La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Ouverture du congrès Vélo Mondial 2006 en Afrique du Sud
11 mars 2006

Pendant une semaine, trois cents cinquante délégués du monde entier - élus et responsables politiques, techniciens, usagers du vélo et professionnels de la bicyclette - sont réunis au Cap afin d’étudier les voies et moyens de promouvoir l’usage du vélo pour se déplacer. C’est une orientation politique essentielle pour construire une société respectueuse des droits humains.
Pour certains responsables politiques ou aménageurs réunionnais, enfermés dans leurs certitudes de décideurs autocrates, dans leur ignorance des réalités et dans leur indifférence aux grands défis à relever par La Réunion dans les décennies à venir, il aurait été utile de participer au congrès mondial du vélo qui se déroule du 5 au 10 mars au Cap en Afrique du Sud. Ils auraient appris beaucoup de choses sur la façon de construire et d’aménager une ville de façon humaine. N’est-ce pas M. le maire de Saint-André et ceux qui lui ressemblent ?
Un des points forts de ce congrès est le haut niveau des intervenants et de leurs rapports. Ce sont des responsables politiques, des aménageurs, des responsables des politiques des déplacements et des universitaires très compétents, qui présentent des rapports très argumentés, riches de statistiques et de données scientifiques, à la vision politique très large, globale, anticipatrice.
Ils expliquent à quel point les formes d’urbanisation et les moyens de déplacements dominants dans le monde sont catastrophiques pour nos villes, pour la santé de leurs habitants et pour le lien social. Les échanges avec la salle sont également très riches, d’un haut niveau politique, scientifique, technique, humain. Les représentants d’Organisations non gouvernementales (ONG) apportent leur contribution à la recherche des meilleures solutions pour un développement et des déplacements durables.
Le vélo, une priorité nationale
Finalement, tout le monde est en communion avec le maire de Groningue des Pays-Bas lorsqu’il affirme que l’usage du vélo pour se déplacer doit être une priorité nationale car c’est un des moyens pour sauver la planète des diverses crises qui la menacent : changements climatiques, problèmes économiques et sociaux liés à la mondialisation des marchés, problèmes sanitaires dus au manque d’activité physique, catastrophes environnementales etc...
De même, c’est un vrai bonheur d’écouter l’exposé d’un représentant d’une ONG colombienne sur les transformations apportées à la ville de Bogota, 7 millions d’habitants, par l’ancien maire, Enrique Penalosa, un des favoris à la prochaine élection présidentielle. Une des questions que nous devons nous poser, dit-il, est la suivante : faut-il construire des villes pour les voitures ou pour la qualité de la vie des gens ? On connaît la réponse. "Toute autre réponse est non démocratique", disent les membres de la fondation PPQ (“Por el Pais que Queremos” - “Pour le pays que nous aimons”). Et d’ajouter : "une ville civilisée est une ville qui fait tout pour le bien-être de ses habitants".
Le vélo, symbole de liberté
De l’Europe à l’Amérique latine, nous sautons tout de suite après sur un autre continent, le nôtre, l’Afrique, qui accueille pour la première fois le congrès Vélo Mondial. Et La Réunion se devait d’être présente à cet événement à la fois régional et planétaire. Surtout si elle veut faire avancer et accélérer son projet d’île cyclable. (voir encadré sur la délégation réunionnaise au Cap)
Ce n’est pas sans émotion que nous écoutons l’intervention d’un jeune Noir, cadre au Département des transports et des travaux publics dans la province du Cap occidental. Il nous dit que "le vélo est un symbole de la liberté, et d’abord de la liberté de mouvement". Une liberté fondamentale dont a été privée la grande majorité du peuple sud-africain pendant des décennies, uniquement à cause de la couleur de sa peau.
Et de souligner à quel point est lourd l’héritage d’inégalités laissé par le système de l’apartheid. Un héritage auquel ont commencé à s’attaquer depuis douze ans les nouveaux dirigeants sud-africains. Sur ce point, l’orateur rend hommage au travail accompli par le député communiste Jeremy Cronin pour favoriser l’accès des Sud-Africains pauvres à la mobilité.
Continuer l’œuvre de Nelson Mandela
Mais tout au long de ce congrès, la personnalité la plus souvent citée par les intervenants sud-africains est Nelson Mandela. Les autorités locales, provinciales et nationales veulent mettre en œuvre les grandes idées pour lesquelles l’ancien dirigeant de l’ANC et président de la République s’est battu durant toute sa vie : une Afrique du Sud libre, libre pour tous, plus juste, plus solidaire. L’amélioration des transports publics et le soutien à des déplacements à vélo pour tous font partie de ce grand projet.
C’est d’ailleurs pour rendre hommage à Nelson Mandela que les militants de la cause du vélo en Afrique du Sud ont décidé de lancer trois circuits de randonnées cyclables liés à la vie du leader de la lutte anti-apartheid : un tour de Robben Island, l’île située au large du Cap, où Nelson Mandela fut emprisonné ; un tour de Pearl, où se trouve la prison Victor Vester, d’où il fut libéré en 1989 après vingt-sept ans de détention ; enfin, un tour de Qunu, son village natal.
Dans ces conditions, on comprend l’émotion qui a saisi la délégation réunionnaise lorsque, à sa grande surprise, la Ville du Port a reçu l’award d’or de Vélo Mondial pour son travail en faveur de l’usage du vélo. (voir encadré) Cette distinction est un encouragement à tous les Portois et Réunionnais en général à développer leurs actions pour le vélo. Ce faisant, ils seront en phase avec tous les citoyens du monde qui se battent pour une organisation sociale et une culture préparant un avenir meilleur pour les générations futures, grâce à un développement durable et solidaire.
L. B.
La délégation réunionnaise : première du monde
Un signe encourageant de la prise de conscience et de la mobilisation des Réunionnais pour le développement de moyens de déplacements alternatifs au tout automobile : proportionnellement à sa population, La Réunion était le pays au monde le plus représenté au congrès Vélo Mondial de Cape Town, avec 13 délégués pour 750.000 habitants. La délégation sud-africaine comptait 136 personnes pour 40 millions d’habitants.
Outre sa participation aux différentes assemblées et autres manifestations du congrès, la délégation réunionnaise s’est également réunie à plusieurs reprises pour débattre des voies et moyens de continuer le travail entrepris au pays pour faire de La Réunion une île cyclable, à la lumière des enseignements tirés de la rencontre du Cap. Elle comprenait à la fois des élues, des techniciens et des représentants d’associations d’usagers du vélo.
Voici sa composition :
- Daniel-Omer Hoarau, président de l’association Vélo Vie.
- Johny Mézino, “M. Vélo” de la D.D.E., membre de Vélo Vie.
- Sylvestre Legras, président du Comité réunionnais de cyclotourisme, affilié à la Fédération française de cyclotourisme (FFCT), membre de Vélo Vie.
- Pascal Poïnapin, membre de Vélo Vie.
- Claudine Germain, conseillère municipale, adjointe au maire, “Mme Vélo” de la municipalité de Saint-Denis.
- Éric Médoc, technicien, “M. Vélo” de la Ville de Saint-Denis.
- Christine Zaglevski, conseillère municipale, “Mme Vélo” de la municipalité de Sainte-Marie, déléguée de la CINOR (Communauté intercommunale du Nord de La Réunion).
- Simone Biedinger, conseillère municipale, “Mme Vélo” de la municipalité du Port.
- Alain Payet, directeur général adjoint des services, “M. Vélo” de la Ville du Port, responsable de l’OMS du Port.
- Danielle Payet, membre de l’association Trans’Port Vélo Ville (TVV).
- Lucien Biedinger, journaliste à “Témoignages”, membre de TVV et de Vélo Vie.
- Alain Tarnus, ancien “M. Vélo” des services du Conseil général, ancien coureur et champion cycliste et responsable de la sécurité au Club des gonflés de la petite reine (CGPR).
- Gisèle Tarnus, membre du CGPR.
Une 14ème personne s’est jointe à la délégation réunionnaise ; il s’agit de Jean-Pierre Guillot, vice-président de la Fédération française de cyclotourisme, qui venait d’effectuer un séjour à La Réunion, où il a rencontré des élus, des techniciens et des responsables d’associations ; au cours du congrès, il a poursuivi ses échanges avec ses amis réunionnais pour voir comment la FFCT peut contribuer à faire avancer la cause du vélo dans notre île.
Le Port, “Award d’or” de Vélo Mondial
Mercredi matin, une des séances plénières du congrès Vélo Mondial était consacrée à l’étude des villes qui ont particulièrement réussi à faire en sorte qu’une partie relativement importante de la population se déplace à vélo pour ses besoins quotidiens : aller au travail, à l’école, faire ses courses, rencontrer ses amis, aller se promener... Soudain, au cours de cette séance, Pascal van den Noort, un des 2 directeurs de la fondation Vélo Mondial, annonçait l’attribution de prix (“awards” en anglais) à un certain nombre de villes pour leur politique en faveur de l’usage du vélo.
Et d’annoncer la médaille de bronze attribuée à Tshwane (ex Pretoria), le “award” d’argent pour Stellenbosh (Afrique du Sud), Dublin (Irlande) et Trondheim (Norvège) ; l’or pour Le Cap, Lyon et... Le Port. Le “award” de platine était attribué aux villes d’Amsterdam (Pays-Bas), Dumfries (Écosse) et Tilburg (Pays-Bas).
Toute la délégation réunionnaise était bien sûr très touchée par cette reconnaissance au niveau mondial des efforts de la cité maritime en matière de déplacements à vélo. Elle en a remercié chaleureusement les dirigeants de Vélo Mondial.
Pour Simone Biedinger, la conseillère municipale du Port en charge du vélo, "c’est un grand honneur pour notre ville de recevoir un tel prix. C’est une façon de reconnaître le travail accompli par les différentes municipalités qui se sont succédé depuis 1971 avec l’arrivée de Paul Vergès et qui ont œuvré pour améliorer le bien-être de la population du Port, en particulier au niveau des déplacements urbains et de l’environnement. Pour nous, ce prix est aussi et surtout un encouragement à continuer et à accélérer notre politique pour faire du Port réellement une ville cyclable pour le plus grand bien de la population. De nouveaux projets seront réalisés en 2006 et au cours des années suivantes pour mettre en œuvre le schéma directeur vélo voté par le Conseil municipal en 2003 sous l’impulsion de notre maire, Jean-Yves Langenier. Nous invitons le maximum de Portois à s’impliquer dans ce grand projet avec leurs associations et à continuer à être de plus en plus nombreux à utiliser leur vélo pour se déplacer".
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
In kozman pou la rout
36 % de personnes âgées à La Réunion en 2050
Contraste avec La Réunion base de l’OTAN en l’Afrique australe
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture