Crise de l’eau à La Réunion : les coupures nocturnes soulignent le risque de pénurie
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Malgré les milliards de la France et de l’UE
23 mai, par

Alors que Madagascar a lancé en 2025 une ligne de bus électriques connectée au téléphérique d’Antananarivo et que Maurice exploite déjà 90 des 100 autobus électriques de sa compagnie nationale, La Réunion reste à la traîne avec un seul bus électrique en service sur le réseau Citalis. Pourtant largement soutenue par les financements de l’État et de l’Union européenne, l’île continue d’investir dans des bus utilisant des carburants importés, coûteux et polluants, s’enfonçant dans le sous-développement.
Pendant que les pays voisins multiplient les initiatives pour moderniser leurs transports publics et réduire leur dépendance aux énergies fossiles, La Réunion continue d’accumuler les retards. Le contraste est d’autant plus frappant que notre île bénéficie chaque année de moyens financiers considérables provenant de l’État français et de l’Union européenne.
En 2025, Madagascar a franchi une nouvelle étape avec la mise en service d’une ligne de bus électriques reliant l’aéroport international d’Ivato à la gare tête de ligne Orange du téléphérique d’Antananarivo. Un choix logique : des véhicules chinois moins coûteux à l’achat que leurs équivalents européens, peu gourmands en énergie et adaptés aux besoins d’une mobilité moderne.
Aujourd’hui, c’est Maurice qui accélère. Le ministre du Transport, Osman Mahomed, a annoncé que 90 des 100 autobus électriques acquis par la Corporation Nationale de Transport (CNT) circulent déjà sur les routes mauriciennes. Leur déploiement progressif démontre qu’une transition vers des transports collectifs propres est possible dans notre région, y compris pour des territoires insulaires confrontés aux mêmes contraintes d’importation énergétique.
Face à ces avancées, le bilan réunionnais apparaît particulièrement préoccupant. Sur le réseau Citalis de la CINOR, un seul bus électrique assure actuellement un service régulier. Un véhicule acheté à un prix nettement supérieur à celui des autobus déployés à Madagascar ou à Maurice, en raison notamment de sa fabrication européenne. Résultat : beaucoup d’argent public dépensé pour un impact très limité.
Plus inquiétant encore, la dernière commande importante réalisée à La Réunion a concerné près d’une centaine d’autobus fonctionnant avec des carburants importés. Ces véhicules resteront dépendants de ressources coûteuses et polluantes. Dans quelques années, ils devront être remplacés pour satisfaire aux normes européennes et à une culture du gaspillage. Des solutions électriques éprouvées existent déjà à proximité immédiate de notre pays, mais La Réunion préfère regarder ailleurs vers les lointains pays d’outre-mer en Europe, car le complexe de supériorité a la vie dure : « Madagascar et Maurice sont des pays pauvres, la France est riche et les Réunionnais sont des Français ».
Comment expliquer qu’une île bénéficiant de milliards d’euros de transferts publics et de financements européens fasse moins bien que les autres îles africaines de l’océan Indien ? Pourquoi les choix effectués privilégient-ils encore des technologies dépendantes des importations d’hydrocarbures alors que l’urgence climatique et la hausse du coût de l’énergie imposent une autre voie ?
Alors que Madagascar et Maurice démontrent qu’une transition rapide vers des transports collectifs propres est possible, La Réunion risque de rester le symbole d’une occasion manquée. Les moyens financiers existent. Ce qui manque encore, c’est une véritable volonté politique de les mettre au service d’un développement durable répondant aux besoins de la population réunionnaise.
M.M.
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