ouverture d’une prétendue “formation” de journalistes : complicité de l’Etat avec une entreprise privée, Antenne Réunion pour l’aider à maintenir des bas salaires au prix d’un « turn-over » permanent

SNJ : « Formation au rabais : non, il n’y a pas de pénurie de journalistes à La Réunion ! »

26 août 2025

Le SNJ dénonce une complicité de l’Etat avec une entreprise privée, Antenne Réunion qui cherche à renouveler en permanence son effectif peu expérimenté, dont elle veut maintenir le faible coût au prix d’un « turn-over » permanent, indique un communiqué publié ce 26 août 2025.

C’est avec surprise et colère que le Syndicat national des journalistes (SNJ) Réunion — Océan Indien a pris connaissance ce 25 août 2025 de l’ouverture d’une prétendue « formation aux métiers de (sic !) journalisme sur le territoire réunionnais », sous l’égide de l’Etat — selon un communiqué de presse siglé République française, France Travail, GIP-FCIP et Antenne Réunion.

Cette formation serait née d’un soi-disant « constat unanime » de « différents médias » (lesquels ?) d’une pénurie. Le SNJ conteste vigoureusement cette vue de l’esprit.
Les récentes difficultés des principaux titres locaux de presse écrite ont entraîné pour de nombreux journalistes qualifiés une perte totale ou partielle d’emplois et de revenus. Tous, à ce jour, n’ont pas retrouvé d’activité dans le secteur. Loin s’en faut.

En tant que premier syndicat de la profession, le SNJ défend depuis toujours des dispositifs d’enseignement sérieux et exigeants pour les futurs journalistes. Une instance nationale (la CPNEJ), regroupant patrons de presse et syndicats de journalistes, a d’ailleurs pour mission de reconnaître les cursus de formation qui répondent aux attendus de la profession (culture générale, maîtrise des techniques, connaissance des règles déontologiques et juridiques encadrant le journalisme…).

Prétendre former des journalistes en deux mois à peine est irréaliste et contrevient totalement à ces principes. Pour le SNJ, il serait plus approprié de réfléchir à la création de cursus de formation ambitieux, et conformes aux exigences de la profession, destinés aux étudiants d’outre-mer. Il faut également permettre à ces étudiants d’accéder plus aisément et équitablement aux formations déjà reconnues par la profession (au nombre de 15, elles sont toutes dans l’Hexagone).

Ouvrir une formation à la hâte, sans concertation, sans participation de l’Université de La Réunion et sans assurance sur les enseignements dispensés ou les qualifications du corps enseignant, équivaut à proposer à la jeunesse réunionnaise un miroir aux alouettes.

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