Médias

Journée mondiale de la liberté de la presse : « Des esprits critiques pour une période critique »

Lutte pour le pluralisme de l’information

Témoignages.re / 3 mai 2017

Hier à la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a demandé de faire cesser toutes les formes de répression à l’encontre des journalistes et de protéger ces derniers. 

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« Les journalistes se rendent dans les endroits les plus dangereux pour prêter leur voix à ceux qui n’en ont pas. Les professionnels des médias sont confrontés à la diffamation, aux agressions sexuelles, aux emprisonnements, aux coups et blessures et même à la mort », a souligné M. Guterres dans un message pour cette journée qui a pour thème : ’Des esprits critiques pour une période critique’.

« Nous avons besoin de personnalités fortes pour défendre la liberté des médias. C’est là une exigence primordiale pour faire barrage à la désinformation ambiante. Et chacun d’entre nous doit se battre pour défendre le droit à la vérité », a ajouté le chef de l’ONU.

A l’occasion de cette Journée de la liberté de la presse, M. Guterres a lancé un appel « pour que cessent toutes les formes de répression à l’encontre des journalistes - parce qu’une presse libre fait progresser la paix et la justice pour tous ». « Protégeons les journalistes, car leurs mots et leurs images peuvent changer le monde », a-t-il déclaré.

La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a souligné de son côté que « l’existence de médias indépendants et pluralistes n’a jamais été aussi importante pour émanciper les femmes et les hommes, renforcer la bonne gouvernance et l’état de droit, et faire avancer le Programme de développement durable à l’horizon 2030 – particulièrement l’Objectif 16, qui vise à établir des sociétés justes, pacifiques et inclusives ».

« Les médias ne doivent pas se réduire à servir de sources d’information fiables – ils doivent permettre à de nombreuses voix de se faire entendre et mobiliser des forces nouvelles au service de la tolérance et du dialogue. L’enjeu est clair. Nous avons besoin d’un journalisme original, critique et bien documenté, qui s’appuie sur des règles de déontologie professionnelle exigeantes et sur une éducation aux médias de qualité – allié à un public correctement initié aux médias et à l’information », a-t-elle ajouté. 

La Directrice générale de l’UNESCO a souligné l’engagement de son organisation en faveur de la sécurité des journalistes. Selon elle, le meurtre reste trop souvent la forme la plus tragique de censure – 102 journalistes l’ont payé de leur vie en 2016. « Cette situation est inacceptable et affaiblit nos sociétés dans leur ensemble. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO est, avec ses partenaires, le fer de lance du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité à travers le globe », a-t-elle souligné. 

« La période critique que nous traversons exige des esprits critiques. J’appelle aujourd’hui chacun d’entre vous à aiguiser vos esprits pour défendre les libertés indispensables à la paix et à la justice », a ajouté Mme Bokova.

De son côté, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, a demandé aux gouvernements de cesser de diaboliser les médias critiques.

« Tous les jours de l’année, y compris la Journée mondiale de la liberté de la presse, ceux qui pratiquent le journalisme sont confrontés à la censure, à la criminalisation, au harcèlement et, souvent, aux attaques physiques et au meurtre. Les gouvernements doivent agir pour garantir la liberté de la presse, libérer les journalistes détenus et mettre fin à la diabolisation publique des médias critiques », a dit M. Kaye dans un communiqué de presse.