Médias

« Décolonisations, du sang et des larmes » : le documentaire à regarder

Sur le service public

Jean / 8 octobre 2020

Bel effort du service public… mais dommage que « FR3 Dom-Tom-RFO-la 1ère », n’aient pu s’empêcher de tomber dans les ornières d’une propagande 100 % Debré.

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Au paragraphe intitulé : « Des archives et témoignages exceptionnels » La 1ère écrit : « L’universitaire Françoise Vergès revient sur le combat de son père, Paul Vergès, indépendantiste à La Réunion ».
Cette reprise du vieux couplet debréiste « L’autonomie-l’indépendance », démontre s’il en était encore besoin que, lorsque la 1ère tente d’adopter le point du vue de l’historien sur la décolonisation, il lui est encore très difficile de décoloniser sa propre vision de la colonisation des DOM.
Mais, comme effort il y a de sa part, nous lui décernerons cette appréciation : en progrès, dispose d’une très grande marge de progression.

Jean

Extrait de la présentation de l’émission

Pour Pascal Blanchard, spécialiste de l’histoire coloniale, il fallait impérativement raconter l’histoire des indépendances dans sa globalité. Il l’explique à Outre-mer la 1ère : "Et quand je dis dans sa globalité, c’est aussi en intégrant totalement les Outre-mer. Pour nous, cette histoire a justement été mise de côté des histoires des indépendances, de cette longue histoire qui dure près de 25 ans. Quand on plonge dans le documentaire, on découvre que la Polynésie, les Antilles ou la Guyane ont complètement vécu ces instants-là avec des tensions politiques, avec des récits, avec des combats, avec de l’engagement. Et cette histoire est tout autant la leur. Mais elle n’est jamais racontée. C’est la plus longue guerre de la France au XXe siècle, ce que tout le monde oublie, 25 ans de conflit. C’est une histoire majeure qui nous fait passer du temps d’avant au temps d’aujourd’hui »

Pour ce documentaire, Pascal Blanchard et David Korn-Brzoza ont réalisé près de 1.200 heures de visonnage. Si certaines images sont très connues, le public pourra découvrir des images inédites.

Les deux hommes laissent surtout la parole à des témoins. Dans ces trois heures de documentaire en deux parties, il n’y a pas d’experts, uniquement des personnes qui ont vécu ces histoires et leurs descendants. L’universitaire Françoise Vergès revient sur le combat de son père, Paul Vergès, indépendantiste à La Réunion. La Martiniquaise Audrey Pulvar évoque le Bumidom, ce système mis en place pour faire venir de la main d’œuvre ultramarine dans l’Hexagone.

Il y aussi l’émotion palpable du Guadeloupéen Lilian Thuram lorsqu’il évoque les émeutes en mai 1967 à Pointe-à-Pitre, quand des ouvriers du bâtiment ont réclamé une augmentation de salaires. Ils ont été tués par les autorités