APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
La Réunion maintenue à l’écart de la dynamique du développement par le système néocolonial
24 avril, par

Alors que l’Afrique accélère son développement grâce à la coopération chinoise dans les infrastructures, La Réunion reste exclue de cette dynamique, enfermée dans le modèle du tout-automobile. La destruction du train, la dépendance aux importations et le gaspillage routier freinent son développement. L’expertise chinoise pourrait aider à reconstruire un rail moderne, écologique et vecteur d’autonomie économique.
Réunis à Addis-Abeba en marge du premier Sommet des entrepreneurs Chine-Afrique, responsables et experts ont plaidé pour un approfondissement de la coopération sino-africaine dans le développement des infrastructures, un levier essentiel pour répondre au déficit croissant du continent. Mais cette dynamique pose aussi, en creux, la question de territoires africains restés à l’écart de cette transformation, comme La Réunion.
Alors que de nombreux pays africains développent routes, chemins de fer et réseaux énergétiques avec l’appui chinois, La Réunion demeure exclue de cette dynamique du fait de son intégration à la France et à l’Union européenne. Cette intégration s’est traduite par des choix structurels contestés, à commencer par la destruction du chemin de fer réunionnais, sacrifié pour laisser place au modèle du tout-automobile.
Ce basculement n’est pas seulement technique, il est aussi économique et social. Il a été soutenu par l’extension du supplément colonial par Paris pour acheter la paix sociale, favorisant l’émergence d’une classe dominante capable de consommer des automobiles françaises importées, vendues à prix élevés et dépendantes d’un carburant importé au coût abusif. Dans cette logique coloniale, la voiture individuelle devient aussi un marqueur de statut social : le colonisé qui s’ignore est poussé à imiter le privilégié, quitte à s’endetter auprès des banques françaises pour accéder à cette consommation importée.
Cette domination du tout-automobile alimente le sous-développement de l’île. Elle renforce la dépendance aux importations, pèse sur le pouvoir d’achat et détourne des ressources publiques vers des infrastructures peu pertinentes, comme la coûteuse route en mer, symbole d’un gaspillage massif d’argent public.
À rebours de ce modèle, l’expérience chinoise dans les infrastructures ferroviaires ouvre une perspective stratégique pour La Réunion. L’île aurait besoin d’une coopération fondée sur cette expertise pour reconstruire rapidement un réseau ferroviaire moderne : un transport accessible, écologique et structurant, capable de réduire les embouteillages, de limiter la dépendance énergétique et de soutenir un développement plus autonome.
Alors que la coopération Chine-Afrique s’affirme comme un moteur de transformation sur le continent, la question se pose : pourquoi La Réunion resterait-elle en marge d’une dynamique dont elle pourrait tirer des bénéfices majeurs ?
M.M.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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