La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Vie associative et Développement durable
11 avril 2007

Samedi matin, plusieurs défis du Développement durable ont été mis en lumière lors des visites organisées au Port par l’association Trans’Port Vélo Ville sur des sites remarquables liés à ces problèmes.
Samedi dernier, l’association Trans’Port Vélo Ville a organisé en partenariat avec l’association Port Environnement et les services de la Ville des visites spéciales dans le cadre de la Semaine du développement durable. Plus d’une vingtaine de personnes ont participé à ces visites, qui se sont déroulées à vélo sur des sites urbains consacrés à l’amélioration de notre cadre de vie.
Elles se sont d’abord rendues sur la ZAC 2000 à la SAPRIM, une entreprise qui a décidé d’équiper le toit de ses vastes entrepôts de capteurs photovoltaïques produisant de l’électricité à partir de l’énergie solaire. Il s’agit de la plus grande ferme photovoltaïque de France et d’Outre-mer, qui produit déjà 1 mégawatt d’électricité, soit l’équivalent de la consommation électrique de 500 foyers, sans émettre de gaz carbonique. Une extension de cet équipement est prévue et il pourra produire 1,6 mégawatt d’électricité.
Des responsables de ces réalisations, dont Alain Orriols, représentant de la société SCE (Société de conversion d’énergie), ont informé les visiteurs que d’autres entreprises réunionnaises se sont lancées dans ce genre d’équipement, comme la SITAR à Saint-Pierre et Malaisé au Port. Pour l’instant, ce sont des investissements relativement coûteux en raison de la pénurie de silicium : les cellules de cet extrait de sable reçoivent les photons du soleil, qu’elles transforment en électrons.
D’ici quelques années, ce coût devrait baisser et faciliter l’équipement de tous les logements de panneaux photovoltaïques ; il suffit de 30 mètres carrés pour produire 30 kilowatts par logement. Et il faudrait produire 600 mégawatts d’électricité pour répondre aux besoins en électricité de 1 million d’habitants.
Un verger dans un désert
Ensuite, les visiteurs se sont rendus au verger communal du Port. Cet équipement a été réalisé à côté du Centre pénitentiaire au début des années 1980 par l’Office National des Forêts (ONF) en partenariat avec la commune portoise. Il a permis de transformer un espace désertique, fait de savane et de galets, en un magnifique verger, qui produit diverses espèces de mangues avec 250 manguiers.
Actuellement, ce verger est géré par l’AGIDESU, qui emploie 5 personnes. Vincent Gellert, qui dirige ces travaux, a présenté aux visiteurs les nouveaux locaux construits dans le verger pour organiser des formations à l’agriculture biologique.
Troisième site visité : la déchetterie du Territoire de la Côte Ouest, Boulevard de la Marine. Les cyclistes ont été accueillis par Dieudonné Robert et Gélito Vaïtilingom, qui leur ont présenté les différents espaces où sont stockés les déchets triés par le public : batteries, verres, emballages métalliques, cartons, déchets verts, métaux, encombrants et gravats. La déchetterie reçoit les livraisons de déchets du lundi au samedi de 8h30 à 17h30 et le dimanche de 8h à 12h30.
Ce qui ressort de cette visite, c’est que le tri des déchets par les particuliers et les entreprises est indispensable pour un traitement efficace et une valorisation des déchets. Elle a montré également que les pouvoirs publics doivent investir au maximum dans ces équipements plutôt que dans des incinérateurs.
Pas assez de stations de compostage
La même démonstration a été faite à la station de compostage des déchets verts, gérée par la société privée How-Choong Entreprises (HCE). Son représentant, M. Meneteau, a présenté les différentes phases du processus : le tri de ces déchets car on y trouve 12% de déchets non verts, dont des sachets plastiques ; le broyage, qui réduit le volume de 3 fois ; la fermentation durant 3 mois, grâce aux bactéries, à l’arrosage et à l’aération ; la maturation durant 3 mois également grâce aux champignons ; le criblage pour transformer définitivement ces déchets en compost qui peut ensuite fertiliser les terres agricoles, les espaces verts et les jardins des particuliers. Ceux-ci peuvent acheter du compost à 20 euros la tonne.
Ce genre d’équipement est très insuffisant dans l’île. Depuis 15 ans, une vingtaine de stations de compostage devaient être réalisées ; or, il n’y en a toujours que deux : au Port et à Saint-Pierre. Il faut savoir que 100 mètres cubes de déchets verts peuvent produire 7 mètres cubes de compost, et une tonne de déchets verts peut donner 300 kg de compost.
Là aussi, c’est une filière à développer, de même que le tri des déchets verts et le compostage par les particuliers.
Conclusion de cette visite : beaucoup de choses très positives se font déjà pour le développement durable, mais cela reste encore très insuffisant, et des investissements considérables sont à mettre en œuvre dans tous les domaines concernés pour répondre aux grands défis de La Réunion. Pour cela, il faut une volonté politique suffisante et une implication citoyenne de masse dans ce sens.
L. B.
Une politique vélo globale et cohérente
Dans les “Propositions pour la nouvelle étape du Développement de La Réunion” adressées par l’Alliance aux candidats à la Présidentielle, on peut lire notamment ceci : « L’accroissement de la population, les besoins en logements et en emplois qui en découlent, exigent que soit réglée la question des déplacements. Or, la croissance continue du parc automobile (330.000 véhicules actuellement et 30.000 immatriculations supplémentaires par an) exige des investissements importants et une réelle alternative au “tout automobile” pour éviter le “coma circulatoire” de notre réseau de communication encore insuffisant et inadapté ».
Parmi les infrastructures qui devront être mises en place dans le cadre d’une politique multimodale et intermodale des déplacements, figure le projet de tram-train de Saint-Joseph à Saint-Benoît, dont le financement de la première tranche (Saint-Paul - Sainte-Marie) est assuré par le protocole d’accord de Matignon signé le 19 janvier dernier par le Premier ministre et le Président de la Région Réunion. Dans les différentes collectivités réunionnaises, d’autres projets sont en cours d’étude ou de réalisation favorisant une telle politique, notamment pour le vélo. On peut citer en particulier le projet de piste cyclable en site propre tout autour de l’île, lancé par la Région.
Mais il est indispensable qu’une politique globale et cohérente soit réalisée par tous les partenaires concernés le plus vite possible, si l’on veut faire de La Réunion une île cyclable, avec tout ce que cela entraîne comme avantages pour les Réunionnais en termes d’économie, de santé, de qualité environnementale, de tourisme etc...
À ce propos, dans le chapitre “Environnement” du document de l’Alliance cité plus haut, on peut lire ceci au sujet des infrastructures à réaliser : « Aucune mesure de sécurisation de la population et des axes de déplacements ne peut trouver sa solution à l’échelle exclusive d’une commune, d’une Communauté d’agglomérations, du Département ou de la Région. La solution à ces problèmes implique de l’ensemble des collectivités qu’elles mutualisent leurs efforts au sein d’un syndicat mixte pour l’aménagement équilibré du territoire, ce syndicat mixte devant bénéficier du soutien de l’État ».
D’où la nécessité de mettre en place et de réaliser une stratégie nationale pour le vélo.
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