublié de marquer son visage. Une seule potion miracle ? "manzé bokou d’brèd, pikan, tousala". À bon entendeur ! Même s’il lui est difficile de s’adonner au chant et à la danse, ses violons d’Ingres, elle continue à poser son doux regard sur la vie, sur La Réunion. Elle pourrait sûrement raconter comment était Sainte-Suzanne au début du 20ème siècle, pourrait nous parler des maires de Sainte-Suzanne, les Repiquet, Blanchet, Barau, Paris, Langenier, Gironcel aussi. Elle en aurait des choses à dire sur l’histoire de La Réunion, son parcours vers la départementalisation. En 1946, Marie-Cécile avait 41 ans. Son vote, dit-elle, "la servi pou l’péi, la sort anou in pé de la mizèr". Pourtant, comme le rappelait son fils Roland, cette misère, elle l’acceptait humblement. C’est cela, humblement. Et c’est peut-être cette humilité exemplaire, cette recherche de la simplicité qui fait qu’elle soit devenue centenaire aujourd’hui, une mémoire vivante pour Sainte-Suzanne et pour La Réunion en général.
Saluée et félicitée par Maurice Gironcel, maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, elle a profité d’une joyeuse fête, autour de sa famille et de ses amis de son club de la 3ème jeunesse. Simple, nous vous le disions, elle portait fièrement la belle robe qu’elle souhaitait en cadeau. Joyeux anniversaire à Marie-Cécile Desils, nouvelle centenaire. Et les lecteurs ont bien lu : mangez beaucoup de brèd pikan.
Bbj
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