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« Un rêve français » : retour sur le BUMIDOM

Ce soir à minuit sur France 2

Témoignages.re / 21 mars 2018

Voici la présentation du film diffusé ce soir à minuit sur France 2 par le site de La Première.

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Il n’y a pas d’ironie dans ce titre, ’Le rêve français’, même si le Bumidom (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer) a souvent offert des emplois subalternes et a conduit parfois à la précarité. ’C’est parti de l’american dream’, explique France Zobda, la coproductrice (avec Jean-Lou Monthieu, Eloa Prod). ’Nous avons eu notre french dream, c’est-à-dire ce rêve français, où chacun rêvait de la France d’une certaine manière. Il s’agissait donc de savoir ce que c’était que ce rêve français. Mais on aurait pu mettre un point d’exclamation ! Pour l’illusion ou la désillusion de certains, et la réussite d’autres aussi, car il y a eu de tout : des gens qui ont échoué, mais aussi des gens qui ont réussi. Et on ne voulait pas montrer qu’un versant des choses’.

Ce « Rêve français » est un film choral. On suit les parcours de Doris et Samuel, qui quittent la Guadeloupe pour l’hexagone au début des années 60 : elle veut s’extraire de son milieu familial, lui va devenir avocat. On suit également Charley, arrivée de La Réunion, qui tente de devenir comédienne. Parcours croisés sur deux générations, qui brassent les destins et la grande Histoire.

Le point de départ, c’est la création en 1963 du Bumidom par Michel Debré, face à la démographie galopante aux Antilles et à La Réunion, et faute d’emplois suffisants sur place. Il encourage donc les départs de populations essentiellement jeunes, défavorisées, noires ou métissées, peu instruites et peu qualifiées. Le Bumidom prend en charge les frais de voyage (bateau, puis avion), et promet une formation, un logement et un emploi. Beaucoup connaîtront surtout les emplois dont ne veulent pas les métropolitains, et se retrouveront logés en périphérie des grandes villes. Certains plongeront dans le chômage, la précarité et la prostitution.

Mais le scénario, qui va des années 60 aux années 2010, intègre d’autres épisodes des relations entre la France et ses DOM, souvent méconnus dans l’hexagone (et par toute une génération de « domiens »). Répression syndicale, émeutes après un acte raciste (mé 67), mouvements séparatistes (OJAM), indépendantistes (GONG) terroristes (GLA), pollution au chlordécone, radicalisation de jeunes convertis à l’Islam... Rien ne semble oublié. Et bien sûr la mémoire de l’esclavage, avec une scène d’ouverture au Memorial Acte de Pointe à Pitre.