Conférence régionale sur la Politique de la ville

Faire un véritable levier pour les villes réunionnaises

29 avril 2004

Tous les acteurs de la Politique de la ville se rassemblent tous les ans lors d’une conférence régionale, principal lieu de partage d’informations et d’expériences pour l’amélioration des conditions de vies urbaines. Le Conseil général accueillait cette conférence en ses murs mardi dernier, pour une évaluation du dispositif arrivé à mi-parcours.

Lors de la conférence régionale de la Politique de la ville avant-hier, la présidente du Département, Nassimah Dindar, a présenté le nouveau vice-président délégué à la politique de la ville au Conseil général, Bruno Mamindy Pajany, maire et conseiller de Sainte-Rose. Elle résumait l’importance du dispositif Politique de la ville à La Réunion : "À mi-parcours, plus de 10% des quartiers (45 sur 400) sont en géographie prioritaire, 400 actions ont été mises en place pour 4 millions d’euros".
Ces investissements marquent avant tout "une volonté de rattrapage dans divers domaines et différentes thématiques tels que services publics, habitat, éducation, culture, animation, sécurité, accompagnement social et insertion économique". Elle a rappelé la nécessité de placer le citoyen au cœur des réflexions et appelait les élus à "ne pas réduire la politique de la ville à une logique de guichet, mais à la considérer comme un levier permettant de mobiliser des politiques de droit commun pour mettre en place des actions et des projets, permettant à nos concitoyens de se prendre en main et de construire leur avenir".

Améliorer la participation citoyenne

Le cabinet CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a fourni aux membres de la conférence régionale une synthèse générale de l’évaluation intermédiaire (2003) des contrats de ville du XIIème Plan à La Réunion. Ces évaluations ont été engagées sur les sites en contrat de ville (Saint-Denis/Sainte-Marie, Saint-Pierre, Saint-Louis, Saint-Joseph, Saint-André/Saint-Benoît, Le Port/La Possession...). Ces rapports ont permis d’établir plusieurs constats sur les thématiques d’action.
Dans le domaine de l’aménagement, de l’habitat, du cadre de vie et de l’environnement, "une redéfinition du pilotage du dispositif" est envisagée afin de "recadrer le rôle des chefs de projet vis-à-vis des aménageurs". Au sujet du développement économique, de l’insertion et de l’emploi, il a été constaté que "les contrats de ville ne présentent pas un volet économique fort". Seule "une meilleure connaissance des besoins et du potentiel local" peut offrir aux villes "une vision économique de leur territoire"
Concernant l’éducation, la culture et l’animation, les points importants des évaluations relèvent que "les questions scolaires sont globalement peu développées", que "les actions sont empilées sans participer d’un projet éducatif global" et "ne reposent pas suffisamment sur la concertation". Le document note que "la notion de culture appelle un débat pour définir une approche partenariale commune et répondre à des questions sur le fonctionnement d’équipements culturels, favorisant une appropriation par les habitants et sur l’utilisation des ressources du territoire, pour mener des actions avec les artistes dans les quartiers". Les contrats de ville ont également peu investi le dernier secteur : la prévention et la sécurité. La réflexion doit se poursuivre pour une politique coordonnée inter-partenariale de prévention de la délinquance.
L’étude menée par le CREDOC s’est aussi intéressée à la conduite des contrats de ville : portage politique (implication des institutions politiques) et pilotage, dynamique partenariale, optimisation des dispositifs partenariaux et les outils de suivi, la géographie prioritaire et la concertation, l’amélioration de la participation des habitants.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus